Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis la théologie spéculative (ʿilm al-kalām) a fini par dominer chez lui. Ash-Shāfiʿī l’avait pourtant exhorté à s’écarter de cette discipline, mais il ne l’écouta pas. Ash-Shāfiʿī déclara alors : « Il m’est plus cher que le serviteur rencontre Dieu avec tout péché — hormis l’association (shirk) — plutôt que de Le rencontrer avec la science du kalām. »(1)

Bishr rencontra Ash-Shāfiʿī lorsque ce dernier arriva à Bagdad. Le qāḍī Ibn Khallikān(2) rapporte que Bishr affirma explicitement la thèse de la “création du Coran” et qu’on lui prêta des propos choquants. Il était murjite, et la branche “marisiyya” des murjites porte d’ailleurs son nom. Il disait : « Se prosterner devant le soleil ou la lune n’est pas de la mécréance en soi, mais seulement un signe de mécréance. » Il polémiquait avec l’imam Ash-Shāfiʿī, mais il ne maîtrisait pas la grammaire arabe et commettait de graves erreurs.

Ibn Khallikān ajoute(3) : « On dit que son père était un juif teinturier à Koufa, et qu’il habitait le quartier de Darb al-Marīs(4) à Bagdad. Chez eux, “al-marīs” désigne le pain très fin imbibé de graisse et de dattes. » Il dit : « Mārīs(5) est une région du pays des Nubiens, d’où souffle, en hiver, un vent froid. »

J’ajoute(6) : Bishr al-Marīsī gagna ensuite les faveurs du calife al-Ma’mūn, qui lui accorda son estime et lui fit bonne place à sa cour, si bien que son crédit, auparavant inexistant, s’accrut. On loua son esprit, pourtant sans grande vivacité.

Lorsqu’il mourut au mois de Dhū al-Ḥijja de cette année-là — ou de l’année précédente selon une autre opinion(7) —, un homme parmi les traditionnistes (muḥaddithīn), nommé ʿUbayd ash-Shūnīzī, accomplit la prière funéraire sur lui. Certains muḥaddithīn le blâmèrent pour cela, mais il leur répondit : « N’avez-vous pas entendu comment j’ai prié sur lui ? J’ai dit : “Ô Dieu ! Ton serviteur niait le châtiment de la tombe : fais-lui donc goûter au châtiment de la tombe. Il niait l’intercession de ton Prophète : ne l’inclus pas parmi ceux qui en bénéficient. Il niait la vision de Ta Face dans l’au-delà : prive-le de contempler Ton noble visage.” » Ils lui répliquèrent alors : « Tu as bien fait. »

C’est ce qu’avaient déjà énoncé certains pieux prédécesseurs (salaf), qui disaient : « Celui qui nie une faveur n’en bénéficie pas. »

[Décéda également cette année-là] ʿAbd Allāh ibn Yūsuf at-Tannīsī(8).

(1) Dans B, Ẓā : à lui. (2) Al-Wafayāt al-Aʿyān (1/277). (3) Dans al-Lubbāb (3/200) : Al-Marīsī : relatif à Marīs, un village en Égypte. (4) La source précédente. (5) Dans Maʿjam al-Buldān (5/118) ; Al-Marīsa : une île dans le pays de Nubie, grande, d’où l’on tire des esclaves. (6) Terme : j’ai dit : il n’apparaît pas dans B, Ẓā. D’ici jusqu’à son propos : « Celui qui ment sur une karāma qu’il n’a pas obtenue est déchu », est omis dans Ṭ. (7) Terme « qawl » n’apparaît pas dans A. (8) Abū Muḥammad al-Kalāʿī al-Dimashqī, un homme de confiance et accompli, l’un des plus fiables dans le Muwaṭṭaʾ. Un imam hafiz.
ثم غَلَبَ عليه علمُ الكلام، وقد نهاه الشافعيُّ عن تعاطي ذلك فلم يقبل منه، وقال الشافعيُّ: لأن يلقى اللَّهَ العبدُ بكل ذنبٍ ما عدا الشرك أحبُّ إليَّ (١) من أن يلقاه بعلم الكلام. وقد اجتمع بِشْرٌ بالشافعي عندما قدِمَ الشافعيُّ بغداد. قال القاضي ابن خلكان (٢) : جرَّد القَوْلَ بخلق القرآن، وحُكي عنه أقوالٌ شنيعة، وكان مرجئًا، وإليه تُنْسب الطائفة المَرِيسيَّةُ من المرجئة، وكان يقول: إنَّ السُّجود للشمس والقمر ليس بكفر، وإنَّما هو علامة الكفر، وكان يناظر الإمام الشافعي، وكان لا يحسن النَّحو، وكان يَلحنُ لحنًا فاحشًا. قال (٣) : ويقال: إنَّ أباه كان يهوديًا صبّاغًا بالكوفة، وكان يسكن درب المَرِيس (٤) ببغداد. والمَريسُ عندهم هو الخبزُ الرّقاق يُمرس بالسمن والتمر. قال: ومَرِيس (٥) ناحية ببلاد النوبة تأتي من نحوها في الشتاء ريحٌ باردة. قلت (٦) : ثم راج بِشْر المَرِيسيّ عند المأمون، وحظي عنده، وقدّم في حضرته، ونفق سوقه الكاسد، واستجيد ذهنه البارد. ولمّا توفي في ذي الحجة من هذا العام، أو الذي قبله في قولٍ (٧) ، صلَّى عليه رجلٌ من المحدّثين يقال له: عبيد الشُّونيزي، فلامه بعضُ المحدّثين، فقال لهم: ألا تسمعون كيف دعوت له في صلاتي عليه؛ قلت: اللهم، إنَّ عبدك هذا كان ينكر عذاب القبر، اللهم! فأذقه من عذاب القبر؛ وكان ينكر شفاعة نبيّك، فلا تجعله من أهلها؛ وكان ينكر رؤيتك في الدار الآخرة، فاحجبْ وجهك الكريمَ عنه. فقالوا له: أصبت. وهذا الذي نطق به بعض السَّلف، حيث قالوا: من كذَّب بكرامة لم ينلها. [وتوفي في هذا العام] عبدُ اللَّه بن يوسُف التَّنِّيسيّ (٨) .
(١) في ب، ظا: إليه. (٢) وفيات الأعيان (١/ ٢٧٧). (٣) في اللباب (٣/ ٢٠٠): المَريسي: نسبة إلى مَرِيس، وهي قرية بمصر. (٤) المصدر السابق. (٥) في معجم البلدان (٥/ ١١٨)؛ المَريسة: جزيرة في بلاد النوبة كبيرة يُجلب منها الرقيق. (٦) لفظة: قلت: لم ترد في ب، ظا. ومن هنا حتى قوله: من كذب بكرامة لم ينلها ساقط في ط. (٧) لفظة قول لم ترد في أ. (٨) أبو محمد الكلاعي الدمشقي، ثقة متقن، من أثبت الناس في الموطأ. إمام حافظ. =

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