Puis, Al-Khatib (1) rapporta qu’un jour Abou Tammâm se rendit chez Ibn Abî Duwâd. Celui-ci lui dit : « Je te crois fâché, Abou Tammâm (2). » Abou Tammâm répondit : « On ne peut faire de reproches qu’à une seule personne, alors que toi, tu représentes tous les hommes à toi seul. » Ibn Abî Duwâd lui demanda : « D’où te vient cette formule ? » Il répondit : « Elle vient (3) des vers d’Abou Nuwâs :
“Il n’est pas surprenant pour Dieu (4)
De rassembler le monde entier en un seul être.”
Un jour, Abou Tammâm loua également Ibn Abî Duwâd en disant (5) :
“Les vertus d’Ahmad ibn Abî Duwâd
Ont fait oublier tous les vices de chaque époque.
Partout où j’ai voyagé à travers les horizons,
Ta générosité fut ma monture et mon viatique.
Devant toi, la confiance et l’espérance ne faiblissent pas,
Même si ma monture erre à travers le pays.”
Ibn Abî Duwâd lui demanda : « As-tu été le seul à concevoir cette idée ou l’as-tu prise d’autrui ? » Abou Tammâm répondit : « Cette pensée est de moi, bien que j’aie fait écho (6) à un vers d’Abou Nuwâs (7) :
“Si un jour mes paroles de louange évoquent
Quelqu’un d’autre que toi, sache que c’est toi que je désigne.”
Muhammad ibn Yahyâ al-Ṣûlî déclara : « Parmi les éloges choisis qu’Abou Tammâm adressa à Ahmad ibn Abî Duwâd, on trouve (8) :
“Ô Ahmad, certes les envieux ne manquent pas,
Mais parmi les nobles, tu n’as pas d’égal.
Tu as atteint un rang éminent (9), ancien (10) dans la gloire,
Et l’antique fierté (11) est fière de toi.””