Et il disait : « Si tu vois le soufi se faire élégant (1) dans la laine, alors il n’est pas un véritable soufi (2). Les meilleurs de cette communauté sont ceux qui portent le coton : Abou Bakr as-Siddîq et ses compagnons (3). »
Abou Sulaymân disait : « Le véritable frère est celui qui t’exhorte par sa seule vue, avant même de parler. J’observais l’un de mes frères, parmi mes compagnons en Irak, et la simple vue de sa personne me profitait (4) durant un mois. »
Il disait encore, citant une parole divine (hadîth qudsî) : « Dieu — Exalté soit-Il — a dit : “Ô Mon serviteur, tant que tu auras de la pudeur envers Moi, Je ferai oublier tes défauts aux gens et Je ferai oublier à la terre même tes péchés. J’effacerai tes trébuchements du Registre originel (Umm al-Kitâb) et Je ne te demanderai pas de comptes le Jour de la Résurrection (5).” »
Ahmad Ibn Abî al-Hawârî rapporte : « J’ai interrogé Abou Sulaymân au sujet de la patience, et il a répondu : “Par Dieu, tu n’en es pas capable dans ce que tu aimes, comment pourrais-tu y parvenir dans ce que tu détestes (6) ?” »
Ahmad poursuit : « Un jour, j’ai poussé un soupir devant lui, et il m’a dit : “Tu en seras interrogé au Jour de la Résurrection. Si c’est à cause d’un péché passé, alors bonne nouvelle pour toi ; mais si c’est pour ce bas monde, alors malheur à toi (7).” »
Il disait également : « Ceux qui ont rebroussé chemin l’ont fait avant d’arriver (au but). S’ils étaient parvenus à Dieu, ils ne seraient pas revenus en arrière (8). »
Et encore : « Tous ceux qui désobéissent à Dieu ne le font que parce qu’Il leur est indifférent. S’ils avaient de la valeur à Ses yeux (9), Il les aurait préservés du péché (10). »
Il disait : « Ceux qui seront les compagnons du Miséricordieux le Jour de la Résurrection sont ceux qui cultivent entre eux ces qualités : la générosité, la tolérance, la sagesse, la miséricorde, la douceur, la faveur, le pardon, la bienfaisance, la bonté, l’absolution et la gentillesse (11). »
Abou ‘Abd Ar-Rahmân As-Sulamî a mentionné dans son livre "Mihan al-mashâyikh" (Les épreuves des maîtres) qu’Abou Sulaymân ad-Dârânî fut expulsé de