Ce lieu était étroit, (1) mesurant trois coudées sur deux, et il y demeura trois jours, puis on le transféra vers un endroit plus spacieux. On subvenait à ses besoins et on lui désigna un serviteur, si bien qu’il y resta emprisonné jusqu’à la veille de l’Aïd al-Fitr. Les gens étant alors occupés par la fête, on fit descendre pour lui une corde par une lucarne d’où provenait la lumière. Il partit sans que l’on sût comment il était sorti, ni où il s’en était allé sur la terre (2).
Le dimanche, au onzième jour de Jumâdâ al-Ûlâ, Isḥâq ibn Ibrâhîm fit son entrée à Bagdad, revenant de son combat contre les Khurramiyya. Il ramenait avec lui leurs prisonniers et avait tué, au cours de cette guerre, cent mille de leurs combattants (3). Louange à Dieu et gratitude à Lui.
La même année, al-Muʿtaṣim dépêcha ʿUjayf à la tête d’une importante armée pour combattre les Zutt qui semaient la dévastation dans la région de Bassora, coupant la route et pillant les récoltes. Il mit neuf mois à les affronter, les vainquit, réprima leurs exactions et détruisit leur puissance. Celui qui était à leur tête se nommait Muḥammad ibn ʿUthmân, accompagné d’un homme appelé Samlaq, qui était leur tacticien et leur « diable ». Dieu épargna alors les musulmans de leurs maux (4).
[Cette année-là, parmi les notables, moururent :]
• Sulaymân ibn Dâwûd al-Hâshimî (5), maître de l’imam Aḥmad.
• ʿAbd Allâh ibn al-Zubayr al-Ḥumaydî (6), l’auteur du « Musnad » (7) et disciple d’al-Shâfiʿî.
• ʿAlî ibn ʿAyyaash (8).
• Et Abû Nuʿaym al-Faḍl ibn Dukayn, maître d’al-Bukhârî (9).