Ne me confie pas au recours de l’excuse, de peur que je ne puisse présenter aucune justification (1).
Parmi ses vers (2) :
« Nous sommes un peuple que viennent attendrir les yeux ensorceleurs,
alors même que nous savons attendrir le fer.
Les sabres obéissent à nos mains,
pourtant ce sont ces regards qui nous pourchassent;
Et grâce à nos coups de lance, nous menons les fauves (3) (4).
Nous capturons la proie,
puis voilà que nous sommes à notre tour capturés
par les femmes à la blancheur éclatante, au regard et aux joues lumineux (5).
Les lions redoutent notre courroux,
mais nous craignons la colère de la jeune gazelle (6)
lorsqu’elle nous montre son dédain.
Aussi, le jour du combat, nous apparaissons libres et fiers,
et dans la paix, nous voici les serviteurs des belles. »
Ibn Khallikân (7) dit : « Il était un Khuzâ‘î, l’un des affranchis de Talha al-Talaḥât al-Khuzâ‘î (8). Abû Tammâm le louait ; un jour, il se rendit auprès de lui, mais la neige le retint à Hamadhân. C’est alors qu’il composa son “Kitâb al-Ḥamâsa” chez l’un des notables de cette ville. » L’historien al-Hâfiẓ Ibn ʿAsâkir (9) rapporte que lorsque al-Ma’mûn le nomma gouverneur des provinces du Shâm et d’Égypte, il s’y rendit, ayant reçu l’autorisation de disposer des biens accumulés en Égypte. En chemin, on lui remit trois millions de dinars, qu’il distribua aussitôt, en une seule séance. Puis, lorsqu’il arriva en vue de l’Égypte, il la méprisa et déclara : « Qu’Allâh enlaidisse Pharaon ! Comme il était vil et manquait d’élévation d’âme, lui qui régnait sur ce simple village et proclamait : “Je suis votre Seigneur, le Très-Haut !” » Il ajouta ensuite — selon les propos de ʿAbd Allâh ibn Tâhir — : « Par Dieu, je n’y entrerai pas (10) (11). »
[Parmi ceux qui y moururent], on compte également ʿAlî ibn al-Jaʿd al-Jawharî (12).