Au cours de cette même année, plusieurs maîtres du hadith décédèrent : al-Haït ibn Mûsâ al-Achayab (1), Abû ‘Alî al-Hanafî (2), Hafs ibn ‘Abd Allâh, juge (qâdî) à Nisabur (3), ‘Uthmân ibn ‘Umar ibn Fâris (4) et Ya‘lâ ibn ‘Ubayd at-Tanafisî (5).
Puis débuta l’année deux cent dix (de l’Hégire). Durant le mois de Safar de cette année, Nasr ibn Shabath entra à Bagdad, envoyé depuis ar-Raqqa par ‘Abd Allâh ibn Tâhir. Il pénétra dans la ville sans être reçu par l’armée, y entrant seul. On l’installa d’abord dans la cité d’Abû Ja‘far, avant de le transférer ailleurs.
Au cours de ce même mois, al-Ma’mûn captura plusieurs notables ayant fait allégeance à Ibrâhîm ibn al-Mahdî. Il les châtia et les jeta en prison dans la forteresse appelée al-Muṭbaq.
Apparition d’Ibrâhîm ibn al-Mahdî après sa disparition : la nuit du dimanche, treize jours avant la fin de Rabi‘ al-Âkhir de cette même année, Ibrâhîm ibn al-Mahdî — qui se cachait d’al-Ma’mûn depuis six ans et quelques mois, déguisé en femme et accompagné de deux autres femmes — traversa l’une des ruelles au milieu de la nuit. Le garde lui demanda : « Où allez-vous à cette heure et d’où venez-vous ? », puis voulut les arrêter. Ibrâhîm lui remit alors une bague ornée de rubis qu’il portait à la main. En la voyant, le garde se méfia et déclara : « Voici la bague d’un homme de haut rang. » Il les conduisit donc chez le responsable du service de nuit, qui leur ordonna de découvrir leurs visages. Ibrâhîm refusa. Ils soulevèrent alors son voile et s’aperçurent qu’il s’agissait bien de lui. Ils l’emmenèrent ensuite auprès de l’officier chargé du pont et le lui livrèrent.