Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Yahyâ ibn ‘Abd al-Hamîd al-Himmânî (1).

[Ensuite, survint l’année deux cent vingt-neuf (de l’Hégire).] Cette année-là, al-Wâthiq bi-llâh ordonna de sévir contre les dîwâns (2) et de récupérer auprès d’eux les fonds publics (3). Certains furent châtiés de mille coups de fouet, et d’autres durent acquitter un million de dinars, ou un montant moindre. Le vizir Muḥammad ibn ‘Abd al-Malik montra ouvertement son hostilité envers tous les gouverneurs de la police (wulât al-shurṭ), si bien qu’ils furent dénoncés, emprisonnés et soumis à de grandes épreuves. Isḥâq ibn Ibrâhîm fut chargé d’examiner leur cas ; on les présenta au peuple, et ils furent couverts d’une profonde humiliation.

Cela résulta du fait qu’une nuit, al-Wâthiq siégeait dans le palais califal, entouré de ses convives. Il demanda : « L’un de vous sait-il pourquoi mon grand-père ar-Rashîd infligea un châtiment aux Barmécides ? » L’un des présents répondit : « Oui, ô Prince des croyants ! Voici la raison : on présenta à ar-Rashîd une esclave dont la beauté le charma. Il en négocia le prix avec son propriétaire, qui déclara : “Ô Prince des croyants, j’ai juré par tous les serments (4) de ne pas la vendre en dessous de cent mille dinars.” Ar-Rashîd l’acheta donc pour ce montant et ordonna à Yaḥyâ ibn Khâlid, le vizir, de faire remettre la somme depuis le trésor public. Celui-ci prétendit qu’elle n’y était pas. Ar-Rashîd le réprimanda en disant : “N’ai-je donc pas cent mille dinars dans mon trésor ?” et insista auprès de lui pour en obtenir le versement. Alors Yaḥyâ ibn Khâlid répondit : “Faites-lui parvenir cette somme en dirhams : il trouvera cela trop onéreux et finira peut-être par se rétracter.” Ils envoyèrent donc cent mille dinars transformés en dirhams. Lorsqu’ils parvinrent à ar-Rashîd, il demanda : “Qu’est-ce que cela ?” – “Le prix de l’esclave”, répondirent-ils. Il jugea la somme exorbitante et ordonna qu’on la rangeât chez l’un de ses serviteurs, au palais califal. Il se réjouit ensuite de voir cette richesse s’accumuler dans ses coffres.

Puis il entreprit une vérification du trésor, et constata que les Barmécides l’avaient largement épuisé. À plusieurs reprises, il songea à les arrêter, puis renonça, jusqu’au soir où un homme appelé Abû l-‘Awad vint le voir et reçut de lui trente mille dirhams. Abû l-‘Awad sollicita alors le versement auprès du vizir Yaḥyâ ibn Khâlid ibn Barmak, mais celui-ci le fit languir pendant longtemps. Une nuit, Abû l-‘Awad revint sur le sujet devant ar-Rashîd, en citant ce vers d’‘Umar ibn Abî Rabî‘a (5) :

« Hind a fait une promesse qu’elle n’avait pas l’habitude de faire.
Si seulement Hind nous assurait ce qu’elle a promis !
Une seule fois, elle s’est imposée par la force :
En vérité, l’impuissant est celui qui ne sait pas s’imposer. »

(1) Yahyâ ibn ʿAbd al-Ḥamîd ibn ʿAbd al-Raḥmân ibn Maimûn ibn ʿAbd al-Raḥmân, Abû Zakariyyâ al-Ḥimmânî al-Kûfî. Hafiz, néanmoins il fut accusé d’avoir volé des hadiths. Voir Sīr aʿlām al-Nubalāʾ (10/526), Taqrīb al-Tahdhīb (2/352). (2) Dans al-Ṭabarî et Ibn al-ʿAṯīr : al-Kuttāb. (3) Après lui dans Ṭ : en raison de la révélation de leur trahison et de leur excès dans leurs affaires. (4) Ajout dans B, Ẓā, Ṭ. (5) Son dīwān (p. 101) édition Ṣādir, avec un désaccord dans la transmission.
ويحيى بن عبد الحَميد الحِمَّانيّ (١) . [ثم دخلت سنة تسع وعشرين ومئتين] في هذه السنة أمر الواثق باللَّه بضرب الدَّوَاوين (٢) واستخلاص الأموال منهم (٣) ، فمنهم مَن ضُرب ألف سوط، ومنهم من أخذ منه ألف ألف دينار، ودون ذلك. وجاهر الوزير محمد بن عبد الملك لسائر ولاة الشُّرَط بالعَداوة، فكُشفوا وحُبسوا ولقوا جهدًا عظيمًا. وجلس إسحاق بن إبراهيم للنظر في أمرهم، وأقيموا للناس، وافتضحوا فضيحة بليغة. وكان سببُ ذلك أنَّ الواثق جلس ليلةً في دار الخلافة يُسمَر عنده، فقال: هل منكم أحدٌ يعلم سبب عقوبة جدّي الرشيد للبرامكة؟ فقال بعض الحاضرين: نعم يا أميرَ المؤمنين! كان سبب ذلك: أنَّ الرشيد عُرضت عليه جارية، فأعجبه جمالُها، فساوم سيدَها فيها، فقال: يا أميرَ ألمؤمنين! إني أقسمت [بكل يمين] (٤) ألا أبيعَها بأقلَّ من مئة ألف دينار، فاشتراها منه بها، وبعث إلى يحيى بن خالد الوزير ليبعث بها إليه من بيت المال، فاعتلَّ بأنها ليست عنده، فأرسل الرشيد يؤنِّبُه، ويقولُ: أليس في بيت مالي مئة ألف دينار؟ وألحَّ في طلبها، فقال يحيى بن خالد: أرسلوها إليه دراهِمَ ليستكثر ذلك، ولعلَّه يردُّ الجارية، فبعثوا بمئة ألف دينار دراهمَ، فقال: ما هذا؟ قالوا: ثمن الجارية، فاستكثر ذلك، وأمرَ بخزنها عند بعض خدمه في دار الخلافة، وأعجبَه جمعُ المال في حواصله. ثم شَرَعَ في تتبُّع أموال بيت المال، فإذا البرامكة قد استهلكوه، فجعل يهمُّ بأخذهم تارة، ويحجم أخرى، حتى كان في بعض الليالي سمر عنده رجلٌ يقال له: أبو العود، فأطلق له ثلاثين ألف درهم، فذهب إلى الوزير يحيى بن خالد بن برمك، فماطله بها مدة طويلة. فلمَّا كان في بعض الليالي عرض أبو العود ذلك للرشيد بقول عمر بن أبي ربيعة (٥) : وَعَدَتْ هِنْدٌ وما كانتْ تَعِدْ … لَيْتَ هِنْدًا أنْجَزَتْنا ما تَعِدْ واسْتَبَدَّتْ مَرَّة واحِدَةً … إنَّما العاجِزُ مَن لا يَسْتَبِدّ
(١) يحيى بن عبد الحميد بن عبد الرحمن بن ميمون بن عبد الرحمن، أبو زكريا الحِمَّاني الكوفي. حافظ، إلا أنهم اتهموه بسرقة الحديث. سير أعلام النبلاء (١٠/ ٥٢٦)، تقريب التهذيب (٢/ ٣٥٢). (٢) في الطبري وابن الأثير: الكتَّاب. (٣) بعده في ط: لظهور خيانتهم وإسرافهم في أمورهم. (٤) زيادة في ب، ظا، ط. (٥) ديوانه (ص ١٠١) ط. صادر، مع خلاف في الرواية.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies