Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Là, ils mirent le feu à la porte de l’église et tous ceux qui s’y trouvaient furent brûlés jusqu’au dernier. Il ne resta aucun lieu fortifié, hormis celui où se trouvait le gouverneur, qui était Yâṭis, retranché dans une forteresse imprenable.

Alors al-Muʿtaṣim enfourcha son cheval et s’approcha jusqu’à se tenir face à la forteresse dans laquelle se trouvait Yâṭis. Le crieur l’appela en disant : « Malheur à toi, ô Yâṭis ! Voici l’Émir des croyants devant toi. » Il répondit deux fois : « Yâṭis n’est pas ici. » Al-Muʿtaṣim se mit alors en colère, se retourna et s’éloigna. Yâṭis s’écria : « C’est Yâṭis ! C’est Yâṭis ! », si bien que le calife revint, fit dresser des échelles contre la forteresse, et les émissaires y grimpèrent. Ils dirent à Yâṭis : « Malheur à toi ! Descends et rends-toi au jugement de l’Émir des croyants. » Il refusa d’abord, puis finit par descendre, le sabre au côté. On ôta l’arme de son cou, puis on l’amena pour le placer devant al-Muʿtaṣim, qui le frappa du fouet sur la tête. Ensuite, il ordonna qu’on le fasse marcher jusqu’au pavillon du calife. Yâṭis partit donc, humilié, jusqu’à la tente où résidait le calife, et il y fut entravé.

Les musulmans saisirent à ʿAmmūriyya d’immenses richesses et d’innombrables butins. Ils emportèrent tout ce qui pouvait l’être, et al-Muʿtaṣim ordonna de brûler le reste, ainsi que les mangonneaux, les béliers, et tout autre équipement de guerre, afin que les Byzantins ne puissent plus s’en servir contre les musulmans. Puis [al-Muʿtaṣim] se retira en direction de Ṭarsūs à la fin du mois de Shawwâl de cette année. Il avait séjourné à ʿAmmūriyya pendant cinquante-cinq jours.

[À propos de la mise à mort d’al-ʿAbbâs ibn al-Ma’mûn]

Al-ʿAbbâs ibn al-Ma’mûn se trouvait avec son oncle al-Muʿtaṣim dans la campagne de ʿAmmūriyya. ʿUjaïf ibn ʿAnbasa l’avait convaincu qu’il avait eu tort de ne pas revendiquer le califat à la mort de son père al-Ma’mûn, décédé à Ṭarsūs. Il le blâmait aussi d’avoir prêté allégeance à son oncle al-Muʿtaṣim et ne cessa de le persuader jusqu’à ce qu’al-ʿAbbâs se décide à assassiner son oncle et à recueillir le serment d’allégeance des émirs en sa faveur.

Il envoya alors un homme nommé al-Ḥârith as-Samarqandî, qui était un proche d’al-ʿAbbâs, afin qu’il obtienne secrètement le serment d’allégeance d’un groupe d’émirs. Il se porta garant auprès d’eux et leur donna pour consigne que, si jamais al-ʿAbbâs en venait à tuer son oncle, chacun d’eux s’emploie à tuer l’une des principales figures du camp d’al-Muʿtaṣim, comme al-Afshîn, Ashnâs et d’autres grands personnages. Lorsque la troupe traversa la frontière byzantine pour se diriger vers Anqara (Ankara), puis vers ʿAmmūriyya, ʿUjaïf conseilla à al-ʿAbbâs de tuer son oncle dans ce passage étroit, de prendre pour lui l’allégeance et de repartir à Bagdad.

Al-ʿAbbâs répondit : « Je n’aime pas interrompre ici la campagne des gens. » Mais, une fois ʿAmmūriyya conquise et les hommes occupés à répartir le butin, ʿUjaïf lui suggéra alors de passer à l’acte

(1) Dans al-Tabarī : Ṣāliḥ al-Rūm. (2) Dans le manuscrit : « il le frappa », et dans al-Tabarī : « il le ceignit d'un fouet ». (3) Addition tirée de Ṭ. (4) Dans A et Ṭ : vingt-cinq jours, et ce qui est attesté dans B, Ẓ, al-Tabarī et Ibn al-Athīr. (5) Les récits de la conquête de ʿAmmūrīyah dans l’Histoire d’al-Tabarī (9/57-70) et dans al-Kāmil d’Ibn al-Athīr (6/480-488). (6) Dans A : qu’il succède à ce qui précédait son oncle, alors lavez-le ; et ce qui est attesté dans B, Ẓ.
فيها، وأحرقوا عليهم باب الكنيسة فأحرقوا عن آخرهم، ولم يبق فيها موضعٌ محصَّن سوى المكان الذي فيه النائب، وهو ياطس في حصن منيع، فركب المعتصم فرسه وجاء حتى وقف بحذاء الحصن الذي فيه ياطس فناداه المنادي: ويحك يا ياطس! هذا أمير المؤمنين واقف تجاهك. فقال: ليس ياطس هاهنا، مرتين. فغضب المعتصم من ذلك وولى، فنادى (١) ياطس: هذا ياطس، هذا ياطس! فرجع الخليفة ونصبَ السلالم على الحصن، وطلعت الرسل إليه، فقالوا له: ويحك! انزل على حكم أمير المؤمنين. فتمنَّع، ثم نزل متقلِّدًا سيفًا، فوضع السيف من عنقه، ثم جيء به حتى أوقف بين يدي المعتصم فضرب (٢) بالسوط على رأسه، ثم أمر به أن يمشي إلى مِضْرَب الخليفة، فمشى مهانًا إلى الوطاق الذي فيه الخليفة نازل، فأوثق هناك. وأخذ المسلمون من عَمُّوريَّة أموالًا عظيمة وغنائم لا تحدُّ ولا تُوصف، فحملوا ما أمكن حمله، وأمر المعتصم بإحراق ما بقي من ذلك، وبإحراق ما هنالك من المجانيق والدبابات وآلات الحرب، لئلا يتقوَّى بها الروم على شيء من حرب المسلمين. وانصرف [المعتصم] (٣) راجعًا إلى ناحية طَرَسوس في آخر شوال من هذه السنة. وكانت إقامته على عَمُّوريَّة خمسة (٤) وخمسين يومًا (٥) . [ذكر مقتل العباس بن المأمون] كان العباس بن المأمون مع عمِّه المعتصم في غَزاة عَمُّوريَّة، وكان عُجَيف بن عَنبسة قد ندَّمه إذ لم يأخذ الخلافة بعد أبيه المأمون حين مات بطَرَسُوس، ولامه على مبايعته عمه المعتصم، ولم يزل به حتى أجابه إلى الفتك بعمه المعتصم وأخذ البيعة من الأمراء له، وجهَّز رجلًا يقال له: الحارث السمرقندي، كان نديمًا للعباس، فأخذ له البيعة من جماعة من الأمراء في الباطن، واستوثق منهم، وتقدَّم إليهم أنَّه متى (٦) ما فتك بعمِّه فليقتل كلُّ واحد منهم من يقدر عليه من رؤوس أصحاب المعتصم، كالأفشين وأشناس وغيرهم من الكبار. فلمَّا كانوا بدرب الروم وهم قاصدون إلى أنقرة ومنها إلى عَمُّوريَّة، أشار عُجَيْف على العباس أن يقتلَ عمَّه في هذا المضيق ويأخذَ له البيعة ويرجعَ إلى بغداد، فقال العباس: إنِّي أكره أن أعطِّل على الناس هذه الغزوةَ، فلمَّا فتحوا عَمُّوريَّة، واشتغل الناس بالمغانم، أشار عليه أن يفتك
(١) في الطبري: صالح الروم. (٢) في ك: فضربه، وفي الطبري: فقنَّعه سوطًا. (٣) زيادة من ط. (٤) في أ، ط: خمسة وعشرين يومًا، وأثبت ما جاء في ب، ظا، والطبري، وابن الأثير. (٥) أخبار فتح عَمَّورية في تاريخ الطبري (٩/ ٥٧ - ٧٠)، والكامل لابن الأثير (٦/ ٤٨٠ - ٤٨٨). (٦) في أ: أنه يلي ما قبل عمِّه، فليسل، وأثبت ما جاء في ب، ظا.

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