Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il en fit un vaste espace pour une grande mosquée et ordonna de niveler leurs tombes au ras du sol. Il adressa à ce sujet une correspondance à l’ensemble des provinces et des contrées, ainsi qu’à chaque ville et district (1).

Cette même année, un homme du nom de Maḥmūd ibn al-Faraj an-Naysābūrī fit son apparition. Il avait l’habitude de se rendre près du « tronc (2) de Bābak (3) », non loin de la résidence califale à Surr Man Raʼā (Samarra). Il prétendit être un prophète et déclara qu’il était « Dhu al-Qarnayn ». Sur cette imposture et cette aberration, un petit groupe le suivit et lui donna raison : ils étaient au nombre de vingt-sept hommes (4)(5). Il leur composa un texte rassemblé dans un faux « mushaf », que Dieu le rende infâme, en affirmant – que Dieu le maudisse – que l’ange Gabriel ﷺ le lui aurait apporté de la part de Dieu.

Il fut arrêté, et son affaire fut portée devant le calife al-Mutawakkil, qui ordonna qu’on le frappe de coups de fouet en sa présence. Il reconnut alors ce qui lui était imputé et admit ce qui le motivait. Il afficha son repentir et déclara revenir sur ses propos. Le calife ordonna ensuite que chacun de ses partisans reçoive dix gifles. Que la malédiction du Seigneur de la terre et des cieux soit sur lui et sur eux. Puis il arriva qu’il mourut le mercredi, le troisième jour de Dhū al-Ḥijja de cette même année.

Le samedi, trois jours avant la fin de Dhū al-Ḥijja de cette année bénie, le calife al-Mutawakkil ʿalā Allāh prit l’engagement solennel pour ses trois fils qui devaient lui succéder : Muḥammad al-Muntaṣir, puis Abū ʿAbd Allāh al-Muʿtazz bi-llāh – qui se nommait Muḥammad (et selon certains, al-Zubayr) – et enfin Ibrāhīm, qu’il appela al-Muʾayyad bi-llāh, lequel ne parvint jamais au califat. Il attribua à chacun une partie des territoires sur lesquels ils gouverneraient par l’intermédiaire de leurs représentants (7), et il autorisa que leur nom figure sur la monnaie frappée dans ces régions.

Ibn Jarīr (8) précisa la liste des villes, des contrées et des districts impartis à chacun d’eux. Le calife leur remit à chacun deux bannières : une bannière noire pour l’héritage du califat et une bannière blanche pour le gouvernement. Un contrat fut rédigé afin de confirmer leur acceptation réciproque et la reconnaissance des émirs et des notables de leur autorité respective. Ce fut un jour mémorable.

Dans le courant du mois de Dhū al-Ḥijja, l’eau du Tigre changea de couleur, virant au jaune pendant trois jours, puis elle prit la teinte de l’eau trouble, ce qui alarma la population (9).

Au cours de cette même année, on amena devant al-Mutawakkil Yaḥyā ibn ʿUmar ibn Yaḥyā ibn Zayd ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib.

(1) Détail à ce sujet dans l’Histoire de Ṭabarī (tome 9, pp. 171-175). (2) Dans l’édition Ṭ et Ṭabarī : « Khashabah ». (3) Ensuite dans l’édition Ṭ : « Il est crucifié ». (4) Dans l’édition Ṭ : « Peu nombreux ». (5) Dans les éditions A et Ṭ : neuf, ce qui est le plus authentique selon ce qui est rapporté dans B, Ẓā, Ṭabarī et Ibn al-ʿAṯīr. (6) Dans l’édition A : « Il lui donna des gifles ». (7) Dans l’édition Ṭ : « Et il l’accuse ». (8) Histoire de Ṭabarī (tome 9, p. 176) et les pages suivantes. (9) Sa phrase : « Alors le peuple s’en effraya », a été précédemment citée chez Ṭabarī et Ibn al-ʿAṯīr concernant sa parole : « Puis il prit la couleur de l’eau stagnante ». Et dans l’expression de l’auteur – qu'Allah lui fasse miséricorde – après.
ذلك متسعًا كبيرًا مسجدًا، وأمَر بتسوية قبورهم بالأرض، وكَتَبَ بذلك إلى سائر الأقاليم والآفاق، وإلى كل بلد ورُسْتاق (١) . وفيها: خرج رجل يقال له: محمود بن الفرج النيسابوريّ، ممن كان يتردد إلى جِذْع (٢) بابَك (٣) فيقعد قريبًا منه، وذلك بقرب دار الخلافة بسرَّ مَن رأى، فادَّعى أنه نبيّ، وأنه ذو القرنين، وقد اتبعه على هذه الضلالة ووافقه في هذه الجهالة جماعة أقلُّون (٤) ، وهم سبعة (٥) وعشرون رجلًا، وقد نَظَم لهم كلامًا في مصحف له، قبَّحه اللَّه؛ زعم -لعنه اللَّه- أنَّ جبريل (عليه السلام) جاءه به من اللَّه، فأُخِذَ، فرُفع أمره إلى المتوكِّل فأمر به فضُرِبَ بين يديه بالسِّياط، فاعترف بما نُسب إليه وما هو معوّل عليه، وأظهر التوبة من ذلك، والرجوع عن ذلك، فأمر الخليفة كلَّ واحدٍ من أتباعه بصفعه (٦) عشر صفعات، فعليه وعليهم لعنة ربِّ الأرض والسماوات. ثم اتفق موته في يوم الأربعاء لثلاث خَلَوْن من ذي الحجة من هذه السنة. وفي يوم السبت لثلاث بقين من ذي الحجة من هذه السنة المباركة، أخذ الخليفة المتوكِّل على اللَّه العهدَ لأولاده الثلاثة من بعده، وهم: محمد المنتصر، ثم أبو عبد اللَّه المعتز باللَّه، واسمه محمد، وقيل: الزّبير، ثم لإبراهيم، وسمَّاه المؤيَّد باللَّه، ولم ينل هذا الخلافة. وأعطى كلَّ واحد منهم طائفةً من البلاد يكون نائبًا عليها، ونوابه (٧) فيها، ويضرب له السكّة بها. وقد عيَّن ابنُ جرير (٨) ما لكل واحد منهم من البلدان والأقاليم والرساتيق، وعقد لكل واحد منهم لواءَين، لواءً أسودَ للعهد، ولواءً أبيض للعمالة. وكُتب بينهم كتاب بالرِّضا منهم وبمبايعة الأمراء والكبراء لهم على ذلك، وكان يومًا مشهودًا. وفي شهر ذي الحجة تغيَّر ماءُ دجلةَ إلى الصُّفْرة ثلاثة أيام، ثم صار في لون ماء المدود، ففزع (٩) الناس لذلك. وفي هذه السنة أُتي المتوكِّل بيحيى بن عمر بن يحيى بن زيد بن عليّ بن الحسين بن عليّ بن أبي طالب
(١) تفصيل ذلك في تاريخ الطبري (٩/ ١٧١ - ١٧٥). (٢) في ط والطبري: خشبة. (٣) بعدها في ط: وهو مصلوب. (٤) في ط: قليلون. (٥) في أ، ط: تسعة، وأثبت ما جاء في ب، ظا والطبري وابن الأثير. (٦) في أ: فصفعه صفعات. (٧) في ط: ويستنيب. (٨) تاريخ الطبري (٩/ ١٧٦) وما بعدها. (٩) قوله: ففزع الناس لذلك، تقدم في الطبري وابن الأثير على قوله: ثم صار في لون ماء المدود. وفي عبارة المؤلف (رحمه الله) بعد.

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