En l’an deux cent trente (230), au cours du mois de Jumâdâ (1), les Banû Sulaym se soulevèrent aux alentours de la Ville Prophétique (Médine). Ils commirent des exactions sur le territoire, terrorisant les voyageurs et affrontant les habitants de la cité. Ces derniers furent défaits, et les Banû Sulaym établIrent leur emprise sur l’espace séparant Médine de La Mecque, ainsi que sur les points d’eau et les villages de cette région.
Le calife al-Wâthiq envoya donc Bughâ al-Kabîr Abû Mûsâ al-Turki à la tête d’une armée pour les combattre. Celui-ci les affronta au mois de Sha‘bân et tua cinquante de leurs cavaliers tout en capturant un nombre équivalent. Le reste prit la fuite. Il leur octroya ensuite la sécurité, à condition de se soumettre au jugement du Commandeur des croyants. Un grand nombre d’entre eux se rallièrent à lui. Il entra ainsi à Médine avec eux et emprisonna leurs principaux chefs dans la demeure de Yazîd ibn Mu‘âwiyya. Cette année-là, il se rendit au pèlerinage ; Isḥâq ibn Ibrâhîm ibn Muṣ‘ab, le vice-roi de l’Irak, participa également à la saison du ḥajj. Le commandement du pèlerinage (ḥajj) des gens fut confié à l’émir Muḥammad ibn Dâwûd.
[Et cette année-là s’éteignit] ‘Abd Allâh ibn Ṭâhir ibn al-Ḥusayn (2), gouverneur du Khorasan et des territoires qui en dépendent. Les revenus de sa juridiction atteignaient quarante-huit mille mille dirhams. Le calife nomma alors son fils, Ṭâhir, pour lui succéder. La mort de l’émir ‘Abd Allâh ibn Ṭâhir eut lieu neuf jours après celle d’Ashnâs al-Turki, un lundi, la nuit du onzième jour de Rabî‘ al-Awwal de cette même année.
Le qâḍi Ibn Khallikân (3) rapporte qu’il serait décédé en l’an deux cent vingt-huit (228) à Marw, tandis que d’autres sources évoquent Nishâbûr comme lieu de sa disparition. Il était réputé pour sa générosité et sa noblesse, et ses poèmes étaient très appréciés. Il est dit (4) qu’il exerça la fonction de gouverneur d’Égypte après l’an deux cent vingt. Le ministre Abû al-Qâsim ibn al-Maghribî indique que la pastèque dite « al-‘Abdalâwî » en Égypte porte ce nom en référence à ‘Abd Allâh ibn Ṭâhir.
Le qâḍi Ibn Khallikân (5) avance qu’il en goûtait particulièrement la saveur ou bien qu’il en aurait été le premier cultivateur dans cette région – Dieu seul le sait. L’un de ses poèmes (6) dit :
« Pardonne mon faux pas afin de mériter ma gratitude,
… et que tu ne manques pas la récompense qui t’en reviendra. »