Lorsque l’on convint de l’attendre au défilé étroit du chemin à son retour, puis qu’ils revinrent, al-Muʿtaṣim prit connaissance de l’affaire. Il ordonna alors de renforcer la surveillance et de renforcer la garde, prit des dispositions fermes, redoubla de détermination, et fit venir al-Ḥārith as-Samarqanḍī. Il s’en enquit et celui-ci avoua clairement la réalité de la situation : il avait prêté serment d’allégeance à al-ʿAbbās ibn al-Maʾmūn, en compagnie de plusieurs émirs dont il donna les noms. Al-Muʿtaṣim trouva leur nombre élevé, puis fit appeler son neveu al-ʿAbbās ibn al-Maʾmūn ; il le fit enchaîner, se mit en colère contre lui et le couvrit d’humiliations, avant de prétendre qu’il s’était finalement apaisé et qu’il le pardonnait. Il le libéra donc de ses fers et le relâcha. Pourtant, la nuit venue, il le convoqua dans ses appartements de beuverie, l’emmena à part jusqu’à ce qu’il l’ait fait boire, et l’interrogea en détail sur ce qu’il avait tramé. Al-ʿAbbās lui expliqua alors toute l’affaire et lui raconta ce qui s’était passé, et ce fut conforme à ce que lui avait rapporté al-Ḥārith as-Samarqanḍī.
Le lendemain, al-Muʿtaṣim fit revenir al-Ḥārith, l’emmena à l’écart et l’interrogea de nouveau sur l’affaire ; celui-ci la lui répéta telle qu’il l’avait déjà exposée la première fois. Al-Muʿtaṣim lui dit : « Malheur à toi ! J’étais empressé de réaliser cela, mais je n’ai trouvé aucune issue pour y parvenir, et c’est grâce à la sincérité de tes révélations au sujet de cette affaire. » Ensuite, al-Muʿtaṣim ordonna qu’on enchaînât de nouveau son neveu al-ʿAbbās et qu’on le remît à l’Afshīn. Il fit également arrêter ʿUjayf et le reste de ceux qui avaient été cités parmi les émirs, de sorte qu’ils furent tous encerclés. Puis il mit à exécution diverses formes de vengeance, tuant chacun d’eux de manières différentes. Al-ʿAbbās ibn al-Maʾmūn mourut à Manbidj, où il fut enterré. Son décès fut provoqué par une faim intense, suivie de l’apport d’une grande quantité de nourriture dont il mangea. Lorsqu’il réclama de l’eau, on la lui refusa jusqu’à ce qu’il meure. Al-Muʿtaṣim ordonna qu’on le maudît depuis les chaires, et il le qualifia de “maudit”. Il fit également exécuter plusieurs personnes de la descendance d’al-Maʾmūn (1).
Cette même année, la prise dʾʿAmmūriyya eut lieu comme nous l’avons déjà indiqué. Et la même année, la conduite du pèlerinage fut confiée à Muḥammad ibn Dāwūd.
Parmi les notables décédés cette année-là, on compte : Bābak al-Khurramī, qui fut tué et crucifié ainsi que nous l’avons déjà relaté en détail ; Khālid ibn Khidāsh (2) ; et ʿAbd Allāh ibn Ṣāliḥ, le secrétaire d’al-Layth [ibn Saʿd] (3).