Le gouverneur (nāʾib), Yaḥyā ibn Muʿādh, décéda. Auparavant, il avait désigné son fils, Aḥmad, pour lui succéder, mais al-Maʾmūn n’entérina pas cette décision. Au lieu de cela, il nomma ʿAbd Allāh ibn Ṭāhir à ce poste, en raison de sa bravoure et de sa perspicacité dans les affaires, tout en l’exhortant à combattre Naṣr ibn Shabaṯ. Le père de ʿAbd Allāh lui avait écrit depuis le Khorassan, dans une lettre où il lui enjoignait d’ordonner le bien, d’interdire le mal et de suivre le Livre et la Sunna.
Ibn Jarīr (1) rapporta l’intégralité de cette lettre. Les gens la recopièrent, l’apprécièrent énormément et se l’échangèrent jusqu’à ce que la nouvelle parvînt à al-Maʾmūn. Celui-ci ordonna alors qu’on la lût devant lui : il la trouva admirable et donna l’ordre de faire parvenir des copies à tous les gouverneurs dans les provinces.
La même année, le pèlerinage fut dirigé par ʿUbayd Allāh ibn al-Ḥasan, gouverneur des Deux Lieux saints.
Sont également décédés cette année-là, parmi les notables :
• Isḥāq ibn Bishr al-Kāhilī Abū Ḥudhayfa, auteur du livre « al-Mubtadaʾ » (2),
• Ḥajjāj ibn Muḥammad al-Aʿwar (3),
• Dāwūd ibn al-Muḥabbar, qui composa « Kitāb al-ʿAql » (4),
• Shabābah ibn Sawwār (5),
• Muḥāḍir ibn al-Muwarraʿ (6),
• Et Qutrub, auteur de « al-Muthallath » en langue (7).
(1) Il s'agit de la mention du livre de Tâhir ibn al-Ḥusayn adressé à son fils ʿAbd Allâh. Voir Târîkh al-Ṭabarî (8/582-591) et al-Kâmil d’Ibn al-ʿAthîr (6/364-377).
(2) C’est Isḥâq ibn Bishr ibn Muḥammad al-Qurashî al-Bukhârî, Abû Ḥudhayfa. Il s’est consacré au hadîth mais a été accusé de mensonge. Ibn Ḥibbân a confondu la biographie de celui-ci avec celle d’Isḥâq ibn Bishr al-Kâhilî al-Kûfî. Son ouvrage al-Mubtadā est manuscrit, dont le quatrième volume fait partie du Majmūʿ 71 des Ẓāhiriyya. Voir Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (9/477) et al-ʿAlām (1/294).
(3) Ḥajjâj ibn Muḥammad al-ʿAwwar, Abû Muḥammad al-Miṣṣîṣî, homme de confiance, solide (thiqah), décédé à Bagdad.
(4) Dâwûd ibn al-Muḥabbar, fils de Qaḥẓam al-Thaqafî, al-Bakrâwî, Abû Sulaymân al-Baṣrî, résidant à Bagdad, abandonna le hadîth. La plupart des chapitres de son ouvrage al-ʿAql, qu’il a composé, sont considérés comme fabriqués, comme l’indique le hafiz Ibn Ḥajar dans al-Taqrîb (1/234).
(5) Shabâba ibn Sawwâr al-Madainî, Abû ʿAmr al-Fazârî, imam hafiz, une autorité, homme de confiance, hafiz, accusé d’irjâʾ. Voir Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (9/513) et Taqrîb al-Tahdhîb (1/345).
(6) Dans l’édition al-Mawrid, c’est une erreur. Il s’agit de Muḥâḍir ibn al-Muwarriʿ al-Kûfî, sincère (ṣidq), mais sujet à des illusions. Voir al-Taqrîb (2/230).
(7) C’est Muḥammad ibn al-Mustanîr ibn Aḥmad, Abû ʿAlî, connu sous le nom de Quṭrub, surnom donné par son maître Sîbawayh et qui lui est resté. Il fut le premier à introduire le concept de « triangle » en linguistique. Il est l’un des imams de la grammaire et de la langue arabe. Voir Maʿjam al-Udabâʾ (19/52), Bughiyat al-Wuʿātāʾ (104) et al-ʿAlām (7/95).