Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis arriva l’an deux cent seize. Cette année-là, le roi des Byzantins, Tūfīl fils de Mikha'īl, lança une offensive et tua un groupe de musulmans au pays de Tarse, environ mille six cents personnes. On rapporte également qu’il écrivit à al-Ma’mūn en commençant par citer son propre nom avant celui du calife. Lorsque al-Ma’mūn lut sa lettre, il se leva aussitôt et partit avec ses troupes vers les contrées byzantines, comme il avait déjà fait auparavant. Son frère, Abū Isḥāq fils d’al-Rashīd, alors gouverneur de la Syrie et de l’Égypte, l’accompagnait. Ils conquirent de nombreuses villes, soit par traité, soit par la force. Son frère s’empara à lui seul de trente forteresses.

Al-Ma’mūn envoya Yaḥyā ibn Aktham à la tête d’un détachement militaire en direction de Ṭuwāna(1). Celui-ci conquit de nombreuses contrées, fit prisonniers des enfants et d’autres personnes, tua un grand nombre de Byzantins et incendia plusieurs forteresses, avant de regagner le camp sain et sauf, jouissant d’une protection et d’un soutien divins. Al-Ma’mūn s’établit sur les territoires byzantins de la mi-jumādā al-ākhira jusqu’à la mi-sha‘bān, puis il retourna à Damas.

Au cours de ce même sha‘bān, en Égypte, un homme du nom de ‘Abdūs al-Fihri se souleva et s’empara du pouvoir, évinçant les représentants d’Abū Isḥāq ibn al-Rashīd, et se trouva fortifié par le ralliement d’une foule considérable. Al-Ma’mūn partit alors de Damas le mercredi, quatorze jours après le début de dhū l-ḥijja de cette même année, en direction de l’Égypte, et il y eut là-bas des événements que nous mentionnerons.

Cette année-là, al-Ma’mūn écrivit à Isḥāq ibn Ibrāhīm, gouverneur de Bagdad et des régions avoisinantes, en lui ordonnant d’imposer aux gens de faire le takbīr après chaque prière. La première mise en pratique de cet ordre eut lieu dans la Grande Mosquée de la ville et dans celle de al-Ruṣāfa le vendredi, quatorze jours après le début du mois de Ramaḍān de cette année. Dès qu’ils eurent accompli la prière, les fidèles se levèrent et prononcèrent trois takbīr, puis ils continuèrent cette pratique après chacune des prières.

Or, il s’agissait là d’une innovation qu’al-Ma’mūn introduisit sans aucun fondement, ni preuve, ni appui. En effet, personne avant lui ne l’avait pratiqué. Cela étant, il est avéré dans le Ṣaḥīḥ, d’après Ibn ‘Abbās, qu’élever la voix pour faire le dhikr existait déjà à l’époque du Messager de Dieu (ﷺ) lorsque les gens s’en retournaient après la prière prescrite(2). Un groupe de savants, comme Ibn Ḥazm et d’autres, y vu un acte méritoire. Quant à Abū l-Ḥasan ibn Baṭṭāl(3), il relate que les quatre écoles et d’autres encore considèrent qu’il n’est pas recommandé de faire ainsi.

(1) « Ṭuwāna » : une ville près des baies de Maṣṣīṣa, entre Antioche et les terres des Romains, proche de Tarse. Yāqūt. (2) Al-Bukhārī a rapporté dans son Ṣaḥīḥ (2/269), au chapitre de la prière, sous le titre du dhikr après la prière, ainsi que Muslim au numéro (583), dans le chapitre sur les mosquées et les lieux de prière, sous le titre du dhikr après la prière, d’après le hadith d’Abd Allāh ibn ʿAbbās – qu'Allah soit satisfait de lui –, que l’élever la voix dans le dhikr au moment où les gens se dispersent après la prière obligatoire existait à l’époque du Messager d’Allāh ﷺ. Je dis : cependant, ce n’était pas collectif, mais individuel (ʿa). (3) Il s’agit d'Alī ibn Khalaf ibn ʿAbd al-Malik ibn Baṭṭāl, abū al-Ḥasan. Originaire de Cordoue, savant en ḥadīth. Il est décédé en 449 H. (voir) Šadharāt al-Dhahab (3/283) et al-Aʿlām d’al-Zarkalī (4/285).
[ثم دخلت سنة ست عشرة ومئتين] في هذه السنة عدا ملك الروم، وهو توفيل بن ميخائيل، فقتل جماعة من المسلمين في أرض طَرَسُوس نحوًا من ألف وستمئة إنسان. ويقال: إنه كتب أيضًا إلى المأمون فبدأ بنفسه، فلمَّا قرأ المأمون ذلك نهض من فوره، فركب في الجيوش إلى بلاد الروم عَودًا على بدءٍ، وصحبته أخوه أبو إسحاق بن الرشيد نائب الشام ومصر، فافتتح بلدانًا كثيرة، صلحًا وعَنْوَةً، وافتتح أخوه ثلاثين حصنًا، وبعث المأمون يحيى بن أكثم في سَرِيَّة إلى طُوانة (١) فافتتح بلادًا كثيرة، وأسر خلقًا من الذراري وغيرهم. وقتل خلقًا من الروم، وحَرَق حصونًا عدة، ثم عاد سالمًا مؤيدًا منصورًا إلى العسكر. وأقام المأمون ببلاد الروم من منتصف جمادى الآخرة إلى النصف من شعبان، ثم عاد إلى دمشق. وقد وثب رجلٌ يقال له: عَبْدُوس الفِهريّ في شعبان من هذه السنة ببلاد مصر، فتغلب على نواب أبي إسحاق بن الرشيد، وقويت شوكته، واتَّبَعه خلقٌ كثيرٌ منهم، فركب المأمون من دمشق يوم الأربعاء لأربع عشرة ليلة خلت من ذي الحجة منها إلى الديار المصرية، فكان من أمره بها ما سنذكره. وفي هذه السنة كتب المأمون إلى إسحاق بن إبراهيم نائب بغداد وما والاها من البلاد، يأمره أن يأمرَ النَّاسَ بالتكبير عقب الصّلوات، فكان أول شيء بُدئ به في جامع المدينة والرّصافة يوم الجمعة لأربعَ عشرَة ليلة خلت من شهر رمضان من هذه السنة، أنهم لمَّا قضوا الصَّلاةَ قام الناس قيامًا، فكبَّروا ثلاث تكبيراتٍ، ثم استمروا على ذلك بقيةَ الصّلوات. وهذه بِدْعَة أحدثها المأمونُ بلا مستندٍ ولا دليلٍ، ولا معتمدٍ، فإنَّ هذا لم يفعله من قبله أحدٌ. ولكن ثبت في الصحيح عن ابن عباس أنَّ رَفْعَ الصَّوت بالذكرِ كان على عهد رسول اللَّه ﷺ ، حين ينصرفُ الناسُ من المكتوبة (٢) ، وقد استحبَّ هذا طائفةٌ من العلماء، كابن حزم وغيره. وقال أبو الحسن بن بَطَّال (٣) : المذاهبُ الأربعة وغيرهم على عدم استحباب ذلك.
(١) "طُوَانة": بلد بثغور المَصِّيصة، بين أنطاكية وبلاد الروم تقارب طرسوس. ياقوت. (٢) روى البخاري في صحيحه (٢/ ٢٦٩) في الصلاة، باب الذكر بعد الصلاة، ومسلم رقم (٥٨٣) في المساجد ومواضع الصلاة، باب الذكر بعد الصلاة، من حديث عبد اللَّه بن عباس (رضي الله عنه) أن رفع الصوت بالذكر حين ينصرف الناس من المكتوبة كان على عهد رسول اللَّه ﷺ . أقول: ولكن لم يكن جماعيًا، بل كان فرديًا (ع). (٣) هو علي بن خلف بن عبد الملك بن بَطَّال، أبو الحسن. من أهل قرطبة، عالم بالحديث. توفي سنة ٤٤٩ هـ. شذرات الذهب (٣/ ٢٨٣)، والأعلام للزركلي (٤/ ٢٨٥).

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