Il fréquenta les savants et était réputé pour sa finesse d’esprit, sa bonne moralité et sa noblesse de caractère. Ahmad ibn Abî Tâhir et d’autres ont rapporté de lui des récits transmis avec chaîne de transmission.
Le cadi Ibn Khallikân (1) a déclaré : « Il mémorisait quatorze mille (2) poèmes en vers rajaz de la littérature arabe, sans compter les longues qaṣîdas, les courts extraits et d’autres formes poétiques. »
On disait : « La tribu de Ṭayyʾ compte trois figures : Ḥâtim pour sa générosité, Dâwud aṭ-Ṭâ’î (3) pour son ascétisme et Abû Tammâm pour sa poésie. »
Je dis : À son époque, il y avait plusieurs poètes, parmi lesquels on compte notamment Abû ash-Shîṣ (4), Diʿbil ibn ʿAlî et Ibn Abî Fanan (5). Abû Tammâm était l’un des meilleurs d’entre eux par sa piété, sa culture littéraire et ses bonnes mœurs.
On trouve parmi ses vers délicats (6) :
« Ô allié de la libéralité, source (7) de munificence,
Et le meilleur de ceux à qui est échu (8) le chant poétique.
Puisses-tu me transmettre ta fièvre, et qu’ainsi la récompense te revienne :
Tu ne t’en plaindrais point, tandis que moi je serais alors le malade. »
Al-Khaṭîb (9), citant Ibrâhîm ibn Muḥammad ibn ʿArafa, rapporte qu’Abû Tammâm décéda en l’an 228, avis partagé par Ibn Jarîr (10). Certains relatent qu’il mourut en l’an 231 (11). D’autres encore disent qu’il mourut en 232 (12). Dieu sait mieux.