Muhammad ibn ‘Umar al-Wâqidî, cadi (juge) de Bagdad et auteur d’ouvrages sur la biographie du Prophète (as-siyar) et les campagnes (al-maghâzî) (1). Puis Abû an-Naḍr Hâshim ibn al-Qâsim (2). Et al-Haytham ibn ‘Adî, grand auteur de nombreux ouvrages (3). On compte également Yahyâ ibn Ziyâd ibn ‘Abd Allâh ibn Manẓûr (4), surnommé Abû Zakariyyâ al-Kûfî, établi à Bagdad, affranchi des Banû Sa‘d, connu sous le nom d’al-Farrâ’, maître des spécialistes de la grammaire, de la langue et de la récitation coranique. On l’appelait « l’Émir des Croyants en grammaire ».
Il rapporta un ḥadîth de Khâzim ibn al-Ḥusayn (5) al-Baṣrî, transmis par Mâlik ibn Dînâr, d’après Anas ibn Mâlik, qui dit : « Le Messager de Dieu ﷺ, ainsi que Abû Bakr et ‘Uthmân, ont récité : “Mâlik(i) yawm ad-dîn” [Al-Fâtiḥa, 4] avec un alif. » (6). Al-Khaṭîb rapporte ce ḥadîth et précise qu’al-Farrâ’ était digne de confiance (thiqah) et un imâm.
On rapporte (7) que le calife al-Ma’mûn lui ordonna de composer un livre de grammaire. Il le dicta, et les gens l’écrivirent de sa bouche. Al-Ma’mûn ordonna ensuite de le déposer dans les trésors royaux. Il est dit également qu’al-Farrâ’ assurait l’instruction de ses deux fils, les héritiers du trône. Un jour, il se leva et tous deux se précipitèrent pour lui présenter ses chaussures, discutant pour savoir qui aurait l’honneur de le faire. Ils se mirent finalement d’accord pour que chacun lui présente une chaussure. Leur père leur accorda alors vingt mille dinars, et à al-Farrâ’ dix mille dirhams. Il lui dit : « Nul n’est plus honoré que toi, puisque ce sont les deux héritiers du trône qui te présentent tes chaussures » (8).
On raconte également que Bishr al-Marîsî — ou Muḥammad ibn al-Ḥasan — demanda un jour à al-Farrâ’ ce qu’il en était d’un homme qui avait commis un oubli (sahw) au cours de ses deux prosternations de l’oubli. Al-Farrâ’ répondit : « Il n’a rien à rattraper. » Il lui fut demandé : « Pourquoi ? » Il répliqua : « Parce que nos maîtres ont dit : “Ce qui est déjà au diminutif ne peut plus être rétréci davantage.” » L’autre dit alors : « Je n’aurais pas cru que… »