Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’elle décéda, son époux, Isḥāq ibn Jaʿfar, résolut de la transporter à la Ville prophétique (al-Madīna), mais les habitants d’Égypte l’en empêchèrent et lui demandèrent de la laisser (1) auprès d’eux. Elle fut donc enterrée dans la maison qu’elle habitait, dans un quartier anciennement appelé Darb al-Sibāʿ, situé entre Miṣr et Le Caire tel qu’on le connaît aujourd’hui. Ce quartier a complètement disparu et il n’en reste plus que sa tombe.

Son décès survint au mois de Ramaḍān de cette même année, comme l’a rapporté le qāḍī Shams al-Dīn Ibn Khallikān dans son ouvrage « Wafayāt al-aʿyān » (2). Il a dit : « Les Égyptiens nourrissent une croyance à son sujet, encore de nos jours. Les gens du commun en font grand cas, à l’excès, et emploient à son propos des expressions hyperboliques et de nombreux termes qu’il faudrait savoir inappropriés à un tel sujet. »

Il se peut que certains l’aient affiliée à Zayn al-ʿĀbidīn (3), bien qu’elle ne soit pas de sa descendance. À son propos, on doit croire à la piété convenant à de telles femmes vertueuses (4). Qu’Allāh lui fasse miséricorde, qu’Il l’honore et qu’Il lui accorde le Paradis comme demeure.

Al-Faḍl ibn al-Rabīʿ (5) – fils de Yūnus ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn Abī Farwa Kaysān, protégé de ʿUthmān ibn ʿAffān – fut celui par qui la chute de la dynastie des Barmécides advint. Après leur déclin (6), il devint vizir auprès d’al-Rashīd. Il exerçait une grande influence sur al-Rashīd et imitait fortement les Barmécides, tandis qu’eux-mêmes l’imitaient également (7). Il ne cessa d’employer tous ses efforts contre eux jusqu’à ce qu’ils périssent, comme cela a déjà été rapporté (8).

Le qāḍī Ibn Khallikān (9) relate qu’un jour, il se rendit auprès de Yaḥyā ibn Khālid alors que son fils Jaʿfar était en train de signer divers documents devant lui. Al-Faḍl ibn al-Rabīʿ avait avec lui dix requêtes, dont aucune ne fut satisfaite (10), car à chacune, on présentait une excuse. Al-Faḍl les regroupa alors en disant : « Retournez toutes, déçues et repoussées ! », puis il se leva tout en disant 

(1) Dans l'édition : qu’il l’enterre. (2) Voir Wafayāt al-Aʿyān, vol. 5, p. 424. (3) Il s’agit de ʿAlī b. al-Ḥusayn b. ʿAlī b. Abī Ṭālib, le hachémite qurayshite, nommé Abū al-Ḥasan, surnommé Zayn al-ʿĀbidīn, le quatrième des douze imams selon l’ismaélisme. Il est un exemple de douceur et de piété. Il est décédé en 94 de l’Hégire. L’auteur lui consacre une biographie détaillée dans les événements de l’année 94 de l’Hégire. (4) Plus loin dans l’édition : l’origine de l’adoration des idoles est due à l’exagération envers les tombeaux et leurs propriétaires. Or, le Prophète ﷺ a ordonné de niveler et recouvrir les tombes, et l’exagération envers les créatures est interdite. Quiconque prétend qu’elles sont faites de bois ou qu’elles peuvent nuire ou profiter sans la volonté de Dieu est un polythéiste. (5) Tārīkh Baghdād, vol. 12, p. 343 ; al-Kāmil d’Ibn al-ʿAtīr, vol. 6, p. 386 ; Wafayāt al-Aʿyān, vol. 4, p. 37 ; al-ʿIbar, vol. 1, p. 355 ; Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ, vol. 10, p. 109 ; an-Nujūm az-Zāhirah, vol. 2, p. 185 ; Shadharāt adh-Dhahab, vol. 2, p. 20. (6) Addition dans la ʿ édition. (7) Dans l’édition : ils s’identifient à lui, et dans la b : ils le méprisent. (8) En l’an 187 de l’Hégire. (9) Wafayāt al-Aʿyān, vol. 4, p. 37 ; al-Faraj baʿda shiddah, vol. 1, pp. 307‑309. (10) Addition dans les éditions Ẓā et b.
ولمَّا توفيت عزم زوجُها إسحاق بن جعفر أن ينقلَها إلى المدينة النبويّة، فمنعه أهلُ مصر من ذلك، وسألوه أن يتركها (١) عندهم، فدُفنت في المنزل الذي كانت تسكنه في محلةٍ كانت تُعرف قديمًا بدَرْبِ السّباع، بين مصر والقاهرة اليوم، وقد بادت تلك المحلة فلم يبق هناك سوى قبرها. وكانت وفاتُها في شهر رمضان من هذه السنة فيما ذكره القاضي شمس الدين ابن خلكان في "وفيات الأعيان" (٢) . قال: ولأهل مصر فيها اعتقاد، وإلى الآن، وقد بالغ العامة في أمرها كثيرًا جدًا، ويطلقون فيها عبارات فيها مجازفة وألفاظ كثيرة ينبغي أن يعرفوا بأنَّها لا يجوز إطلاقها في مثل أمرها. وربَّما نسبَها بعضُهم إلى زَيْن العابدين (٣) ، وليست من سلالته. والذي ينبغي أن يعتقد فيها من الصلاح ما يليق بأمثالها من النساء الصالحات (٤) ، رحمها اللَّه وأكرمها، وجعل الجنَّة منزلها. الفَضْلُ بنُ الرَّبيع (٥) : ابن يونس بن محمد بن عبد اللَّه بن أبي فَرْوة كيسان، ولي عثمان بن عفان، الذي كان زوال دولة البرامكة على يديه، وقد وُزِّر [بعدهم] (٦) للرشيد، وقد كان متمكِّنًا من الرشيد، وكان شديدَ التشبُّه بالبرامكة، وكانوا يتشبَّهون (٧) به، فلم يزل يعمل جهده فيهم حتى هلكوا كما تقدَّم (٨) . وذكر القاضي ابنُ خلكان (٩) أنَّه دخل يومًا على يحيى بن خَالدٍ وابنُهُ جعفر يوقِّعُ بين يديه، ومع الفضل بن الربيع عَشرُ قِصَصٍ، فلم يقضِ له [منها] (١٠) واحدة، بل يتعلل عليه في كلِّ واحدةٍ منها، فجمعهنَّ الفضلُ بن الرَّبيع، وقال: ارجِعْنَ خائباتٍ خاسئات، ثم نهض وهو يقول:
(١) في ط: أن يدفنها. (٢) وفيات الأعيان (٥/ ٤٢٤). (٣) هو علي بن الحسين بن علي بن أبي طالب، الهاشمي القرشي، أبو الحسن، الملقب بزين العابدين، رابع الأئمة الاثني عشر عند الإمامية، يضرب به المثل في الحلم والورع. توفي سنة ٩٤ هـ. وترجم له المؤلف مطولًا في حوادث سنة ٩٤ هـ. (٤) بعدها في ط: وأصل عبادة الأصنام من المغالاة في القبور وأصحابها، وقد أمر النبي ﷺ بتسوية القبور وطمِّها، والمغالاة في البشر حرام. ومن زعم أنها تفك من الخشب أو أنها تنفع أو تضر بغير مشيئة اللَّه فهو مشرك. (٥) تاريخ بغداد (١٢/ ٣٤٣)، الكامل لابن الأثير (٦/ ٣٨٦)، وفيات الأعيان (٤/ ٣٧)، العبر (١/ ٣٥٥)، سير أعلام النبلاء (١٠/ ١٠٩)، النجوم الزاهرة (٢/ ١٨٥)، شذرات الذهب (٢/ ٢٠). (٦) زيادة من ب. (٧) في ط: يتشبون به، وفي ب: يستهينون به. (٨) في سنة ١٨٧ هـ. (٩) وفيات الأعيان (٤/ ٣٧)، والفرج بعد الشدة (١/ ٣٠٧ - ٣٠٩). (١٠) زيادة من ظا، ب.

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