Ibn Jarîr (1) a dit : « Au cours de cette année, moururent Abû al-Ḥasan al-Madâ’inî dans la demeure d’Isḥâq ibn Ibrâhîm al-Mawṣilî, ainsi que Ḥabîb ibn Aws al-Ṭâ’î, Abû Tammâm le poète. »
J’ai dit : Pour ce qui est d’Abû al-Ḥasan, ʿAlî ibn Muḥammad al-Madâ’inî, il s’agit de l’un des maîtres de cette discipline et du plus éminent des historiographes de son temps. Nous avons déjà (2) mentionné sa mort avant cette date, et Dieu sait mieux.
Quant à Abû Tammâm al-Ṭâ’î (3), le poète à l’origine du recueil intitulé « Ḥamâsa », qu’il compila durant l’hiver à Hamadhân dans la demeure du vizir de la ville, il s’agit bien de Ḥabîb ibn Aws ibn al-Ḥârith ibn Qays ibn al-Ashajj ibn Yaḥyâ ibn Marînâ ibn Sahm ibn Khuljân ibn Marwân ibn Dufâfa ibn Marr ibn Saʿd ibn Kâhil ibn ʿAmr ibn ʿAdî ibn ʿAmr ibn al-Ḥârith ibn Ṭayy’, c’est-à-dire Jülhuma ibn Add ibn Zayd ibn Yashjub ibn ʿArîb ibn Zayd ibn Kahlān ibn Sabaʾ ibn Yashjub ibn Yaʿrub ibn Qaḥṭân (4). C’est Abû Tammâm al-Ṭâ’î, le fameux poète et littérateur.
Al-Khaṭîb (5) rapporte d’après Muḥammad ibn Yaḥyâ al-Ṣûlî qu’il fut dit par certains qu’Abû Tammâm se serait appelé Ḥabîb ibn Tadûs le chrétien, et qu’il aurait substitué Abû Tammâm (6) Aws à Tadûs. Ibn Khallikân (7) déclare qu’il est originaire du village de Jâsim, dépendant du district d’al-Jaydûr près de Ṭabariyya (Tibériade). Il fut à Damas, où il travaillait chez un tisserand, puis il se rendit (8) en Égypte dans sa jeunesse.
Ibn Khallikân a tiré cette information de l’Histoire de l’hâfiẓ Ibn ʿAsâkir (9), qui a rédigé à son sujet une bonne biographie. Al-Khaṭîb al-Baghdâdî (10) rapporte qu’il était d’origine syrienne. Dans sa jeunesse, il se trouva en Égypte, où il portait de l’eau dans la grande mosquée, avant de fréquenter les gens de lettres et d’apprendre auprès d’eux. Il était vif d’esprit et sagace, passionné de poésie, à laquelle il s’adonna sans relâche jusqu’à ce qu’il composât des vers excellents, bientôt diffusés partout. Al-Muʿtaṣim entendit parler de lui et le fit venir à Sāmarrāʾ. Il lui adressa alors des poèmes, pour lesquels al-Muʿtaṣim le gratifia de ses faveurs et le distingua des poètes de son époque. Abû Tammâm arriva ainsi à Bagdad, où il côtoya les gens de lettres.