Il est rapporté qu’il frappa deux hommes — un imâm et un muezzin — chacun de mille coups de fouet, parce qu’ils avaient démoli un temple d’idoles et l’avaient transformé en mosquée. Il détenait également le livre « Kalîla et Dimna », dans lequel se trouvait de la mécréance, orné de pierreries et d’or ; il s’en excusa en affirmant qu’il l’avait hérité de son père.
On l’accusa aussi de recevoir des lettres des Persans (1), qui l’interpellaient en écrivant : « Au Dieu des dieux, de la part de ses serviteurs », et qu’il les laissait faire. Il se justifia en disant qu’il ne faisait que suivre l’usage établi avec ses pères et ses aïeux, et qu’il craignait de perdre leur estime s’il leur commandait de s’en abstenir.
Alors le vizir lui dit : « Malheur à toi ! Si tu laisses passer pour Pharaon (2) lorsqu’il a dit : “Je suis votre Seigneur le Très-Haut” [An-Nâzi‘ât : 24]… » Il se disait encore qu’il écrivait à al-Mâzyâr afin qu’il se révoltât, qu’il le soutenait au point de l’encourager à rétablir l’ancienne religion des mages et à la faire dominer sur les Arabes, les Maghrébins et les Turcs. On rapporta également qu’il préférait la viande étouffée à la viande égorgée et que, chaque mercredi, il faisait venir une brebis noire, la coupait en deux d’un coup d’épée, marchait entre les deux moitiés, puis la consommait.
Après tout cela, al-Mu‘taṣim ordonna à Bughã le Grand de le traîner en prison, humilié et abaissé. Celui-ci répétait : « Je ne m’attendais certes pas à cela de votre part. »
La même année, ‘Abd Allâh ibn Ṭâhir emmena al-Ḥasan ibn al-Afshîn et son épouse, Uturajja bint Ashnâs, à Sâmarrâ. Cette année-là, la conduite du pèlerinage fut confiée à Muḥammad ibn Dâwud.
Au cours de cette même année, parmi les notables, moururent Aṣbaġ ibn al-Faraǧ (5), Sa‘dûwayh (6) et Muḥammad ibn Salâm al-Baykandî (7).