Abou Mushir ʿAbd al-Aʿlâ ibn Mushir al-Ghassânî al-Dimachqî (1), Yaḥyâ ibn ʿAbd Allâh al-Bâbluttî (2) et Abou Muḥammad ʿAbd al-Malik ibn Hishâm ibn Ayyoub al-Ḥimyarî al-Maʿâfarî (3) sont, entre autres, les transmetteurs de la Sîra rapportée par Ziyâd ibn ʿAbd Allâh al-Bakkâʾî, lui-même la tenant de Muḥammad ibn Isḥâq, son compilateur. On a attribué cette Sîra à Ibn Hishâm, de sorte qu’on l’appelle « Sîrat Ibn Hishâm », car il l’a révisée, y a procédé à des ajouts et des retranchements, a vérifié certains passages et a complété plusieurs éléments. Il était par ailleurs un éminent maître en langue, en grammaire et en littérature arabes. Il résidait en Égypte, où l’imam ash-Shâfiʿî, lors de son arrivée, eut l’occasion de le rencontrer et ils se récitèrent ensemble de nombreux poèmes arabes. Son décès survint en Égypte treize jours après le début du mois de Rabîʿ al-Âkhir de cette année-là, ainsi que l’a rapporté Ibn Younus dans « Târîkh Miṣr » (4). As-Suhaylî (5) a cependant affirmé qu’il serait mort en l’an treize, et Dieu sait mieux la vérité.
[Puis arriva l’an deux cent dix-neuf.] Cette année-là, Muḥammad ibn al-Qâsim ibn ʿAlî (6) ibn ʿUmar ibn ʿAlî ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlî ibn Abî Tâlib apparut à Ṭâlaqân (7) dans la région du Khorâsân, invitant les gens à soutenir un membre de la famille de Muḥammad. De nombreuses personnes se rallièrent à lui. Les chefs militaires de ʿAbd Allâh ibn Ṭâhir le combattirent à plusieurs reprises : ils prirent finalement le dessus, et il s’enfuit avant d’être capturé. On l’envoya ensuite auprès de ʿAbd Allâh ibn Ṭâhir, qui l’adressa à al-Muʿtaṣim. Il se présenta devant ce dernier au milieu du mois de Rabîʿ al-Âkhir [de cette même année] (8), et l’ordre fut donné de l’emprisonner dans un lieu tenu secret.