Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Khatîb al-Baghdâdî rapporta (1) : « Ibrâhîm ibn al-Mahdî possédait de hautes vertus, une vaste culture littéraire et faisait preuve d’une grande générosité. Il était connu pour son talent de chanteur et y excellait. »

Al-Khatîb mentionna aussi (2) qu’en raison de la pénurie de fonds dont souffrait Ibrâhîm ibn al-Mahdî durant son califat à Bagdad, les Bédouins l’avaient pressé de verser leurs soldes, tandis qu’il les faisait patienter. Il leur envoya alors un messager pour leur dire qu’il n’avait pas d’argent ce jour-là, si bien que l’un d’eux s’écria : « Que le calife sorte et chante trois morceaux pour les gens de ce côté-ci, et trois autres pour ceux de l’autre côté. »

À ce propos, Diʿbil ibn ʿAlî, poète du calife al-Maʾmûn, composa les vers suivants pour blâmer Ibrâhîm ibn al-Mahdî (3) :

« Ô gens du désert, ne vous méprenez pas…
Prenez vos dons et ne vous irritez point.
Il vous offrira bientôt un “Ḥunaynīyya”,
Qui ne peut ni se mettre en bourse, ni s’attacher.
Et des “Maʿbadîyât” pour vos commandants…
Personne là-dedans n’y trouve avantage.
Voilà comment il pourvoit aux besoins de ses hommes :
Un calife dont le “muṣḥaf” est le luth. »

Plus tard, Ibrâhîm ibn al-Mahdî écrivit à son neveu al-Maʾmûn, après s’être caché longtemps : « Celui qui a le droit de se venger est enclin à faire appliquer la loi du talion, mais le pardon est plus proche de la piété. Dieu a placé le Commandeur des Croyants au-dessus de tout être miséricordieux, comme Il a placé tout pécheur au-dessous de lui. S’il pardonne, c’est par sa magnanimité ; s’il punit, c’est par sa justice (7). »

Al-Maʾmûn répondit en marge : « La toute-puissance fait disparaître la rancune, et le repentir est déjà un regret suffisant. Le pardon de Dieu est plus vaste que toute chose (8). »

Lorsque Ibrâhîm se présenta finalement devant lui, il déclama (9) :

« Si j’ai péché, c’est qu’il m’a manqué la chance …
Alors cesse donc tes trop nombreux reproches.
Dis plutôt, comme Joseph le dit aux fils de Jacob lorsqu’ils vinrent à lui : “Nulle récrimination…” »

Et al-Maʾmûn de répondre : « Nulle récrimination. »

(1) Taʾrīkh Baghdād, vol. 6, p. 144. (2) Taʾrīkh Baghdād, vol. 6, p. 144. (3) Son Dīwān, p. 175, avec une légère variation dans la transmission. (4) « Ḥanīnīyah » : dérivé de Ḥunayn al-Ḥayrī, le chanteur. (5) « al-Maʿbadīyāt » : dérivé de Maʿbad al-Yaqṭanī, le chanteur. Et « yugbaṭ » signifie « il se réjouit ». (6) « al-Barbaṭ » : le ʿūd, arabisé. Les Arabes l’appellent : al-Mizhar. (7) Taʾrīkh Baghdād, vol. 6, p. 144, et Mukhtaṣar Ibn ʿAsākir, vol. 4, p. 126. (8) Source précédente. (9) Les deux vers dans Taʾrīkh Baghdād, vol. 6, p. 145, et Mukhtaṣar Ibn ʿAsākir, vol. 4, p. 133.
قال الخطيب البغدادي (١) : وقد كان إبراهيم بن المهدي وافرَ الفَضْل، غزيرَ الأدبِ، واسعَ النفس، سخيَّ الكف، وكان معروفًا بصنعة الغناء، حاذقًا بها. وذكر الخطيب (٢) أنَّه قلَّ المال على إبراهيم بن المهدي في أيام خلافته ببغداد، فألحَّ الأعرابُ عليه في أخذ أعطياتهم، فجعل يُسَوف بهم، فخرج إليهم رسوله يقول: إنه لا مالَ عنده اليومَ، فقال بعضهم: فَلْيَخرج الخليفةُ إلينا فَلْيُغَنِّ لأهل هذا الجانب ثلاثة أصوات، وللجانب الآخر ثلاثة أصوات. فقال في ذلك دِعْبِلُ بن عليٍّ شاعرُ المأمون يذمُّ إبراهيمَ بن المهدي في ذلك (٣) : يا مَعْشَرَ الأعرابِ لا تغلَطوا … خُذُوا عَطاياكُمْ ولا تَسْخَطُوا فَسَوْفَ يُعطيكُمْ حُنَيْنِيَّةْ (٤) … لا تَدْخُلُ الكِيسَ ولا تُرْبَطُ والمَعْبدِيَّاتُ لِقُوَّادكُمْ … وما بهذا أحدٌ يُغبَطُ (٥) فهكذا يَرْزُقُ أصحابَهُ … خَليفَةٌ مُصْحَفُه البَرْبَطُ (٦) وكتب إبراهيم بن المهدي إلى ابن أخيه المأمون حين طال عليه الاختفاء: وليُّ الثَّأْرِ مُحَكَمٌ في القصاص، والعفو أقربُ للتقوى، وقد جعل اللَّهُ أميرَ المؤمنين فوقَ كُل ذي عفوٍ، كما جَعَلَ كلَّ ذي ذنْبٍ دونه، فإن عفا فبفضله، وإن عاقب فبحقِّه (٧) . فوقَّع المأمون في جواب ذلك: القدرةُ تُذهِبُ الحفيظةَ، وكفَى بالنَّدم إنابةً، وعفو اللَّهِ أوسَعُ من كُلِّ شيءٍ (٨) . ولمَّا دخل إبراهيم عليه، أنشأ يقولُ (٩) : إن أكن مُذْنِبًا فحظِّيَ أخطأ … تُ فَدَعْ عَنْكَ كَثْرَةَ التَّأْنِيبِ قلْ كما قالَ يُوسف لِبَني يَعْـ … ـقُوبَ لمَّا أتَوْهُ: لا تَثْرِيب فقال المأمون: لا تثريب.
(١) تاريخ بغداد (٦/ ١٤٤). (٢) تاريخ بغداد (٦/ ١٤٤). (٣) ديوانه (ص ١٧٥) مع اختلاف يسير في الرواية. (٤) "حنينيّة": نسبة إلى حُنين الحيري المغنِّي. (٥) "المَعبديات": نسبة إلى معبد اليقطني المغنِّي. و"يُغبط": يُسَرُّ. (٦) "البَربط": العُودُ، معرب. والعرب تسميه: المِزهر. (٧) تاريخ بغداد (٦/ ١٤٤)، ومختصر ابن عساكر (٤/ ١٢٦). (٨) المصدر السابق. (٩) البيتان في تاريخ بغداد (٦/ ١٤٥)، ومختصر ابن عساكر (٤/ ١٣٣).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies