Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

LE SIÈGE (AL-KURSI) :

« Ahmad ibn al-Qasim ibn ‘Atiyyah nous a rapporté, rapport d’Ahmad ibn ‘Abd al-Rahman ad-Dachtakî (1), qui le tenait de son père, lui-même le tenant de son père ; il nous fut transmis par Ach‘ath ibn Ishaq, d’après Ja‘far ibn Abi l-Moughira, d’après Sa‘id ibn Jubayr, ce dernier ayant relaté d’après Ibn ‘Abbas que les Enfants d’Israël dirent à Moïse : “Ton Seigneur dort-Il ?” Moïse répondit : “Craignez Dieu !” Alors son Seigneur (Exalté soit-Il) l’interpella : “Ô Moïse, ils t’ont demandé si ton Seigneur dort. Tiens-toi donc debout cette nuit, en tenant dans tes mains deux verres.” Moïse obéit. Lorsqu’un tiers de la nuit s’était écoulé, il fut pris de somnolence, ses genoux fléchirent et il faillit laisser tomber les verres ; puis il se ressaisit et les tint fermement. Jusqu’à la fin de la nuit, la somnolence le gagna de nouveau et les deux verres lui échappèrent, se brisant alors. Dieu (Exalté soit-Il) lui dit : “Ô Moïse, si Je dormais, les cieux et la terre s’effondreraient aussitôt et périraient, tout comme ces verres ont péri entre tes mains.”” Ibn ‘Abbas rapporte ensuite que c’est après cet événement que Dieu fit descendre à Son Messager le Verset du Siège (Ayat al-Kursî). »

Ibn Jarir a dit : « Ishaq ibn Abi Isra’il nous a transmis, récit de Hicham ibn Youssouf, d’après Umayya ibn Chibl, d’après al-Hakam ibn Aban, d’après ‘Ikrima, d’après Abou Hourayra, qui dit : “J’ai entendu le Messager de Dieu (paix et bénédiction sur lui) raconter, depuis la chaire, au sujet de Moïse (sur lui la paix) : ‘Il vint à l’esprit de Moïse : Dieu s’endort-Il ? Dieu (Exalté soit-Il) lui envoya alors un ange qui le laissa éveillé trois nuits d’affilée, puis lui remit deux flacons : un dans chaque main. Il lui ordonna de les garder précieusement. Lorsque Moïse s’assoupissait, ses mains risquaient de se heurter, si bien qu’il se réveillait en sursaut pour les retenir. Mais il finit par sombrer dans le sommeil, ses mains se heurtèrent et les deux flacons se brisèrent.’” Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) poursuivit : “Dieu illustrait ainsi qu’Il ne dort pas : si Dieu dormait, Il ne pourrait soutenir les cieux et la terre.”” »

Ceci est un hadith étrange dans la forme où il est rapporté comme remontant au Prophète (marfou‘). Il est plus vraisemblable qu’il soit attribué à un Compagnon (mawqouf) ou puise à une source d’origine israélite (2).

Dieu (Exalté soit-Il) dit : « Et lorsque Nous avons pris votre engagement et élevé au-dessus de vous le Mont, (Nous vous dîmes) : “Tenez avec force ce que Nous vous avons donné et rappelez-vous ce qu’il contient. Peut-être craindrez-vous (Dieu).” (63) Puis vous vous en détournâtes après cela. Sans la grâce de Dieu envers vous et Sa miséricorde, vous auriez été parmi les perdants. » (Coran 2 : 63-64).

Il dit aussi : « Et lorsque Nous avons secoué la montagne au-dessus d’eux comme si c’était un auvent, et qu’ils crurent qu’elle allait s’abattre sur eux, (Nous leur dîmes) : “Prenez avec force ce que Nous vous avons donné et rappelez-vous ce qu’il contient afin que vous soyez pieux.” » (Coran 7 : 171).

Ibn ‘Abbas (3) et d’autres parmi les Anciens ont dit : « Lorsque Moïse vint à son peuple avec les tablettes de la Thora, il leur ordonna de les accepter et de s’y tenir fermement. Ils répondirent : “Déroule-nous son contenu. Si ses commandements et ses interdits nous semblent aisés, nous les accepterons.” Moïse répliqua : “Acceptez-la, quoi qu’elle contienne !” Mais ils insistèrent à plusieurs reprises. Alors Dieu ordonna aux anges de soulever la montagne au-dessus de leurs têtes, jusqu’à ce qu’elle devienne comme une nuée au-dessus d’eux. Il leur fut dit : “Si vous ne l’acceptez pas telle quelle, cette montagne s’effondrera sur vous.” Ils consentirent alors à la recevoir. Ils reçurent également l’ordre de se prosterner, et ils se prosternèrent en jetant un œil vers la montagne, par crainte qu’elle ne dégringole sur eux. Cette pratique est devenue une habitude chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui : ils disent qu’aucune prosternation n’est plus grande que celle grâce à laquelle ce châtiment fut écarté d’eux. »

(1) Dachtakî : variant orthographique de Dashtakî.
(2) “Israélite” : récit provenant des traditions antérieures à l’islam (isrâ’îliyyât).
(3) Ibn ‘Abbas : Cousin du Prophète, grand exégète du Coran et Compagnon réputé pour son savoir.

(1) Al-Daštakī : relatif à Daštak, un village du Rey en Perse. (2) La faiblesse du hadith vient de Umayya b. Shibl. L’imam al-Dhahabī dit dans Al-Mīzān (1/276) : « Il y a un hadith douteux qu’il a rapporté d’al-Ḥakam b. Abān d’après ʿIkrima d’après Abū Hurayra, en isnāds élevé : « Cela est survenu dans l’âme de Mūsā : Dieu dort-il ? … » Hadith rapporté par Hishām b. Yūsuf. Muʿammar a rapporté de Ḥakam d’après ʿIkrima un autre avis, qui est le plus proche de la vérité. » (3) Tafsīr al-Ṭabarī (9/74).
الكُرْسِي: حدّثنا أحمد بن القاسم بن عطية، حدّثنا أحمد بن عبد الرحمن الدَّشْتكي (١) ، حدّثني أبي، عن أبيه، حدّثنا أشعث بن إسحاق، عن جعفر بن أبي المغيرة، عن سعيد بن جُبير، عن ابن عباس أن بني إسرائيل قالوا لموسى: هل ينامُ رَبُّك؟ قال: اتقوا اللّه. فناداه ربه (عز وجل) : يا موسى سألوكَ هل ينامُ ربك، فخذ زُجاجتين في يديك، فَقُمِ الليلَ، ففعلَ موسى، فلما ذهب من الليل ثلثٌ نَعَسَ فوقع لركبتيه، ثم انتعش فَضَبَطَهما، حتى إذا كان آخر الليل نَعَسَ فسقطت الزجاجتان فانكسرتا. فقال: يا موسى لو كنتُ أنامُ لسقطتِ السماواتُ والأرضُ فهلكن كما هلكتِ الزجاجتان في يديك. قال وأنزل اللّه على رسوله آية الكرسي. وقال ابن جرير: حدّثنا إسحاق بن أبي إسرائيل، حدّثنا هشام بن يوسف، عن أمية بن شِبْل، عن الحكم بن أبان، عن عكرمة، عن أبي هريرة قال: سمعت رسول اللّه ﷺ يحكي عن موسى (عليه السلام) على المنبر قال: وقَعَ في نَفْسِ مُوسى (عليه السلام) هَلْ يَنَامُ اللّهُ (عز وجل) ، فأرْسَلَ اللّه (عز وجل) إليه مَلَكًا فَأرَّقَهُ ثَلاثًا، ثُمَّ أَعْطَاهُ قَارُوْرَتَيْنِ في كُلِّ يَدٍ قارُوْرَةٌ، وأَمَرَهُ أَنْ يَحْتَفِظَ بِهِمَا، قالَ: فَجَعَلَ يَنَامُ وكادَت يَدَاهُ تَلْتَقِيان فَيَسْتَيْقِظ فَيَحْبِسُ إحْداهُما عَلى الأخْرى حَتَّى نامَ نَومَةً فاصطَفَقَتْ يَدَاهُ، فانْكَسَرَتِ القارُوْرَتان. قالَ: ضَرَبَ اللّهُ لَهُ مَثَلًا أنْ لَوْ كَانَ يَنَامُ لَمْ يَسْتَمْسِك السَّماءُ والأَرْضُ. وهذا حديث غريبٌ رفعه، والأشبه أن يكون موقوفًا، وأن يكون أصلُه إسرائيليًا (٢) . وقال اللّه تعالى: ﴿وَإِذْ أَخَذْنَا مِيثَاقَكُمْ وَرَفَعْنَا فَوْقَكُمُ الطُّورَ خُذُوا مَا آتَيْنَاكُمْ بِقُوَّةٍ وَاذْكُرُوا مَا فِيهِ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ (٦٣) ثُمَّ تَوَلَّيْتُمْ مِنْ بَعْدِ ذَلِكَ فَلَوْلَا فَضْلُ اللَّهِ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَتُهُ لَكُنْتُمْ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾ [البقرة: ٦٣، ٦٤] . وقال تعالى: ﴿وَإِذْ نَتَقْنَا الْجَبَلَ فَوْقَهُمْ كَأَنَّهُ ظُلَّةٌ وَظَنُّوا أَنَّهُ وَاقِعٌ بِهِمْ خُذُوا مَا آتَيْنَاكُمْ بِقُوَّةٍ وَاذْكُرُوا مَا فِيهِ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ﴾ [الأعراف: ١٧١] قال ابن عباس (٣) وغير واحد من السّلف: لما جاءهم موسى بالألواح فيها التوراة، أمرهم بقَبولها والأخذ بها بقوةٍ وعزم، فقالوا: انشرها علينا فإن كانت أوامرها ونواهيها سَهلةً قبلناها، فقال: بل اقبلوها بما فيها، فراجعوه مِرارًا، فأمر اللّه الملائكة فرفَعوا الجبلَ على رؤوسهم حتى صار ﴿كَأَنَّهُ ظُلَّةٌ﴾ أي: غمامة على رؤوسهم، وقيل لهم: إن لم تقبلوها بما فيها وإلّا سقط هذا الجبل عليكم، فقبلوا ذلك، وأُمروا بالسجود فسجدوا، فجعلوا ينظرون إلى الجبل بشق وجوههم، فصارت سُنَّة لليهود إلى اليوم يقولون: لا سجدة أعظم من سجدةٍ رفعت عنا العذاب.
(١) الدشتكي: نسبة إلى دشتك: قرية بالري من بلاد فارس. (٢) العلة فيه من أمية بن شبل، قال الإمام الذهبي في الميزان (١/ ٢٧٦): "له حديث منكر رواه عن الحكم بن أبان عن عكرمة عن أبي هريرة مرفوعًا، قال: وقع في نفس موسى: هل ينام اللّه … الحديث رواه عنه هشام بن يوسف. وخالفه معمر عن الحكم عن عكرمة قوله، وهو أقرب". (٣) تفسير الطبري (٩/ ٧٤).

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