Dans cette même année, lors de leur retour, les pèlerins furent frappés d’une soif extrême, au point qu’un simple verre d’eau se vendit à un grand nombre de dinars, et nombre de gens moururent de soif.
Durant cette année également, al-Wathiq ordonna de cesser la perception de la dîme sur les navires en mer.
[Décès du calife Abou Ja‘far Hârûn al-Wathiq ibn Muhammad al-Mu‘tasim]
Il était le fils de Hârûn al-Rachîd ibn Muhammad al-Mahdî ibn Abû Ja‘far al-Mansûr ‘Abd Allâh Dhu al-Bayyinât ibn Muhammad al-Imâm ibn ‘Alî as-Sajjâd ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, de la famille hachémite abbasside. Il mourut en dhû al-hijja de cette année, atteint d’hydropisie, si bien qu’il ne put assister à la prière de la fête ce jour-là et désigna son cadi, Ahmad ibn Abî Du’âd al-Iyâdî le mu‘tazilite, pour diriger la prière en son nom. Son décès se produisit alors qu’il restait six jours au mois, l’hydropisie ayant empiré. On l’avait fait asseoir dans un tanûr chauffé à blanc, de manière à le maintenir droit pour apaiser sa douleur. Il en ressentit quelque soulagement. Mais le lendemain, il ordonna qu’on le chauffe plus qu’à l’ordinaire ; il y fut à nouveau placé, puis on l’en sortit et on le transporta dans une miḥaffa. Il fut alors porté, entouré de ses émirs, de ses vizirs et de son cadi.
[C’est alors qu’il mourut pendant qu’on le portait, sans que personne ne s’en rende compte avant que son front ne retombe sur la miḥaffa] (1), il était déjà décédé. Le cadi lui ferma alors les yeux et c’est lui qui se chargea de la toilette funèbre, de la prière et de l’inhumation au palais al-Hârûnî.
Il était blanc de peau, teinté de rougeur, de belle prestance et de corpulence moyenne, bien bâti, avec l’œil gauche droit et portant une petite tache blanche. Il était né en l’an 196 (de l’Hégire), en route vers La Mecque, et mourut à l’âge de trente-six ans. Son califat dura cinq ans, neuf mois et cinq jours. Certains disent : sept jours et douze heures (2).
Il avait rassemblé, [à son époque] (3), les astrologues (4), lorsque son mal s’aggrava, afin qu’ils examinent son thème natal et qu’ils établissent, selon l’art des astres, combien de temps durerait son pouvoir. Un certain nombre de chefs dans ce domaine se présentèrent : parmi eux al-Hasan ibn Sahl, al-Fadl ibn Ishâq al-Hâshimî, Ismâ‘îl ibn Nûbakht, Muhammad ibn Mûsâ al-Khawârizmî, le Majûsî al-Qutrubbulî, Sand (l’associé de Muhammad ibn al-Haytham), et tous ceux qui observaient les astres. Ils examinèrent sa date de naissance et, d’après leur méthode (5), conclurent unanimement qu’il vivrait longtemps et estimèrent qu’il lui restait cinquante années à venir, mais il ne