Son cadavre fut crucifié à Samarra, dans la région du Khorasan. Babak – qu’Allah le maudisse – avait bu du vin la nuit précédant son exécution, laquelle survint un jeudi, le treizième jour de Rabi‘ al-Akhir de cette année. Durant les vingt années de sa révolte (qu’Allah le maudisse), ce maudit tua deux cent cinquante-cinq mille cinq cents (1) musulmans selon Ibn Jarir (2), et il fit un nombre incalculable de prisonniers (3). Parmi ceux qu’al-Afshin réussit à libérer, on compte près de sept mille six cents personnes. Il captura dix-sept hommes issus de sa descendance, ainsi que vingt-trois femmes parmi ses épouses et celles de ses fils, lesquelles étaient des khawâtîn (4).
Babak – qu’Allah le maudisse – était à l’origine le fils d’une servante de fort laide apparence, et voilà comment il parvint à un tel destin, jusqu’à ce qu’Allah délivrât finalement les musulmans de son mal, après que de nombreuses personnes et une foule innombrable parmi la populace (5) eurent été séduites par lui.
Lorsque al-Mu‘tasim (6) le fit exécuter, il couronna al-Afshin, l’orna de deux écharpes serties de pierreries, lui fit don de vingt millions de dirhams, et lui confia la gouvernance du Sind. Il ordonna ensuite aux poètes de le louer pour les services qu’il avait rendus aux musulmans, ainsi que pour la dévastation de la ville de Babak, appelée al-Badh, qu’il laissa complètement en ruine (7). Ils composèrent donc des poèmes à sa gloire, et parmi eux se trouvait Abou Tammam al-Ta’i. L’imam Abou Ja‘far Ibn Jarir – qu’Allah lui fasse miséricorde – a rapporté en entier son poème dans son « Histoire » (8), qui débute ainsi :
« Badh al-jilâd al-Badh (9), qui était (10) sa demeure… Il n’y reste (11) que des bêtes sauvages enfouies (12). Jamais ce glaive ne s’était uni à cette endurance dans la mêlée sans que cette religion n’en sorte grandie. »