Parmi ceux qui décédèrent cette année, parmi les personnalités célèbres, figure le roi des Romains, Tûfîl ibn Mîkhâ’îl. Son règne dura douze ans, puis son épouse Tadûra régna après lui, alors que son fils, Mîkhâ’îl ibn Tûfîl, était encore jeune (1).
Et au cours de cette même année mourut Bichr al-Hâfî, l’ascète renommé (2). Il s’agit de Bichr ibn al-Hârith ibn ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Atâ’ ibn Hilâl ibn Mâhân ibn ‘Abd Allâh al-Marwazî, Abû Nasr l’ascète, connu sous le surnom « al-Hâfî », résident à Bagdad. Ibn Khallikân (3) rapporte que son grand-père s’appelait ‘Abd Allâh al-Ghayûr, et qu’il se serait converti à l’islam par l’intermédiaire de ‘Alî ibn Abî Tâlib. J’ajoute qu’il naquit à Bagdad en l’an 150 et y entendit nombre de hadiths auprès de Hammâd ibn Zayd, ‘Abd Allâh ibn al-Mubârak, Ibn Mahdî, Mâlik, Abû Bakr ibn ‘Ayâsh et d’autres. Plusieurs personnes transmirent de lui, parmi lesquelles Abû Khaythama Zuhayr ibn Harb, Sarî al-Saqatî, al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-‘Azîm et Muhammad ibn Hâtim.
Muhammad ibn Sa‘d (4) affirme qu’il a acquis beaucoup de connaissances, puis s’est consacré à l’adoration, s’éloignant des gens et s’abstenant de transmettre (des hadiths). Plus d’un imam a fait son éloge pour sa piété, son ascétisme, sa crainte révérencielle, sa dévotion et sa vie austère. On rapporte qu’Imâm Ahmad, lorsqu’il apprit sa mort, déclara : « Il n’avait pas d’équivalent, hormis ‘Âmir ibn ‘Abd Qays. S’il s’était marié, il aurait pleinement accompli sa destinée (5). »
Quant à Ibrâhîm al-Harbî, il dit : « Bagdad n’a jamais produit un homme à l’esprit plus parfait ni plus attentif à garder le silence que lui : on ne lui connut jamais de médisance envers un musulman. Il avait de la raison dans chaque poil (6). Si l’on distribuait sa sagesse aux habitants de Bagdad, ils deviendraient tous sensés et il n’en perdrait rien de son propre esprit (7). »