Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il saisit son corps de sa main, et l’on entendit alors le bruit de ses os sous sa poigne. Puis il le relâcha, et l’homme tomba mort. Il ordonna ensuite qu’on remît le garçon à sa servante (1).

Lorsqu’il accéda au califat, il se montra courageux en son temps, doté d’une ambition élevée et jouissant d’une très grande autorité. Certains affirmèrent qu’il orientait son effort [en matière de dépense] (2) uniquement vers la guerre, et non vers la construction ou d’autres domaines.

Le cadi Aḥmad ibn Abī Du’ād raconta : « Al-Muʿtaṣim a versé l’aumône par mon intermédiaire, et il fit don de biens valant cent mille fois mille dirhams (3). » D’autres dirent : « Lorsqu’al-Muʿtaṣim se mettait en colère, il ne se souciait ni de qui il tuait ni de ce qu’il faisait (4). »

Ishāq ibn Ibrāhīm al-Mawṣilī raconta : « Un jour, j’entrai auprès d’al-Muʿtaṣim alors qu’une chanteuse était en train de chanter pour lui. Il me demanda : “Qu’en penses-tu ?” Je répondis : “Ô Commandeur des Croyants ! Je la vois te dominer par son habileté, t’enjôler avec douceur. Elle ne sort d’un motif que pour en aborder un autre encore plus beau, et, dans sa voix, il y a des fragments de perles épars, plus sublimes qu’un rang de perles ornementales.” Il me dit : “Par Dieu, ce que tu en as décrit est plus beau qu’elle et que son chant !” Puis il s’adressa à son fils, Hārūn al-Wāthiq, son héritier : “Écoute ces paroles.” (5)”

Il avait recruté parmi les Turcs une foule considérable, comptant près de vingt mille mamelouks. Il disposait aussi d’un équipement militaire et de montures comme nul autre n’en avait eu.

Lorsque sa mort fut proche, il se mit à dire : « Jusqu’à ce qu’ils se réjouissent de ce qui leur est accordé, Nous les saisissons à l’improviste » [Sourate al-Anʿām, verset 44]. Puis il ajouta : « Si j’avais su que ma vie serait courte, je n’aurais pas agi ainsi. » Il dit encore : « C’est ici, au milieu de ces foules, que l’on vient me saisir. » Il ne cessait de répéter : « Les stratagèmes sont épuisés ; il n’y a plus de ruse. »

On rapporte qu’au cours de la maladie qui l’emporta, il déclara : « Ô Dieu, j’ai peur de Toi à cause de moi-même, non de Toi ; et j’espère tout de Toi, non de moi (6). »

Il mourut à “Surr Man Raʾā” (Samarra) un jeudi, durant la matinée, le dix-septième jour de Rabīʿ al-Awwal de cette année-là, c’est-à-dire en l’an 227 de l’Hégire. Il était né un lundi, le dixième jour de Shaʿbān de l’an 180 de l’Hégire, et il accéda au califat au mois de Rajab de l’an 218 de l’Hégire.

(1) Source précédent. (2) Addition en B, Zā, Ṭ. (3) Tārīkh al-Ṭabarī (vol. 9, p. 123). (4) Al-Ṭabarī (vol. 9, p. 121) et Ibn al-Athīr (vol. 6, p. 526). (5) Tārīkh al-Ṭabarī (vol. 9, p. 122) et Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 10, p. 313). (6) Tārīkh Baghdād (vol. 3, p. 346) et Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 10, p. 306).
جسده بيده، فسُمع صوتُ عظامه من تحت يده، ثم أرسلَه، فسقَطَ ميتًا، وأمر بإخراج الصبيّ إلى أمة (١) . ولمَّا ولي الخلافة كان شَهْمًا في أيامه، له همة عالية، ومهابة عظيمة جدًا. وقال بعضهم: إنما كانت همته [في الإنفاق] (٢) في الحرب لا في البناء ولا في غيره. وقال القاضي أحمد بن أبي دُواد: تصدَّقَ المعتصم على يديَّ، وهب ما قيمته مئة ألف ألف درهم (٣) . وقال غيره: كان المعتصم إذا غضبَ لا يبالي مَنْ قَتَل ولا ما فعل (٤) . وقال إسحاق بن إبراهيم الموصلي: دخلتُ يومًا على المعتصم وعنده قَيْنةٌ له تغنيه، فقال لي: كيف تراها؟ فقلت: يا أمير المؤمنين! أراها تقهَرُه بحِذْقٍ، وتختله برِفقٍ، ولا تخرُجُ من شيء إلا إلى أحسنَ منه، وفي صوتها قطع شُذُور أحسنُ من نظم الدُّرِّ على النُّحور. فقال: واللَّه لَصِفَتُكَ لها أحسنُ منها ومن غنائها، ثم قال لابنه هارون الواثق وليّ عهده من بعده: اسمع هذا الكلام (٥) . وقد استخدم من الأتراك خَلْقًا عظيمًا، كان له من المماليك قريبٌ من عشرين ألفًا. وتمَّ له من آلات الحرب والدواب ما لم يتفق لغيره. ولمَّا حضرته الوفاةُ جعل يقول: ﴿حَتَّى إِذَا فَرِحُوا بِمَا أُوتُوا أَخَذْنَاهُمْ بَغْتَةً﴾ [الأنعام: ٤٤] . وقال: لو علمت أن عمري قصيرٌ ما فعلْتُ ما فعلْتُ. وقال: إني أوخذ من بين هذا الخلق. وجعل يقول: ذهبَت الحيل، فليست حيلة. ورُوي عنه أنه قال في مرض موته: اللَّهُمَّ إني أخافُكَ مِنْ قِبَلى ولا أخافُكَ مِن قِبَلِك، وأرجوك من قِبَلِك، ولا أرجُوكَ مِن قِبَلِي (٦) . وكانت وفاته "بسرَّ مَنْ رأى" في يوم الخميس ضحّى لسبعَ عشرةَ خَلَتْ من ربيع الأول من هذه السنة، أعني سنة سبعٍ وعشرين ومئتين، وكان مولده يوم الإثنين لعشر خلون من شعبان سنة ثمانين ومئة، وولي الخلافة في رجب سنة ثماني عشرة ومئتين.
(١) المصدر السابق. (٢) زيادة في ب، ظا، ط. (٣) تاريخ الطبري (٩/ ١٢٣). (٤) الطبري (٩/ ١٢١)، وابن الأثير (٦/ ٥٢٦). (٥) تاريخ الطبري (٩/ ١٢٢)، وسير أعلام النبلاء (١٠/ ٣١٣). (٦) تاريخ بغداد (٣/ ٣٤٦)، سير أعلام النبلاء (١٠/ ٣٠٦).

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