Puis vint l’an deux cent dix-sept. Au mois de Muharram de cette année, Al-Ma’mûn entra dans les territoires égyptiens et s’empara de ʿAbdûs al-Fihrî, ordonnant qu’on lui tranchât la tête. Ensuite, Al-Ma’mûn rebroussa chemin pour regagner la Syrie.
Cette même année, Al-Ma’mûn se rendit aussi en terres byzantines, où il assiégea Loulou’a (1) pendant cent jours, puis s’en éloigna et laissa ʿUjaïf en charge du siège. Les Byzantins le trompèrent, si bien qu’ils le capturèrent. Il demeura prisonnier huit jours entre leurs mains, puis réussit à s’en échapper, tout en poursuivant le siège. Le roi des Byzantins se porta alors sur place en personne et encercla l’armée par-derrière. La nouvelle parvint à Al-Ma’mûn, qui marcha aussitôt contre lui. Lorsque Tuwfîl (le souverain byzantin) apprit l’approche d’Al-Ma’mûn, il prit la fuite et dépêcha auprès de lui son ministre, connu sous le nom de « as-Sanfl », afin de demander l’amnistie, la réconciliation et une trêve. Toutefois, celui-ci commença son courrier en parlant de lui-même en premier. Al-Ma’mûn lui répondit donc par une lettre éloquente, faite de reproches et d’avertissements, dont le contenu stipulait : « Je n’accepte de toi que ton adhésion à la religion hanif (l’Islam), sinon ce sera l’épée et la mort. Paix sur celui qui suit la bonne voie. » (2)
Cette année-là, le pèlerinage fut dirigé par Sulaymân ibn ʿAbd Allâh ibn Sulaymân ibn ʿAlî.
Parmi les notables décédés cette année figurent Ḥajjâj ibn Minhâl (3), Surayj ibn an-Nuʿmân (4) et Mûsâ ibn Dâwud aḍ-Ḍabbî (5).