Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les troupes étaient nombreuses. Al-Muʿtaṣim répartit alors son armée en trois corps : l’aile droite fut confiée à al-Afshīn, l’aile gauche à Ashnās, tandis qu’al-Muʿtaṣim se tenait au centre, avec deux parasanges de distance entre chaque division. Il ordonna à chaque émir, al-Afshīn et Ashnās, d’organiser leurs troupes en aile droite, aile gauche, centre, avant-garde et arrière-garde, et de brûler, dévaster, capturer les habitants et s’emparer de butin dans tous les villages qu’ils traverseraient. Il marcha de la sorte vers ʿAmmūriyya, située à sept étapes d’Anqara (Ankara).

Le premier à atteindre la ville fut Ashnās, émir de l’aile gauche, le jeudi matin, cinq jours après le début du mois de Ramadan de cette année. Il tourna autour de la cité, puis s’établit à deux milles de là. Al-Muʿtaṣim arriva le vendredi matin suivant, fit aussi le tour de la ville et campa plus près. Le samedi, al-Afshīn rejoignit à son tour les abords de la cité, en faisant d’abord le tour avant de s’installer non loin. Les habitants s’étaient retranchés et avaient garni leurs tours de soldats et d’armements. C’était une cité très vaste, dotée d’une muraille solide et de tours hautes et imposantes.

Al-Muʿtaṣim répartit les tours entre les émirs, de sorte que chacun s’établît face à la portion de muraille qui lui avait été attribuée. Lui-même choisit un emplacement indiqué par un ancien prisonnier musulman détenu jadis dans la ville – celui-ci s’était converti au christianisme et avait épousé l’une des leurs. Lorsqu’il vit l’émir des croyants et les musulmans à ses côtés, cet homme revint à l’islam, sortit pour rencontrer le calife et l’informa d’un point du rempart qu’une crue avait déjà détruit, et dont la reconstruction avait été faite à la hâte, sans fondations solides. Al-Muʿtaṣim fit donc dresser les mangonneaux autour d’ʿAmmūriyya, et la première portion du mur qui s’effondra fut précisément celle que l’ancien prisonnier avait indiquée. Pris de panique, les habitants rebouchèrent l’ouverture avec de larges pièces de bois, mais le tir intense des mangonneaux parvint à les briser. Alors ils recouvrirent cette zone de couvertures épaisses pour amortir le choc des pierres.

Le bombardement persistait et finit par faire s’écrouler et se disloquer la muraille de ce côté. Le gouverneur de la cité envoya alors un message au roi des Romains, chargé à deux jeunes gens de son peuple. Cependant, en traversant le camp musulman, leur attitude parut suspecte. On les questionna : « Qui êtes-vous ? » Ils affirmèrent appartenir à la suite d’un certain homme parmi les musulmans. On les mena devant al-Muʿtaṣim ; après vérification, il apparut qu’ils portaient une lettre de Yāṭus, le gouverneur d’ʿAmmūriyya, destinée au roi des Romains, l’informant de ce que la ville subissait comme siège, de son projet de faire une sortie soudaine avec les siens par les portes de la cité pour affronter les musulmans, quelle qu’en soit l’issue.

Quand al-Muʿtaṣim prit connaissance de la lettre, il ordonna que les deux jeunes messagers soient honorés d’une robe d’apparat et que chacun reçoive une bourse (badra).

(1) Addition dans l'édition T. (2) "Al-barḏaʿa" ou "al-bardʿa" : ce qui est placé sur l'âne ou le mulet pour que l'on puisse monter dessus, semblable au harnachement pour le cheval. Pluriel : barāḏiʿ ou barāḏiʿ. (3) Dans l'édition A : al-balda, les deux termes ont le même sens. (4) Dans l'édition T : les musulmans ont rejeté. (5) Dans l'édition A : à cette époque, ce qui n'était pas. (6) "Al-badra" : dix mille dirhams.
كثيرةٍ. ثم فرَّق المعتصم جيشَه ثلاث فرق؛ فالميمنة عليها الأفشين، والميسرة عليها أشناس، والمعتصم في القلب، وبين كل عسكرين فرسخان، وأمر كلَّ أميرٍ من الأفشين وأشناس أن يجعل لجيشه ميمنةً وميسرةً وقلبًا ومقدِّمة وساقة، وأنهم مهما مرُّوا عليه من القُرى حرقوا وخرَّبوا وأسروا وغنموا، وسار بهم كذلك قاصدًا إلى عمُّوريَّة، وكان بينها وبين أنقرة سبعُ مراحلَ، فأوَّل من وصل إليها من الجيوش أشناس أمير الميسرة ضَحْوة يوم الخميس لخمس خلون من رمضان من هذه السنة، فدار حولها دَوْرَةً، ثم نزل على ميلين منها. ثم جاء المعتصم صبيحة يوم الجمعة بعدَه، فدار حولَها دَوْرَة، ثم نزل قريبًا منها. ثم قدم الأفشين يوم السبت، فدار حولها دَوْرَة، ثم نزل قريبًا منها. وقد تحصَّن أهلها وملؤوا أبراجها بالرجال والسّلاح، وهي مدينة عظيمة جدًّا، ذاتُ سور منيعٍ وأبراجٍ عالية كبيرةٍ. وقسَّم المعتصم الأبراج على الأمراء، فنزل كلُّ أميرٍ تجاه الموضع الذي أقطعه وعيَّنه له، ونزل المعتصم قبالة مكان هناك قد أرشده إليه بعضُ مَن كان فيها من المسلمين الأسراء، وكان قد تنصَّر عندهم وتزوج منهم، فلما رأى أميرَ المؤمنين، والمسلمين معه، رجع إلى الإسلام وخرج إلى الخليفة فأسلَم وأعلَمه بمكانٍ في السور كان قد هدمه السيلُ، وبُني بناءً فاسدًا بلا أساس، فنصب المعتصمُ المجانيقَ حول عَمُّوريَّة، فكان أوّل موضع انهدَم [من سورها] (١) ذلك الموضع الذي نصح فيه ذلك الأسير، فبادر أهل البلد فسدّوه بالخشب الكبار المتلاصقة، فألحَّ عليها المنجنيق فكسرها، فجعلوا فوقها البراذع (٢) ليردَّوا حدَّة الحجر. فلمَّا ألحَّ عليها المنجنيق لم تغنِ شيئًا، وانهدَمَ السّور من ذلك الجانب وتفسَّخ فكتب نائب البَلَد (٣) إلى ملك الروم يعلمه بذلك، وبعث ذلك مع غلامين من قومهم، فلمَّا اجتازوا بالجيش في طريقهم أنكروا (٤) أمرهما، فسألوهما: من أنتما؟ فقالا: من أصحاب فلان؛ لرجل من المسلمين، فحملا إلى المعتصم، فقررهما فإذا معهما كتابُ ياطس نائب عَمُّوريَّة إلى ملك الروم يعلمه بما حصل لهم من الحصار، وأنَّه عازم على الخروج من أبواب البلد بمن معه بغتةً، فيناجز المسلمين بمن معه، كائنًا في ذلك (٥) ما كان. فلما وقف المعتصم على ذلك أمَرَ بالغلامين فخُلع عليهما، وأن يُعطى كلُّ واحدٍ منهما بَدْرَةً (٦) ،
(١) زيادة في ط. (٢) "البَرْذَعة" أو "البَرْدَعة": ما يوضع على الحمار أو البغل ليركب عليه، كالسرح للفرس. جمع بَرَاذع أو بَرَادع. (٣) في أ: البَلَدة، وهما بمعنى. (٤) في ط: أنكر المسلمون. (٥) في أ: في ذلك الوقت ما كان. (٦) "البَدْرَة": عشرة آلاف درهم.

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