Mohammed ibn al-Fadl, Abou an-Nou‘mân as-Sadousi, surnommé ‘Ârim, maître d’al-Boukhârî (1),
Mohammed ibn ‘Isâ ibn at-Tabbâ‘ (2),
et Yazîd ibn ‘Abd Rabbihi al-Jourjouci al-Himsi, son maître de son temps (3).
[Puis vint l’année 225 (de l’Hégire)]
Cette année-là, Boughâ al-Kabîr entra, accompagné de Mankajour, qui avait donné son allégeance sous promesse de sécurité.
La même année, al-Mo‘tasim démit Ja‘far ibn Dînâr de la vice-royauté du Yémen, se mit en colère contre lui (4) et nomma à sa place Îtâkh au Yémen.
La même année encore, ‘Abd Allâh ibn Tâhir envoya al-Mâziyâr, qui arriva à Bagdad monté sur un mulet pourvu d’un bât (5) le cinquième jour de Dhou al-Qa‘da. Al-Mo‘tasim le fit fouetter devant lui de quatre cent cinquante coups, puis on le força à boire de l’eau jusqu’à ce qu’il meure (6). Il ordonna qu’on le crucifie près de Bâbak al-Khorramî. Sous la torture, cet homme reconnut qu’al-Afshîn correspondait avec lui et l’encourageait à renier son obéissance. Al-Mo‘tasim se mit alors en colère contre al-Afshîn et ordonna son incarcération. On lui fit bâtir, dans la résidence du calife, un lieu en forme de minaret appelé «Loulou’a», juste assez grand pour l’y enfermer seul. Cela se produisit lorsque le calife fut convaincu qu’al-Afshîn projetait de le contester et de se soulever contre lui, en prévoyant de se rendre en pays khazar (7) pour rallier leurs forces contre les musulmans. Le calife le fit arrêter avant qu’il n’exécute ses plans.
Al-Mo‘tasim convoqua alors une assemblée présidée par son cadi, Ahmad ibn Dou’âd (8) al-Mu‘tazili, son vizir Mohammed ibn ‘Abd al-Malik ibn az-Zayyât et son gouverneur Ishâq ibn Ibrâhîm ibn Mous‘ab. Dans cette assemblée, on accusa al-Afshîn de plusieurs faits indiquant qu’il restait attaché à la religion de ses ancêtres perses, notamment qu’il n’était pas circoncis. Il prétexta avoir redouté la douleur de l’opération. Le vizir, qui menait le débat, lui répliqua : «Toi qui combats à la lance dans les guerres sans craindre leurs coups, comment peux-tu prétendre redouter la douleur d’une circoncision ?»