Les incitations du désir nous paraissent légères, tandis que résister à ce désir nous est pesant.
La sincérité (1) a disparu en bien des endroits, au point que, de nos jours, il n’existe plus aucune preuve servant à la décrire. Nous ne voyons personne dont la crainte (2) nous contraindrait à redouter quoi que ce soit, ni personne faisant preuve de véracité dans ses propos. Nous voilà donc vacillants et perplexes, recherchant la sincérité sans parvenir à l’atteindre (3).
Il a également dit : « Allège-toi, car toute affaire finit par s’achever… Délaisse le frein (4) de l’inquiétude, et elle se dissipera. Tout souci finit tôt ou tard par trouver une issue, et toute détresse, lorsqu’elle s’exacerbe, s’ouvre finalement à l’espoir. Car l’épreuve, même si elle dure dans le temps, la mort y mettra un terme ou bien elle finira par cesser. »
Le grand historien et traditionniste Ibn ‘Asakir (5) a longuement traité de sa biographie, sans toutefois indiquer la date précise de son décès. Je le mentionne ici à titre d’approximation, et Dieu est plus savant.
[En l’an quarante et deux cents de l’hégire prophétique]
Cette année-là, les habitants de Homs se rebellèrent contre leur gouverneur, Abou al-Mughith (6) Mouwsa ibn Ibrâhîm ar-Râfiqî (7), car il avait tué un notable de la ville : ils tuèrent plusieurs de ses compagnons et l’expulsèrent de chez eux. Al-Mutawakkil leur envoya alors un émir pour les soumettre. Il dit à son émissaire : « S’ils l’acceptent (8), sinon fais-le-moi savoir. » Ils l’acceptèrent, et il accomplit parmi eux des prouesses et les traita avec la plus grande sévérité.
La même année, al-Mutawakkil démit le juge Yahyâ ibn Aktham de ses fonctions de grand cadi (9). Il le taxa d’une amende s’élevant à quatre-vingt mille dinars, et lui confisqua de nombreux terrains à Bassora. Il nomma ensuite Ja‘far ibn ‘Abdel-Wâhid ibn Ja‘far ibn Sulaymân ibn ‘Alî à la fonction de grand cadi (10).