Abou Sulaymân a dit : « Un ascète dit un jour à un autre ascète : “Donne-moi un conseil.” Il répondit : “Que Dieu ne te voie pas là où Il t’a interdit, et qu’Il ne te manque pas là où Il t’a ordonné.” L’autre insista : “Dis-m’en davantage.” Il rétorqua : “Je n’ai rien à ajouter.” (1)
Il dit également (2) : « Celui qui agit bien pendant son jour sera récompensé durant sa nuit, et celui qui agit bien durant sa nuit sera récompensé durant son jour. Quiconque est sincère en renonçant à une passion, Dieu l’en retire de son cœur ; et Dieu est bien trop généreux pour châtier un cœur à cause d’un désir qui a été abandonné pour Lui. (3)(4) »
Il déclara encore (5) : « Lorsque le monde (dunyâ) s’installe dans le cœur, l’au-delà (âkhira) s’en éloigne. »
Et il poursuivit (6) : « Quand l’au-delà habite le cœur, le monde vient s’y bousculer ; mais quand le monde s’y installe, l’au-delà ne le dérange pas, car l’au-delà est noble, tandis que le monde est vil. »
Aḥmad ibn Abî al-Ḥawârî raconta : « J’ai passé une nuit chez Abou Sulaymân et je l’ai entendu dire : “Par Ta puissance et Ta majesté, si Tu me demandes compte de mes péchés, je Te demanderai compte de Ton pardon ; et si Tu me demandes compte de mon indignité, je Te demanderai compte de Ta générosité ; même si Tu ordonnes que je sois jeté en Enfer, je leur dirai que je T’aimais.” (7) »
Abou Sulaymân avait pour habitude de dire : « Quand bien même tous les gens douteraient de la vérité, je ne douterais pas, moi seul, de celle-ci. (8) »
Il disait aussi : « Dieu n’a pas créé de créature plus insignifiante à mes yeux que le diable. Sans l’ordre de Dieu de chercher refuge contre lui, je ne m’en serais jamais protégé. Et s’il m’apparaissait, je ne ferais que gifler son visage. (9)(10) »
Il affirma enfin : « Un voleur ne s’attaque pas à une maison en ruine en perçant ses murs, alors qu’il peut y entrer par n’importe où. Il s’en prend plutôt à une demeure habitée. De même, Satan ne s’approche que de tout cœur vivant afin de le détourner de quelque chose. (11)(12) »