Nacr entra et dit :
« Ô Commandeur des croyants, que Dieu me brûle par le feu si l’émir des croyants al-Wathiq ne l’a tué qu’en tant que mécréant !» Puis Harthama se présenta à lui à ce sujet et dit :
« Ô Commandeur des croyants, que Dieu me déchire membre après membre si al-Wathiq ne l’a tué qu’en tant que mécréant !» Ensuite, le juge Aḥmad ibn Abī Duʾād entra et dit la même chose, en ajoutant :
« Que Dieu me frappe de paralysie si al-Wathiq ne l’a tué qu’en tant que mécréant !»
Al-Mutawakkil déclara :
« Quant à Ibn az-Zayyāt, je l’ai moi-même brûlé par le feu. Pour ce qui est de Harthama, il s’est enfui et s’est exilé au désert, puis il est passé par la tribu de Khuzāʿa. Là, un homme du clan le reconnut et s’exclama : “Ô gens de Khuzāʿa ! Voilà celui qui a tué votre cousin Aḥmad ibn Naṣr !” Ils le mirent alors à mort en le découpant membre après membre.
Quant à Ibn Abī Duʾād, Dieu l’a enfermé dans sa propre peau – c’est-à-dire qu’Il l’a frappé de paralysie quatre ans avant sa mort. Il fut également mis à l’amende, moyennant une très grande somme provenant de sa fortune personnelle, comme cela sera explicité plus loin (1). »
Abū Dāwūd rapporte dans son livre « al-Masāʾil » (Les Questions), d’après Aḥmad ibn Ibrāhīm ad-Dawrāqī, lui-même le tenant d’Aḥmad ibn Naṣr :
« J’ai interrogé Sufyān ibn ʿUyaynā à propos du ḥadīth : “Les cœurs sont entre deux doigts” (2), et : “Certes, Dieu rit de celui qui Le mentionne dans les marchés” (3). Il répondit : “Transmettez-les telles qu’elles sont venues, sans chercher à en déterminer le comment” (4). »
C’est durant cette année-là qu’al-Wāthiq avait résolu d’accomplir le pèlerinage et s’y était préparé. Mais on lui rapporta que l’eau se faisait rare sur la route, si bien qu’il y renonça cette année-là.
La même année (5), Jaʿfar ibn Dīnār (6) fut nommé gouverneur du Yémen et s’y rendit à la tête de quatre mille cavaliers.
Au cours de la même année, des gens du commun prirent d’assaut le Trésor public (Bayt al-Māl) et s’emparèrent de quelques pièces d’or et d’argent ; ils furent arrêtés et jetés en prison.
Cette année-là encore, un kharijite apparut dans la région de Rabīʿa. Le gouverneur de Mossoul le combattit et l’écrasa ; le reste de ses compagnons prit la fuite.