Ô croyants (1) ! Il est rapporté dans les récits transmis du Messager d’Allah (que la prière et le salut soient sur lui) qu’il a dit : « Vous verrez votre Seigneur, au Jour de la Résurrection, comme vous voyez cette lune, sans être lésés dans votre vision » (2). Nous adhérons donc à ce hadith.
Le Khatib (3) a ajouté, dans sa propre transmission, qu’al-Wathiq déclara : « Malheur à toi ! Serait-Il vu comme l’on voit un être limité et doté d’un corps ? Serait-Il contenu dans un lieu, saisi par le regard de l’observateur ? Je renie un Seigneur avec de telles caractéristiques ! »
J’ai dit : « Ce que le calife al-Wathiq a avancé ne remet pas en cause ce hadith, n’est pas contraignant et ne saurait invalider un tel récit authentique. Allah est plus Savant. »
Puis Ahmad ibn Nasr al-Khuza‘î s’adressa à al-Wathiq en disant : « Sufyân m’a rapporté un hadith remontant (au Prophète) : “Le cœur du fils d’Adam est entre deux des doigts d’Allah ; Il le retourne comme Il veut.” Le Prophète disait également : “Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur dans Ta religion.” (4) »
Alors Ishaq ibn Ibrahim lui dit : « Malheur à toi ! Fais attention à ce que tu dis ! » Et il répondit : « C’est toi qui m’as ordonné cela. » Ishaq en fut effrayé et demanda : « T’ai-je vraiment ordonné cela ? » Il répondit : « Oui, tu m’as dit de lui donner conseil. »
Al-Wathiq se tourna alors vers ceux qui l’entouraient : « Que dites-vous à son sujet ? » Ils multiplièrent les propos à son encontre. C’est alors que ‘Abd al-Rahmân ibn Ishaq – qui avait été juge sur la rive occidentale avant d’être destitué et qui s’était autrefois montré conciliant envers Ahmad ibn Nasr – s’exclama : « Ô Prince des Croyants, son sang est licite ! »
Quant à Abû ‘Abd Allah l’Arménien, compagnon d’Ahmad ibn Abî Du’âd, il s’écria : « Fais-moi boire son sang, ô Prince des Croyants ! » Al-Wathiq répondit : « Fais comme tu l’entends. »
Le juge Ahmad ibn Abî Du’âd déclara alors : « Ô Prince des Croyants, il est mécréant et doit être invité à se repentir : peut-être est-il affligé d’une infirmité ou d’une faiblesse d’esprit ? »
Al-Wathiq trancha : « Lorsque vous me verrez me lever pour aller vers lui, que nul ne se lève en même temps que moi, car je cherche ma rétribution auprès d’Allah par mes actes. » Puis il s’avança vers lui muni de la “samçâmah” – une épée ayant appartenu à ‘Amr ibn Ma‘dîkarib az-Zubaydî, qui avait été offerte à Mûsâ al-Hâdî à l’époque de son califat.