Al-Mutawakkil avait vu en rêve, du vivant de son frère al-Wāthiq, comme si quelque chose descendait du ciel sur lui, sur lequel était inscrit : « Jaʿfar al-Mutawakkil ʿalā Dieu »(1). Il en fit l’interprétation et on lui dit : « C’est la fonction califale. » Il en informa son frère al-Wāthiq, qui l’emprisonna un temps, puis le relâcha(2).
Cette année-là, ce fut Muḥammad b. Dāwūd, émir de La Mecque — que Dieu l’anoblisse —, qui conduisit le pèlerinage.
[Parmi les notables décédés cette année, on compte] al-Ḥakam b. Mūsā(3) et ʿAmr b. Muḥammad an-Nāqid(4).
[Ensuite débuta l’an 233 de l’Hégire]
Le mercredi 7 Ṣafar de cette même année, le calife al-Mutawakkil ʿalā Dieu ordonna l’arrestation de Muḥammad b. ʿAbd al-Malik b. az-Zayyāt, le vizir d’al-Wāthiq, car al-Mutawakkil le détestait pour plusieurs raisons. Parmi celles-ci figure le fait que, lorsque son frère al-Wāthiq s’était mis en colère contre lui à certaines occasions, Ibn az-Zayyāt alimentait cette colère à l’encontre de son frère, de sorte qu’al-Mutawakkil en garda de la rancune envers lui. Puis, celui qui obtint la réconciliation d’al-Wāthiq à son égard fut Aḥmad b. Abī Dāwūd, gagnant ainsi sa faveur durant son règne. Par ailleurs, Ibn az-Zayyāt avait plaidé pour que Muḥammad b. al-Wāthiq succède à son père et avait rallié le peuple autour de lui, tandis que Jaʿfar al-Mutawakkil se tenait dans les parages du palais califal. Finalement, le pouvoir revint à Jaʿfar al-Mutawakkil, au grand dépit d’Ibn az-Zayyāt, et c’est pourquoi il ordonna aussitôt de l’arrêter.
On le convoqua(5), si bien qu’il vint après son déjeuner, pensant que le calife l’avait mandé. Mais les émissaires le conduisirent à la demeure d’Ītākh, émir de la police, où ils le mirent en état d’arrestation et le chargèrent de fers. Ils envoyèrent immédiatement une troupe à sa maison, où tous les biens, servantes, joyaux, provisions et meubles furent saisis. Ils découvrirent également, dans son cabinet privé, du matériel destiné à la consommation de boissons alcoolisées.
Le calife dépêcha ensuite des hommes afin de s’emparer de ses stocks et de ses terres en tous lieux, puis il ordonna qu’on le torture ; on le priva alors de