Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Tu ne pourras pas être patient en ma compagnie » [Coran 18:67]. Il dit : « Celle-ci (la faute de Moïse) est plus grave que la précédente. » « (Moïse) dit : “Si jamais je t’interroge encore au sujet de quoi que ce soit après celle-ci, alors ne m’accompagne plus ; tu as désormais une excuse de ma part.” (v.76) Ils partirent donc jusqu’à ce qu’ils arrivèrent auprès des habitants d’une cité. Ils demandèrent à manger à ses habitants, mais ceux-ci refusèrent de les loger et de les accueillir. Ils trouvèrent dans la ville un mur qui menaçait de s’écrouler (il était penché). Al-Khidr le redressa de sa main : “Il le redressa.” [Coran 18:77] Alors Moïse s’exclama : “Ce sont des gens chez qui nous sommes venus ; ils ne nous ont ni nourris ni offerts l’hospitalité. Si tu l’avais voulu, tu aurais pu réclamer un salaire pour cela.” (v.77) Al-Khidr lui répondit : “C’est ici la séparation entre moi et toi. Je vais t’informer de l’interprétation de ce que tu n’as pu supporter avec patience.” [Coran 18:78] »

Le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) dit : « Nous aurions aimé que Moïse ait persévéré un peu plus, afin qu’Allah nous rapporte davantage de leur histoire. » (1)

Sa‘îd ibn Jubayr rapporta qu’Ibn ‘Abbâs lisait (la partie du verset) ainsi : « Il y avait devant eux un roi qui s’emparait de toute embarcation en bon état, par la force », et il lisait également : « Quant à l’enfant, il était mécréant tandis que ses parents étaient croyants. » Al-Bukhârî (2) transmit également ce récit d’après Qutaybah, d’après Sufyân ibn ‘Uyaynah, suivant la même chaîne de narration, avec un texte similaire. Il y est rapporté que Moïse partit accompagné de son serviteur, Yûsha‘ ibn Nûn, emportant avec eux un poisson, jusqu’à ce qu’ils atteignent le rocher. Là, ils firent halte. Il est dit : « Moïse posa sa tête et s’endormit. » Sufyân ajoute, selon une autre version non rapportée par ‘Amr : « Au pied de ce rocher jaillissait une source nommée “la source de la vie” : toute chose que son eau touchait reprenait vie. Le poisson, atteint par cette eau, se mouva, s’échappa du panier et gagna la mer. Lorsque Moïse s’éveilla, il dit à son serviteur : “Apporte-nous notre déjeuner ; nous avons vraiment beaucoup peiné.” (voir Coran 18:62). » Puis il poursuivit le récit en précisant : « Un oiseau se posa sur le rebord de l’embarcation et y trempa son bec dans la mer. Al-Khidr dit à Moïse : “Ma connaissance, la tienne et celle de toute la création, face au savoir d’Allah, ne représente que la goutte d’eau que cet oiseau a retirée de la mer…” » et il termina le hadith.

Al-Bukhârî rapporte encore : « Ibrâhîm ibn Mûsâ nous a transmis, Hishâm ibn Yûsuf nous a informés qu’Ibn Jurayj leur a dit : “Yalâ ibn Muslim et ‘Amr ibn Dînâr m’ont rapporté, d’après Sa‘îd ibn Jubayr” — l’un d’eux (3) ajoutait plus de détails que l’autre — et d’autres encore l’ont entendu raconter cela de Sa‘îd ibn Jubayr. Il dit : “Nous étions chez Ibn ‘Abbâs, sous son toit, lorsqu’il nous dit : ‘Interrogez-moi.’ Je demandai : ‘Ô Abû l-‘Abbâs (que Dieu fasse de moi ta rançon), il y a à Koufa un conteur nommé Nûf qui prétend que celui dont parle ce récit n’était pas le prophète des Enfants d’Israël.’” (À ce stade,) ‘Amr me fit un signe et dit : ‘Il a menti, l’ennemi de Dieu !’ Quant à Yalâ, il me dit : ‘Ibn ‘Abbâs déclara : “Ubayy ibn Ka‘b m’a raconté que le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : ‘Un jour, Moïse, le messager d’Allah, rappela (l’exhortation) aux gens jusqu’à ce que les yeux débordent de larmes et que les cœurs s’attendrissent. Puis il partit. Un homme le suivit et lui demanda : ‘Ô Messager d’Allah, existe-t-il quelqu’un sur terre plus savant que toi ?’ Il répondit : ‘Non.’ Allah le blâma alors de ne pas avoir attribué la science à Allah. On lui révéla : ‘Si, il y en a un.’ Il demanda : ‘Ô mon Seigneur, où est-il donc ?’ Il lui fut répondu : ‘Au confluent des deux mers.’ Il demanda : ‘Ô mon Seigneur, donne-moi un signe afin que je le reconnaisse.’” ‘Amr m’a raconté qu’Allah dit : “Ce sera là où tu perdras le poisson.” Quant à Yalâ, il déclara : “(Allah lui dit :) Prends un poisson mort ; c’est là où on lui rendra la vie.”’” »

(1) Le hadith complet a été rapporté par al-Bukhārī : n° (122), dans le chapitre de la science, section « Ce qu'il est recommandé au savant lorsqu'on lui demande : Qui est le plus savant des gens ? », en attribuant toute la science à Dieu. Il y a divergence à ce sujet ici. (2) Ṣaḥīḥ al-Bukhārī n° (4727) dans le commentaire de la sourate al-Kahf, chapitre « Et lorsque Moïse dit à son serviteur : Je ne cesserai pas avant d’atteindre le confluent des deux mers ». Ṣaḥīḥ al-Bukhārī (4726). (3) L’expression : « L’augmentation de l’un des deux… jusqu’ici. C’est une adjonction de l’édition Ṭ, et elle est dans al-Bukhārī. »
لَكَ إِنَّكَ لَنْ تَسْتَطِيعَ مَعِيَ صَبْرًا﴾ قال: وهذه أشد من الأولى ﴿قَالَ إِنْ سَأَلْتُكَ عَنْ شَيْءٍ بَعْدَهَا فَلَا تُصَاحِبْنِي قَدْ بَلَغْتَ مِنْ لَدُنِّي عُذْرًا (٧٦) فَانْطَلَقَا حَتَّى إِذَا أَتَيَا أَهْلَ قَرْيَةٍ اسْتَطْعَمَا أَهْلَهَا فَأَبَوْا أَنْ يُضَيِّفُوهُمَا فَوَجَدَا فِيهَا جِدَارًا يُرِيدُ أَنْ يَنْقَضَّ﴾ قال: مائل، فقال الخضر بيده ﴿فَأَقَامَهُ﴾ فقال موسى: قومٌ أتيناهم فلم يطعمونا ولم يضيفونا ﴿لَوْ شِئْتَ لَاتَّخَذْتَ عَلَيْهِ أَجْرًا (٧٧) قَالَ هَذَا فِرَاقُ بَيْنِي وَبَيْنِكَ سَأُنَبِّئُكَ بِتَأْوِيلِ مَا لَمْ تَسْتَطِعْ عَلَيْهِ صَبْرًا﴾ قال رسول اللّه ﷺ "ودِدْنا أَنَّ مُوْسَى كانَ صَبَرَ حَتَّى يَقُصَّ اللّه عَلَيْنا مِنْ خَبَرِهِما" (١) . قال سعيد بن جبير فكان ابن عباس يقرأ: وكان أمامهم مَلِك يأخذ كلّ سفينةٍ صالحةٍ غصبًا، وكان يفرأ: وأما الغلام فكان كافرًا وكان أبواه مؤمنين. ثم رواه البخاري (٢) أيضًا عن قُتيبة، عن سُفيان بن عُيَيْنة بإسناده، نحوه. وفيه: فخرج موسى ومعه فتاه يوشع بن نون، ومعهما الحوت حتى انتهيا إلى الصخرة، فنزلا عندها، قال: فوضع موسى رأسه فنام، قال سفيان: وفى حديث غير عَمرو قال: وفي أصل الصخرة عين يقال لها: الحياة، لا يصيب من مائها شيءٌ إلا حيي، فأصاب الحوت من ماء تلك العين، قال: فتحرّك وانْسَلَّ من المِكتل، ودخل البحرَ، فلما استيقظ ﴿قَالَ لِفَتَاهُ آتِنَا غَدَاءَنَا لَقَدْ لَقِينَا﴾ وساق الحديث وقال: ووقع عصفور على حرف السفينة، فغمس منقاره في البحر، فقال الخضر لموسى: ما علمي وعلمك وعلم الخلائق في علم اللّه إلا مقدار ما غمس هذا العصفور منقاره .. وذكر تمام الحديث. وقال البخاري: حدّثنا إبراهيم بن موسى، أخبرنا هشام بن يوسف أن ابن جُريج أخبرهم قال: أخبرني يعلى بن مسلم، وعمرو بن دينار، عن سعيد بن جُبير يزيد أحدهما (٣) على صاحبه، وغيرهما قد سمعته يحدثه عن سعيد بن جبير قال: إنا لَعند ابن عباس في بيته إذ قال: سَلوني، فقلت: أي أبا عباس - جعلني الله فداك - بالكوفة رجل قاصٌّ يقال له: نوف، يزعم أنّه ليس هو نبي بني إسرائيل، أما عمرو فمّال لي: قال: كذب عدوُّ الله. وأمّا يعلى فقال لي: قال ابن عباس: حدّثنى أُبَي بن كعب قال: قال رسول اللّه ﷺ : مُوسى رسول اللّه ذَكَّرَ الناسَ يومًا حتى إذا فاضت العيونُ، ورقَّت القلوبُ، ولَّى فأدركه رَجُل، فقال: أي رسول اللّه هل في الأرض رجل أعلم منك؟ قال: لا، فَعَتِبَ اللهُ عَلَيْه إذْ لَمْ يَرُدَّ العلْم إلى الله. قيل: بلى. قال: أي ربّ فأين؟ قالَ: بِمَجْمَع البَحْرَين. قالَ أي رَبّ إجْعَل لي علمًا أعلم ذلك به. قال: قال لي عمرو: حيث يفارقك الحوت. ودال لي يعلى: خذ حوتًا ميتًا حيث ينفخ فيه
(١) الحديث بتمامه أخرجه البخاري: رقم (١٢٢)، في العلم، باب ما يستحب للعالم إذا سئل: أي الناس أعلم؟ فيكل العلم إلى الله. وفيه اختلاف عما هاهنا. (٢) صحيح البخاري رقم (٤٧٢٧) في تفسير سورة الكهف، باب ﴿وَإِذْ قَالَ مُوسَى لِفَتَاهُ لَا أَبْرَحُ حَتَّى أَبْلُغَ مَجْمَعَ الْبَحْرَيْنِ﴾. صحيح البخاري (٤٧٢٦). (٣) قوله: يزيد أحدهما … إلى هنا. زيادة من ط. وهى في البخاري.

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