Au cours de cette même année, al-Hasan ibn Sahl, le vizir et père de Bûrân, l’épouse d’al-Ma’mûn dont il a déjà été question, décéda. Il figurait parmi les plus éminents notables (1).
On rapporte qu’Ishâq ibn Ibrâhîm mourut également cette année-là, Dieu seul le sait.
Cette année-là mourut subitement Abû Sa‘îd Muhammad ibn Yûsuf al-Marwazî. Son fils, Yûsuf, lui succéda alors à la vice-gouvernance de l’Arménie.
Au cours de la même année, Ibrâhîm ibn al-Mundhir al-Hizâmî (2) rendit l’âme, de même que Mus‘ab ibn ‘Abd Allâh az-Zubayrî (3), Hudbah ibn Khâlid al-Qaysî (4), et Abû as-Salt al-Harawî, l’un des transmetteurs jugés faibles (5).
[Puis débuta l’année 237] :
Cette année-là, Yûsuf ibn Muhammad ibn Yûsuf, le vice-gouverneur de l’Arménie, s’empara du grand patriarche de la région et l’envoya au représentant du calife. Peu après, une chute de neige considérable s’abattit sur ces contrées. Les partisans de ce patriarche s’organisèrent, vinrent assiéger la cité où se trouvait Yûsuf ibn Muhammad ; il en sortit pour les combattre et fut tué avec un grand nombre de musulmans qui l’accompagnaient. Beaucoup de gens succombèrent également dans la neige, en raison de l’intensité du froid.
Lorsque l’information de cet événement tragique parvint à al-Mutawakkil, il dépêcha Bughâ al-Kabîr avec une armée très nombreuse vers cette région. Bughâ tua un grand nombre d’habitants de cette contrée qui avaient assiégé la ville (6), et l’émir (c’est-à-dire Bughâ) en extermina près de trente mille (7), tout en capturant un important contingent. Il se dirigea ensuite vers les autres districts de Bâsfarjân (8), se rendit dans de nombreuses grandes cités, pacifia les provinces et affermit les territoires ainsi que leurs alentours.