« Comment s’est passée votre fête, ô Abû ‘Abd Allâh ? » demanda-t-on. Il répondit : « Nous étions dans un jour dépourvu de soleil. » Puis il rit et dit : « Ô Abû ‘Abd Allâh, je suis soutenu par toi. »
Le Khatîb (1) rapporta : « Ibn Abî Dâwûd exerça une grande influence sur Al-Wâthiq, au point de le pousser à durcir la mihna et à appeler les gens à professer la création du Coran. » Il ajouta : « On raconte qu’Al-Wâthiq se rétracta de cette position avant sa mort. ‘Ubayd Allâh ibn Abî l-Fath m’a informé : “Nous a transmis Ahmad ibn Ibrâhîm ibn al-Hasan, lequel rapporte d’Ibrâhîm ibn Muhammad ibn ‘Arafa, qui tient de Hâmid ibn al-‘Abbâs, lui-même apprenant d’un homme l’ayant entendu du Mahdî, qu’Al-Wâthiq mourut après s’être repenti d’avoir soutenu le fait que le Coran serait créé.” »
On rapporte (2) qu’un jour, le précepteur d’Al-Wâthiq entra chez lui et qu’il l’honora d’une extrême bienveillance. On l’interrogea sur la raison d’un tel accueil, et il répondit : « C’est lui qui le premier a délié ma langue pour évoquer Dieu et m’a rapproché de Sa miséricorde. »
Un poète (3) lui écrivit :
« J’ai détourné les inclinations de mon âme de la quête de richesse,
Et je lui ai dit : “Renonce à réclamer ce qui n’est qu’un maigre gain”,
Car l’Émir des croyants, de sa main,
Fait tourner sans relâche la meule des subsistances. »
Al-Wâthiq annota alors sur le billet : « Ton âme t’a détourné de t’avilir et t’a guidé vers sa plus haute aspiration. Prends donc ce que tu demandais aisément. » Puis il lui accorda une somme généreuse.
Parmi ses poèmes, on rapporte qu’il a dit (4) :
« Ce sont les décrets [du destin] qui s’élancent dans leurs brides,
Patiente donc, car ils ne sauraient rester longtemps en un même état. »
Et l’on cite parmi les vers d’Al-Wâthiq [ses dires] (5) :
« Éloigne-toi du mal et ne le convoite pas ;
Et à qui tu as accordé un bienfait, ajoute encore,
Tu seras préservé de toute ruse de ton ennemi,
Si l’ennemi déploie un piège sans que tu n’en tendes aucun. »
Le qâdî Yahyâ ibn Aktham (6) déclara : « Aucun calife abbasside n’a autant bienfait envers les membres de la famille d’Abû Tâlib qu’Al-Wâthiq : il est mort sans laisser parmi eux le moindre indigent. »