Dans cette même année, moururent : Abou al-Yamân, al-Ḥakam ibn Nāfi‘ (1), ‘Umar ibn Ḥafṣ ibn Ghiyāth (2), Muslim ibn Ibrāhīm (3), ainsi que Yaḥyā ibn Ṣāliḥ al-Wuḥāḍī (4).
[Puis vint l’année deux cent vingt-trois (223 H)]. Le jeudi, troisième jour de Ṣafar de cette année, al-Afshīn entra auprès d’al-Mu‘taṣim à Sāmarrā, accompagné de Bābak al-Khurramī et de son frère ‘Abd Allāh, dans un grand apparat. Al-Mu‘taṣim avait ordonné à son fils, Hārūn al-Wāthiq, d’aller accueillir al-Afshīn. Chaque jour, al-Mu‘taṣim recevait des nouvelles sur la situation de Bābak, tant il se souciait de cette affaire. Deux jours avant l’arrivée de Bābak, al-Mu‘taṣim était parti en hâte (par le service du courrier) pour aller le voir sans qu’il ne sache de qui il s’agissait. Il l’observa, puis rebroussa chemin. Le jour où Bābak fut introduit devant lui, al-Mu‘taṣim se prépara et les gens se rangèrent en deux files (5). Il ordonna que Bābak fût placé sur un éléphant, afin de le montrer aux yeux de tous et de le tourner en dérision. On l’habilla d’un qabā’ (robe) de brocart et d’une calotte ronde en fourrure de martre. L’éléphant était prêt ; ses extrémités étaient teintes, et on l’avait paré de soieries et de biens qui convenaient à l’occasion en abondance. À ce sujet, quelqu’un composa ces vers (6) :
« L’éléphant a été teint, comme à son habitude,
Pour porter le démon du Khurāsān.
Car l’éléphant ne se fait teindre les membres
Qu’à cause d’une affaire d’importance. »
Lorsque Bābak fut présenté devant le calife, celui-ci ordonna qu’on lui coupât les mains et les pieds, qu’on lui tranchât la tête et qu’on lui ouvrit le ventre, puis que l’on emportât sa tête