Il se rendit donc en Irak, se consacra à l’étude et fréquenta Hayyâj ibn al-‘Alâ as-Sulamî, l’un des compagnons de Wâsil ibn ‘Atâ, auprès duquel il adopta la doctrine mu‘tazilite. Il est rapporté (1) qu’il resta également en compagnie du juge Yahyâ ibn Aktham, dont il reçut le savoir. On lui consacra ensuite une longue notice biographique dans le Kitâb al-Wafayât (2). Un poète le loua en ces termes (3) : « Le Messager de Dieu et les califes sont des nôtres… et Ahmad ibn Abî Du’âd est aussi des nôtres. »
À cela, un autre poète répliqua (5) :
« Dis à ceux qui s’enorgueillissent au milieu de Nizâr,
alors qu’ils sont sur terre les maîtres des serviteurs :
Le Messager de Dieu et les califes sont des nôtres,
mais nous nous dissocions de l’imposteur issu des Banû Iyâd.
Iyâd ne fait plus partie de nous, depuis qu’elle a reconnu
la prétention d’Ahmad ibn Abî Du’âd. »
Lorsque la nouvelle parvint à Ahmad ibn Abî Du’âd, il déclara : « Si je ne haïssais pas l’idée de la punition, je l’aurais sanctionné d’un châtiment qu’aucun autre n’a jamais infligé. » Puis il lui remit sa faute.
Al-Khatîb (6) a dit : « Al-Azharî m’a rapporté, ‘Umar ibn Ahmad al-Wâ‘iẓ nous a transmis, ‘Umar ibn al-Ḥasan ibn ‘Alî ibn Mâlik nous a transmis, et Jarîr ibn Ahmad Abû Mâlik m’a relaté : “Mon père – c’est-à-dire Ahmad ibn Abî Du’âd – lorsqu’il priait, élevait ses mains (7) vers le ciel, s’adressait à son Seigneur et récitait alors (8) :
‘Tu n’es pas une cause faible, car la réussite des choses
dépend de la vigueur des moyens.
Et aujourd’hui nous avons besoin de Toi, car l’on ne fait appel
au médecin qu’au moment de la maladie.’ (9)” »