Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le discours (1) :

On le contraignit à rester éveillé ; chaque fois qu’il tentait de s’assoupir, on le piquait avec du fer. Ensuite, on le plaça dans un grand four en bois dont le fond était garni de clous pointus. On l’obligea à y tenir debout, et on posta quelqu’un qui l’empêchait de dormir. Il resta ainsi plusieurs jours, jusqu’à ce qu’il meure dans cette position.

On rapporte également qu’on l’aurait sorti du four alors qu’il respirait encore, puis on le frappa sur le ventre, puis sur le dos, jusqu’à ce qu’il rende l’âme sous les coups. D’autres disent qu’il fut brûlé, puis son corps fut remis à ses fils pour être enterré, mais il fut exhumé par les chiens qui dévorèrent sa chair et sa peau. Qu’Allah lui fasse miséricorde. Son décès eut lieu le onzième jour de Rabiʿ al-Awwal cette année-là.

La valeur de ce qui fut trouvé dans ses possessions était d’environ quatre-vingt-dix millions de dinars. Nous avons déjà mentionné que le calife al-Mutawakkil l’interrogea au sujet de la mise à mort de son frère al-Wathiq envers Ahmad ibn Nasr. Il lui déclara : « Ô Commandeur des croyants, que Dieu me brûle au feu s’il était vrai qu’al-Wathiq l’ait exécuté ce jour-là sans qu’il fût mécréant. »

Au mois de Jumâdâ al-Ûlâ de la même année, Ahmad ibn Abî Duʾâd, le juge muʿtazilite, fut frappé de paralysie (falaj). Il vécut ainsi jusqu’à sa mort, quatre ans plus tard, subissant ce qu’il avait invoqué contre lui-même, comme nous l’avons déjà mentionné. Par la suite, al-Mutawakkil se mit en colère contre un groupe de secrétaires et de fonctionnaires, et il leur confisqua des sommes considérables.

Cette même année, [al-Mutawakkil] investit son fils Muḥammad, surnommé al-Muntaṣir, du gouvernement du Hidjâz et du Yémen, et lui en donna l’investiture au mois de Ramaḍân. Pendant cette période aussi, Michel, fils de Toufayl, roi des Romains, força sa mère Tadûra (3) à rester exposée au soleil et l’obligea à s’enfermer dans un couvent. Il fit également exécuter l’homme dont il la soupçonnait. Son règne avait duré six ans.

Cette année-là, le pèlerinage fut présidé par Muḥammad ibn Dâwud, l’émir de La Mecque – qu’Allah protège et honore. [Dans cette même année] mourut également Ibrâhîm ibn al-Ḥajjâj as-Sâmî (4).

(1) Dans B, Ẓā : al-ṭaʿām (la nourriture). (2) Addition dans Ṭ. (3) At-Ṭabarī : fashammashahā (il l'a exposée au soleil). (4) Dans les manuscrits et l'imprimé : ash-Shāmī, confirmant ce qui est rapporté dans Tahdhīb al-Kamāl (2/69) et Sīr Aʿlām an-Nubalāʾ (11/39). Ash-Sāmī, avec un sīn non emphatique : relatif à Sāmah ibn Luʾayy. Il s'agit d'Ibrāhīm ibn al-Ḥajjāj ibn Zayd ash-Sāmī an-Nājī, Abū Isḥāq al-Baṣrī, le récitateur (muḥaddith), mentionné par Ibn Ḥibbān dans Al-Thiqāt.
الكلام (١) ، وجعلوا يساهرونه كلما أراد الرُّقاد نُخِسَ بالحديد، ثم وُضِعَ بعد ذلك كلّه في تنّور من خشب فيه مساميرُ قائمة في أسفله، فأقيمَ عليها، ووكِّلَ به من يمنعه من الرُّقاد، فمكث كذلك أيامًا حتى مات وهو كذلك. ويقال: إنه أخرج من التنوّر وفيه رَمَقٌ، فضُرِبَ على بطنه، ثم على ظهره حتى مات وهو تحت الضرْبِ. ويقال: إنه أُحرِق، ثم دُفعت جثته إلى أولاده فدفنوه، فنبشت عليه الكلاب، فأكلت لحمه وجلده، سامحه اللَّه. وكانت وفاته لإحدى عشرة من ربيع الأول منها. وكان قيمة ما وُجد له من الحواصل نحوًا من تسعين ألف ألف دينار، وقد قدَّمنا أنَّ المتوكِّلَ سأله عن قتل أخيه الواثق أحمد بن نَصْر، فقال له: يا أميرَ المؤمنين، أحرقني اللَّه بالنار إن كان الواثق قتله يوم قتلَه إلا وهو كافر. وفي جمادى الأولى منها فُلِجَ أحمدُ بن أبي دواد القاضي المعتزلي، فلم يزل كذلك حتى مات بعد أربع سنين وهو كذلك، كما دعا على نفسه كما تقدَّم. ثم غضبَ المتوكِّلُ على جماعة من الكتّاب والعمّال، وأخذ منهم أموالًا جزيلة جدًا. وفيها: ولَّى [المتوكلُ] (٢) ابنه محمدًا المنتصر الحجاز واليمن، وعقَدَ له على ذلك كلِّه في رمضان منها. وفيها: عَمَدَ ملكُ الروم ميخائيل بن توفيل إلى أمِّه تدُورَةَ فأقامها في الشمس (٣) ، وألزمها الدّير، وقتل الرجل الذي اتَّهمها به، وكان ملْكُها ستَّ سنين. وحجَّ بالناس في هذه السنة محمد بن داود أمير مكّة، حرسها اللَّه تعالى وشرَّفها. [وفيها توفي] إبراهيم بن الحجّاج السَّامي (٤) .
(١) في ب، ظا: الطعام. (٢) زيادة في ط. (٣) الطبري: فشمَّسها. (٤) في النسخ والمطبوع: الشامي، وأثبت ما جاء في تهذيب الكمال (٢/ ٦٩)، وسير أعلام النبلاء (١١/ ٣٩). والسَّامي، بالسين المهملة: نسبة إلى سامَة بن لؤي. وهو إبراهيم بن الحجّاج بن زيد السَّامي الناجي، أبو إسحاق البَصريّ، المحدّث، ذكره ابن حبان في الثقات.

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