Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

(1)

«Car tout riche ou pauvre, en vérité, revient à toi :
Même s’il atteignait les cieux, il resterait pauvre.
Vers toi afflue toute gloire, de tous côtés elle s’avance :
Et, où qu’elle se dirige, elle ne peut dépasser ton rang.»

(2)

«Quant à Badru Iyâd, ils ne te le contestent pas :
De même, la tribu Iyâd est, pour les gens, semblable à des astres lunaires.
Tu as refusé qu’on t’appelle “émir” par humilité :
Alors que, parmi ceux qu’on nomme émirs, tu es leur émir.»

(3)

«Il n’est aucune largesse dont la destination ne soit vers toi,
Et nulle élévation qui ne te désigne.»

(4)

J’ai dit : «Le poète s’est gravement trompé en cela et a beaucoup forcé dans l’exagération.»

(5)

Un jour, Aḥmad ibn Abî Du’âd demanda à l’un de ses interlocuteurs : «Pourquoi ne me demandes-tu rien ?» Celui-ci répondit : «Parce que, si je te demandais, je paierais moi-même la valeur de ce que tu me donnerais.» Ibn Abî Du’âd lui rétorqua : «Tu dis vrai.» Puis il lui fit parvenir cinq mille dirhams.

(6)

Ibn al-Aʿrâbî rapporte : Un homme, l’un des [compagnons] d’Ibn Abî Du’âd, lui demanda de le pourvoir d’un âne de bât (ʿayr). Ibn Abî Du’âd dit alors : «Ô garçon, donne-lui un âne, une mule, un mulet, un cheval et une servante. Si je connaissais une autre monture encore, je te l’accorderais.»

(7)

Ensuite, al-Khaṭīb cita, avec ses chaînes de transmission, des récits provenant de plusieurs personnes, qui témoignent de la générosité d’Ibn Abî Du’âd, de son éloquence, de son raffinement, de sa patience, de son empressement à satisfaire les besoins et de l’éminence de son rang auprès des califes.

(8)

On rapporte, au sujet de Muḥammad al-Muhtadī ibn al-Wāthiq, qu’un jour, un vieil homme entra auprès d’al-Wāthiq et le salua, sans que le calife ne lui rende son salut. Au contraire, celui-ci lui dit : «Qu’Allah ne te salue pas !» Le vieil homme répliqua : «Ô Commandeur des croyants, ton maître t’a bien mal instruit ! Car Dieu, Exalté soit-Il, a dit : “Lorsque vous êtes salués d’une salutation, saluez d’une façon plus belle encore ou rendez-la” (Coran 4:86). Or tu ne m’as pas salué d’une façon plus belle, ni ne m’as rendu mon salut.» Puis il ajouta : «…»

(1) Al-Dīwān : Tout homme fort ou riche, alors... (2) Al-Dīwān : « quand tu deviens », et al-Tabrīzī dans son commentaire dit : son estimation est : « il devient quand tu deviens, alors ne te poursuis pas ». (3) Ce vers est tombé de la copie A et a été rattrapé dans les copies B, Ẓā, et il est un peu retardé dans al-Dīwān par rapport à ses variantes. Son ordre ici est tel qu'il apparaît dans Tārīkh Baghdād. (4) Dans A et Tārīkh Baghdād : « elle indique », et ce qui est rapporté dans B, Ẓā et al-Dīwān est le plus sûr. (5) Après lui, dans Ṭ : « et peut-être, si l'on croit ceci à propos d'un créé faible, misérable, égaré et égarant, qu'il aura l'Enfer et un mauvais sort. » (6) Dans Ṭ : « le prix de ta connexion ». (7) Tārīkh Baghdād (4/145), et Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ʿAsākir (3/71). (8) Complément de B, Ẓā. (9) « al-ʿīr » : l’âne. (10) « al-birḏūn » : une espèce de bête de somme différente du cheval arabe, de grande taille, à membres épais. Le pluriel est barādhīn. (11) Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ʿAsākir (3/73). (12) Tārīkh Baghdād (4/146). (13) Dans B, Ẓā : « ʿaẓama » (grandeur), dans Ṭ : « ʿaẓīm » (grand). (14) Tārīkh Baghdād (4/151-152), et Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ʿAsākir (3/77).
فَكُلُّ غَنِيٍّ أو فَقِيرٍ فإنَّهُ (١) … إليكَ وإنْ نالَ السَّماءَ فَقِيرُ إليكَ تَنَاهَى المَجْدُ مِنْ كُلِّ وِجْهَةٍ … يَصيرُ فما يَعْدُوكَ حَيْثُ يَصِيرُ (٢) وبَدْرُ إيادٍ أنْتَ لا يُنْكِرُونَهُ … كذاكَ إيادٌ للأنامِ بُدورُ تَجَّنَبْتَ أنْ تُدْعَى الأمِيرَ تَوَاضُعًا … وأنْتَ لِمَنْ يُدْعَى الأميرَ أمِيرُ (٣) فَمَا مِنْ نَدًى إلا إليْكَ مَحَلُّهُ … وما رِفْعَةٌ إلا إليكَ تَشيرُ (٤) قلت: وقد أخطأ الشاعر في هذا خطأ كبيرًا، وأفحَشَ في المبالغة كثيرًا (٥) . وقال أحمد بن أبي دُوَاد يومًا لبعضهم: لِم لا تسألني؟ فقال له: لأني لو سألتك أعطيتُك ثمن (٦) ما تعطيني، فقال له: صدقْتَ، وأرسَلَ إليه بخمسة آلاف درهم (٧) . وقال ابنُ الأعرابي: سأل رجلٌ من [أصحاب] (٨) ابن أبي دُوَاد أن يحمله على عَيْر (٩) ، فقال: يا غلام، أعطه عيْرًا وبَغْلًا وبِرْذَونًا (١٠) وفرسًا وجاريةً، ثم قال له: لو أعلم مركوبًا غيرَ هذا لأعطيتك (١١) . ثم أورد الخطيبُ (١٢) بأسانيده عن جماعة من الناس في أخبارٍ تدُلُّ على كرمه، وفصاحته، وأدبه، وحلمه، ومبادرته إلى قضاء الحاجات، وعظم (١٣) منزلته عند الخلفاء. وذكر (١٤) عن محمد المهتدي بن الواثق: أنَّ شيخًا دخل يومًا على الواثق، فسلَّم، فلم يردَّ عليه الخليفة، بل قال: لا سلَّمَ اللَّهُ عليك. فقال: يا أميرَ المؤمنين! بئس ما أدَّبك معلِّمُك، قال اللَّه تعالى: ﴿وَإِذَا حُيِّيتُمْ بِتَحِيَّةٍ فَحَيُّوا بِأَحْسَنَ مِنْهَا أَوْ رُدُّوهَا﴾ [النساء: ٨٦] فلا حيَّيتني بأحسَنَ منها ولا رددتَّها. فقال
(١) الديوان: فكلُّ قويٍّ أو غنيٍّ فإنَّه. (٢) الديوان: حين تصير، وقال التبريزي في شرحه: تقديره: يصير حين تصير فما يعدوك. (٣) سقط هذا البيت من نسخة أ واستدرك من ب، ظا، وقد تأخر في الديوان عمايليه. وترتيبه هنا كما ورد في تاريخ بغداد. (٤) في أ وتاريخ بغداد: تشير، وأثبت ما جاء في ب، ظا والديوان. (٥) بعده في ط: ولعله إن اعتقد هذا في مخلوق ضعيف مسكين ضال مضل، أن يكون له جهنم وساءت مصيرًا. (٦) في ط: ثمن صلتك. (٧) تاريخ بغداد (٤/ ١٤٥)، ومختصر تاريخ ابن عساكر (٣/ ٧١). (٨) تكملة من ب، ظا. (٩) "العَيْرِ": الحمار. (١٠) "البِرْذون": ضرب من الدواب يخالف الخيل العراب، عظيم الخلقة، غليظ الأعضاء، وجمعها بَرَاذين. (١١) مختصر تاريخ ابن عساكر (٣/ ٧٣). (١٢) تاريخ بغداد (٤/ ١٤٦). (١٣) في ب، ظا: عظمة، وفي ط: عظيم. (١٤) تاريخ بغداد (٤/ ١٥١ - ١٥٢)، ومختصر تاريخ ابن عساكر (٣/ ٧٧).

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