Abd al-Aʿlā ibn Ḥammād (1),
ʿUbayd Allāh ibn Maʿādh al-ʿAnbarī (2),
et Abū Kāmil, al-Fuḍayl ibn al-Ḥusayn al-Jahdarī (3).
[Puis arriva l’année deux cent trente-huit (238) de l’Hégire.]
Au mois de Rabīʿ al-Awwal de cette année, Bughā assiégea la ville de Tiflis (4), ayant à sa tête Zīrak le Turc. Le maître de Tiflis, Isḥāq ibn Ismāʿīl, sortit à sa rencontre pour combattre, mais il fut fait prisonnier. Alors Bughā ordonna de le décapiter et de l’exposer en croix. Il ordonna ensuite de jeter du feu dans le naphte aux abords de la ville. Comme la plupart de ses constructions étaient en bois de pin, il en brûla la plus grande partie et fit périr environ cinquante mille de ses habitants. Le feu s’éteignit après deux jours, car les flammes du pin ne durent pas longtemps. Les soldats pénétrèrent alors dans la cité, firent captifs ceux qui y restaient en vie et les dépouillèrent, allant même jusqu’à dépouiller les morts (5).
Ensuite, Bughā se rendit dans d’autres villes dont les habitants s’étaient alliés à ceux qui avaient tué le gouverneur d’Arménie, Yūsuf ibn Muḥammad ibn Yūsuf, afin de venger son sang et de punir quiconque avait osé s’attaquer à lui.
La même année, les Francs (Franj) arrivèrent à bord d’environ trois cents navires dans l’intention d’envahir les terres d’Égypte, du côté de Damiette. Ils pénétrèrent par surprise dans la ville et massacrèrent un grand nombre d’habitants. Ils incendièrent la mosquée principale et le minbar, et emmenèrent environ six cents femmes en captivité : parmi elles, cent vingt-cinq étaient musulmanes, le reste étant des femmes coptes. Ils s’emparèrent aussi de nombreuses marchandises, armes et butins, tandis que les gens fuyaient de tous côtés. Le nombre de ceux qui se noyèrent dans le lac de Tinnīs fut supérieur à celui des captifs qu’ils avaient emportés. Puis ils se replièrent fièrement (6), sans que personne ne leur fasse obstacle, jusqu’à rentrer chez eux. Qu’Allah les maudisse et les enlaide !
La même année, ʿAlī ibn Yaḥyā l’Armanī entreprit la campagne d’été.