Ils le laissaient ainsi, avec son défaut, puis, une fois partis plus loin, ils le réparaient et en tiraient profit.
Parmi eux, certains disent : « Bouchez-le avec une bouteille », et d’autres : « Avec du goudron. »
« Ses père et mère étaient croyants » tandis que lui était mécréant. « Nous avons craint qu’il ne les accablât d’excès et d’incroyance », c’est-à-dire que l’affection qu’ils lui portaient les conduisît à le suivre dans sa religion. « Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accorde en échange [un enfant] meilleur que lui, plus pur » — en référence à Sa parole : « As-tu tué un être pur ? » — « et [leur soit] plus proche en miséricorde », car ce dernier se montrerait plus compatissant envers eux que ne l’aurait été le premier, celui que Khidr avait tué. D’autres que Saʿīd ibn Jubayr ont affirmé qu’ils reçurent en échange une fille. Quant à Dâwoud ibn Abî ʿÂṣim (1), il a rapporté, d’après plusieurs personnes, qu’il s’agissait bien d’une fille.
C’est ce qu’a rapporté ʿAbd al-Razzâq, selon Maʿmar, d’après Abû Isḥâq, lui-même d’après Saʿīd ibn Jubayr, qui le tenait d’Ibn ʿAbbâs. Celui-ci raconta que Moïse s’adressa aux Enfants d’Israël en disant : « Personne n’est plus savant que moi à propos de Dieu et de Ses ordres. » Il reçut alors l’ordre de rencontrer cet homme, et l’histoire s’enchaîna comme évoqué précédemment. De même, Muḥammad ibn Isḥâq l’a rapporté par l’intermédiaire d’al-Ḥasan ibn ʿAmâra, d’al-Ḥakam ibn ʿUtayba, de Saʿīd ibn Jubayr, d’Ubayy ibn Kaʿb, d’après le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), sous une forme similaire. Al-ʿAwfî l’a également rapporté de lui sous forme m Mawqûf (arrêtée).
Al-Zuhrî a, de son côté, rapporté d’après ʿUbayd Allâh ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUtba, lui-même d’après Ibn ʿAbbâs (2), qu’il eut une controverse avec al-Ḥurr ibn Qays ibn Ḥiṣn al-Fazzâzî au sujet de l’identité du personnage que Moïse partit rencontrer ; Ibn ʿAbbâs affirma qu’il s’agissait de Khidr. Au même moment passa par là Ubayy ibn Kaʿb, et Ibn ʿAbbâs l’interpella : « Mon compagnon et moi sommes en désaccord sur le personnage que Moïse voulait rencontrer. As-tu entendu du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) quelque chose à ce sujet ? » — « Oui », répondit Ubayy, puis il rapporta le récit (3). Nous avons exposé de manière détaillée les différentes chaînes de transmission et variantes de ce ḥadîth dans le Tafsîr de la sourate al-Kahf (4). Et c’est à Dieu que revient la louange.
Concernant Sa parole : « Et quant au mur, il appartenait à deux orphelins de la ville » (Coran 18 : 82), al-Suhaylî indique qu’il s’agissait de Aṣram et Ṣuraym, fils de Kâshiḥ. « Et il y avait sous ce mur un trésor qui leur appartenait » : certains, dont ʿIkrima, disent qu’il s’agissait d’or, tandis qu’Ibn ʿAbbâs affirme plutôt qu’il s’agissait d’un savoir. Il est plus vraisemblable qu’il fût question d’une tablette d’or sur laquelle un enseignement était inscrit. Al-Bazzâr (5) rapporte : « Ibrâhîm ibn Saʿîd al-Jawharî nous a transmis, Bišr ibn al-Munḏir nous a transmis, al-Ḥârith ibn ʿAbd Allâh al-Yaḥṣubî (6) nous a transmis, d’après ʿAyyâš ibn ʿAbbâs al-Qutaybânî, d’après Ibn Ḥujayra… »