Mohammad ibn Sinān al-‘Awqī (1), ainsi que Mūsā ibn Ismā‘īl (2).
[Puis débuta l’année deux cent vingt-quatre (224).]
En cette année : Un homme se souleva à Āmul (3), dans le Ṭabaristān, nommé Māziyār ibn Qārin ibn Wandā Hurmuz. Il refusait d’envoyer le tribut (4) au gouverneur du Khorassan, ‘Abd Allāh ibn Ṭāhir ibn al-Ḥusayn, préférant l’adresser directement au calife pour qu’il le perçoive de lui. Le calife dépêcha donc un émissaire pour récupérer le tribut en un certain lieu, puis le transmettre à ‘Abd Allāh ibn Ṭāhir. Ensuite, Māziyār s’empara de ces territoires et afficha son opposition à al-Mu‘taṣim.
Ce Māziyār faisait aussi partie de ceux qui correspondaient avec Bābak al-Khurramī et lui promettaient leur soutien. On raconte que celui qui l’encouragea à se rebeller fut l’Afshīn, afin d’affaiblir ‘Abd Allāh ibn Ṭāhir et pousser al-Mu‘taṣim à le nommer, lui, à la tête du Khorassan. C’est pourquoi al-Mu‘taṣim dépêcha contre lui Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn Muṣ‘ab, frère d’Isḥāq ibn Ibrāhīm, à la tête d’une puissante armée. Il y eut entre eux de longs affrontements, dont Ibn Jarīr (6) a fait un récit détaillé. Finalement, Māziyār fut capturé et conduit auprès de ‘Abd Allāh ibn Ṭāhir, qui l’interrogea au sujet des lettres que l’Afshīn lui avait envoyées. Māziyār les reconnut. On l’expédia alors vers le commandeur des croyants, accompagné d’une très grande quantité d’or, de bijoux et d’étoffes qui avaient été saisis. Présenté devant le calife, il fut à nouveau interrogé au sujet de la correspondance de l’Afshīn, mais il nia tout. Le calife ordonna qu’on le frappe de coups de fouet jusqu’à ce que mort s’ensuive. Son corps fut ensuite crucifié à côté de celui de Bābak al-Khurramī sur le pont de Bagdad. Les principaux partisans et fidèles de Māziyār furent également exécutés.
La même année, al-Ḥasan, fils de l’Afshīn, épousa Atruja, la fille d’Ashnās. Il consomma son mariage avec elle dans le palais d’al-Mu‘taṣim à Sāmarrā, pendant le mois de Ǧumāda. Ce fut une célébration grandiose, présidée en personne par le commandeur des croyants, al-Mu‘taṣim. On raconte même qu’on teintait alors la barbe des gens du peuple avec du ghāliya (7).