Le serviteur. Et l’on a dit qu’il mourut un mardi. D’autres ont dit qu’il mourut un mercredi, huit jours avant la fin du mois de Rajab de cette année. On raconte également qu’il s’éteignit à quatre étapes en dehors de Tarse, puis qu’on le transporta jusque-là pour l’y enterrer. On précise par ailleurs qu’il fut transféré par la suite, pendant le mois de Ramadan, à Adana, où il fut inhumé. Dieu sait mieux la vérité.
Abû Sa‘îd al-Makhzûmî (1) a déclaré :
« Je n’ai pas vu que les astres aient profité au Ma’mûn
Dans la puissance de son royaume solidement établi ;
Ils l’ont laissé dans les deux cours de Tarse
Comme ils avaient laissé son père à Tûs. »
Il avait fait testament à son frère al-Mu‘tasim et l’avait rédigé en présence de son fils al-‘Abbâs, ainsi que d’un groupe de juges, d’émirs, de ministres et de secrétaires. Cette recommandation incluait la doctrine selon laquelle le Coran serait créé. Il ne s’en repentit pas et resta sur cette opinion jusqu’à sa mort, sans jamais y renoncer. Il demanda que celui qui dirigerait la prière funéraire prononçât cinq takbîrs. Puis il recommanda à son frère Abû Isḥâq al-Mu‘tasim de craindre Dieu (– Exalté soit-Il –), de témoigner de la douceur envers ses sujets, de demeurer fidèle à la croyance de son frère au sujet du Coran et d’appeler les gens à celle-ci. Il le recommanda également à propos de ‘Abd Allâh ibn Ṭâhir, d’Isḥâq (4) ibn Ibrâhîm et d’Aḥmad ibn Abî Du’âd (5), en disant : « Consulte-le dans tes affaires et ne t’en sépare pas. » De plus, il l’avertit à l’égard de Yaḥyâ ibn Aktham, lui enjoignant de s’en éloigner et de s’en méfier ; il le critiqua en disant : « Il m’a trahi et a détourné les gens de moi, si bien que je l’ai quitté sans être satisfait de lui. » Ensuite, il recommanda de bien traiter les ‘Alides : d’accepter le bienfait de ceux d’entre eux qui font le bien, de pardonner à ceux qui commettent des écarts et de leur verser leurs pensions chaque année.
Ibn Jarîr (6) a dressé au sujet d’al-Ma’mûn une biographie détaillée, dans laquelle il rapporte de nombreux faits que le ḥâfiẓ Ibn ‘Asâkir n’a pas mentionnés, malgré l’abondance de ses récits. Et, au-dessus de tout savant, il y a plus savant encore.