Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il l’acheta vers la fin de sa vie, puis la serra contre lui. La jeune servante se mit alors à pleurer et s’écria : « Tu m’as tuée, ô Commandeur des Croyants, par ton départ ! » Puis elle récita (1) :

« J’adresserai l’invocation du nécessiteux à un Seigneur
Qui récompense la prière et l’exauce.
Peut-être que Dieu te préservera de la guerre
Et qu’Il nous réunira comme nos cœurs le désirent. »

Il la serra contre lui et, à son tour, récita (2) :

« Que sa beauté est grande lorsque ses larmes effacent son khôl,
Et lorsque ses doigts laissent perler ses pleurs.
Un matin, elle me reprocha : “Tu m’as tuée !”
Et c’est par ce qu’elle a dit alors que tu cherches à me perdre. »

Ensuite, il ordonna à son serviteur Masrour de bien la traiter et de veiller sur elle jusqu’à son retour. Puis il déclara : « Nous sommes tels que l’a dit al-Akhtal (3) :

“Nous sommes un peuple qui, lorsqu’il fait la guerre, resserre ses ceintures
Pour défendre les femmes, même si elles demeurent pures toute la nuit.” »

Après l’avoir saluée, il repartit. La jeune servante tomba malade pendant son absence et al-Ma’moun mourut également. Lorsque la nouvelle du décès lui parvint, elle poussa un profond soupir, sentit la mort approcher et se mit à dire (4), alors qu’elle agonisait (5) :

« Le temps nous a fait goûter à son amertume
Après la douceur, nous abreuvant de ses gorgées.
Il nous en dévoile parfois un aspect qui nous fait rire,
Puis revient un autre aspect qui nous fait pleurer.
Nous sommes à Dieu pour tout ce qui nous advient encore,
Du décret qu’Il nous réserve et des variations de notre Juge.
Le monde nous montre, par ses vicissitudes,
Ce qui ne dure pas, qu’il s’agisse de bonnes ententes ou de peines.
Et nous y demeurons comme si rien ne pouvait nous quitter :
Les vivants d’entre nous pleurent nos morts. »

Al-Ma’moun mourut à Tarse, un jeudi, à midi – selon certains, après la prière de l’après-midi –, le treizième jour restant du mois de Rajab de l’an 218 de l’hégire, alors qu’il avait environ quarante-huit ans. Son califat dura environ vingt années et quelques mois. Son frère al-Muʿtaṣim, alors héritier désigné, fit la prière funéraire sur lui, puis al-Ma’moun fut inhumé à Tarse, dans la demeure de Khāqān.

(1) Ibn ʿAsākir (vol. 39, p. 283), et Shudhurāt al-Dhahab (2/39). (2) Source précédent. (3) Son Dīwān (p. 120), et Ibn ʿAsākir (vol. 39, p. 284). (4) Dans le contexte : c’est-à-dire au moment de la distinction. « Contexte » signifie ici : le départ de l'âme. (5) Ibn ʿAsākir (vol. 39, p. 284). (6) Dans l'édition A, le texte indique : « aḥyā », et dans l'édition M : « waʾtabata » ce qui confirme ce qui est rapporté dans l'édition B et chez Ibn ʿAsākir. (7) Chez Ibn ʿAsākir : son gouvernement qui lui fut maintenu a duré vingt ans, cinq mois et treize jours.
اشتراها في آخر عمره، فضمَّها إليه، فبكت الجارية وقالت: قتلْتَنِي يا أميرَ المؤمنين بسفرك! ثم أنشأتْ تقول (١) : سأدعو دَعْوَةَ المضطر ربًّا … يُثيبُ على الدُّعاءَ ويستجيبُ لعلَّ اللَّهَ أن يكفيكَ حَرْبا … ويَجْمَعَنا كما تهوى القُلوبُ فضَّمها إليه وأنشا يقول: متمثِّلًا (٢) : فيا حُسْنَها إذ يغسِل الدَّمْعُ كُحْلَها … وإذ هي تَذْري الدمعَ منها الأناملُ صبيحةَ قالت في العتابِ قتلْتَني … وقتلي بما قالتْ هناكَ تحاوِلُ ثم أمر الخادم مسرورًا بالإحسان إليها، والاحتفاظ عليها حتَّى يرجعَ، ثم قال: نحنُ كما قال الأخطلُ (٣) : قومٌ إذا حارَبوا شَدُّوا مآزِرَهم … دُونَ النساءِ ولو باتَتْ بأطهارِ ثم ودَّعها وسار فمرضت الجارية في غيبته هذه، ومات المأمون أيضًا، فلمَّا جاء نعيُه إليها تنفَّست الصُّعَداء وحضرتها الوفاة، وأنشأت تقول وهي (٤) في السِّياق (٥) : إنَّ الزَّمانَ سقانا مِنْ مَرارَتِهِ … بعدَ الحلاوةِ أنفاسًا فأروانا أبدَى لنا تارةً منه فأضحكنا … ثمَّ انثنى تارةً أُخرى فأبْكانا إنَّا إلى اللَّه فيما لا يزالُ لنا … من القضاءِ ومن تلوينِ ديانا دنيا نراها تُرينا مِنْ تصرُّفها … ما لا يدومُ مصافاةً وأحزانا ونحنُ فيها كأنَّا لا يُزايلنا … للعيشِ أحياؤنا (٦) يبكونَ موتانا كانت وفاة المأمون بطَرَسُوس في يوم الخميس وقتَ الظهر، وقيل: بعد العصر، لثلاث عشرة بقيت من رجب من سنة ثماني عشرة ومئتين، وله نحو من ثمان وأربعين سنة. وكانت مدَّة خلافته (٧) عشرين سنة وأشهرًا، وصلَّى عليه أخوه المعتصم وهو وليُّ العهد من بعده، ودُفن بطَرَسُوس في دار خاقان
(١) ابن عساكر (الجزء ٣٩/ ٢٨٣)، وشذرات الذهب (٢/ ٣٩). (٢) المصدر السابق. (٣) ديوانه (١٢٠)، وابن عساكر (الجزء ٣٩/ ٢٨٤). (٤) هي في السِّياق: أي في النَّزْع. و"السِّياق": نزع الروح. (٥) ابن عساكر (الجزء ٣٩/ ٢٨٤). (٦) في أ، ط: أحيا وما: وأثبت ما جاء في ب وابن عساكر. (٧) في ابن عساكر: وكانت ولايته التي استقامت له عشرين سنة وخمسة أشهر وثلاثة عشر يومًا.

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