Yûnus ibn Muḥammad al-Mu’addib (1)
Le décès de Dame Nafîsa (2) : Il est rapporté qu’il s’agit du décès de la dame Nafîsa bint Abî Muḥammad al-Ḥasan ibn Zayd ibn al-Ḥasan ibn ‘Alî ibn Abî Ṭâlib, appartenant à la tribu qurayshite hachémite. Son père fut l’émissaire d’al-Manṣûr en charge de Médine, la ville du Prophète, durant cinq années. Puis Abû Ja‘far al-Manṣûr se mit en colère contre lui, le démit de ses fonctions, s’empara de tout ce qu’il avait acquis et l’emprisonna à Bagdad. Il demeura ainsi jusqu’à la mort d’al-Manṣûr. Par la suite, al-Mahdî le libéra, lui rendit l’intégralité de ses biens et l’emmena avec lui en pèlerinage en l’an 168 de l’Hégire. Lorsque tous deux parvinrent à al-Ḥâjir (3), al-Ḥasan ibn Zayd mourut, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.
An-Nassâ’î a rapporté de lui un ḥadîth, par l’intermédiaire de ‘Ikrima, remontant à Ibn ‘Abbâs : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se fit faire une saignée (ḥijâma) alors qu’il était en état d’iḥrâm » (4). Ibn Ma‘în et Ibn ‘Adî ont déclaré ce ḥadîth faible, tandis qu’Ibn Ḥibbân a jugé son narrateur digne de confiance. Al-Zubayr ibn Bakkâr le mentionne également, faisant son éloge pour sa position de dirigeant et pour sa bravoure (5).
Le point essentiel est que sa fille, Dame Nafîsa, entra en terre d’Égypte avec son époux, al-Mu’taman Isḥâq ibn Ja‘far [aṣ-Ṣâdiq] (6). Elle y élut domicile, possédait une grande fortune et faisait preuve d’une immense générosité envers les lépreux (7), les infirmes (8), ainsi que les malades et la population en général. Elle était très dévote, ascète et accomplissait de nombreuses bonnes actions.
Lorsque l’imam ach-Châfi‘î vint s’installer en Égypte, elle lui témoignait son bienfait, et il lui arrivait même de prier chez elle durant le mois de Ramaḍân. À sa mort, elle ordonna que l’on transporte sa dépouille jusqu’à sa demeure, où elle accomplit la prière funéraire sur lui.