Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous allons évoquer, avec l’aide et la grâce de Dieu, ce qu’il nous a été permis de rapporter de hadiths et de traditions, grâce à Son secours, Son assistance, Sa parfaite guidance et Son soutien.

L’imam Al-Hafidh Abou Hâtim Muhammad ibn Hâtim ibn Hibbân mentionne dans son «Sahîh» (1) la question que posa celui qui parlait à Dieu (Moussa, Moïse) à son Seigneur – Exalté soit-Il – au sujet de la personne au rang le plus bas au Paradis et de celle qui y occupe le plus haut degré. Il rapporte qu’Oumar ibn Sa‘ïd al-Tâ’î de Manbij nous informa : «Hâmid ibn Yahyâ al-Balkhî nous raconta : Sufyân nous raconta : Moutarrif ibn Târîf et ‘Abd Al-Malik ibn Abjar – deux cheikhs vertueux – l’ont entendu de Sha‘bî, qui dit : “J’ai entendu Al-Moughîra ibn Shu‘bah proclamer, depuis la chaire, au sujet du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) :

«Moussa – sur lui la paix – demanda à son Seigneur – Exalté soit-Il : “Qui, parmi les gens du Paradis, occupera le rang le plus bas ?” Il répondit : “C’est un homme qui viendra après que les gens du Paradis y soient déjà entrés. On lui dira : ‘Entre au Paradis.’ Il dira : ‘Comment pourrais-je y entrer alors que tout le monde s’y est déjà installé et a reçu sa part ?’ On lui dira : ‘Te satisferais-tu d’avoir, au Paradis, l’équivalent de ce qu’un roi de ce monde possédait ?’ Il répondra : ‘Oui, ô mon Seigneur !’ On lui dira : ‘Tu auras cela, et autant, et autant, et autant.’ Il dira : ‘Ô Seigneur, je suis satisfait.’ On lui dira : ‘Tu auras cela et dix fois autant, et tout ce que ton âme désire et qui réjouit ton œil.’ Il dira : ‘Ô Seigneur, je suis satisfait.’»

«Moussa demanda alors : “Qui, parmi les gens du Paradis, occupera le plus haut rang ?” Il répondit : “Ce sont ceux pour qui J’ai préparé leur honneur de Ma propre Main, puis l’ai scellé, de sorte que nul œil ne l’a jamais vu, nulle oreille ne l’a jamais entendu et nul cœur ne peut l’imaginer. Et la preuve s’en trouve dans le Livre de Dieu – Exalté soit-Il : ‘Nulle âme ne sait la joie qui leur est réservée, en récompense de ce qu’ils faisaient’ (as-Sajda, v. 17).”»

Ce hadith est également rapporté par Mouslim et at-Tirmidhî (2), tous deux selon Ibn Abî ‘Oumar, d’après Sufyân (Ibn ‘Uyayna). La version de Mouslim énonce : «On lui dira : “Te satisfais-tu d’avoir l’équivalent de la royauté de l’un des rois de ce monde ?” Il dira : “Je suis satisfait, Seigneur.” On lui dira : “Tu auras cela, et semblable, et semblable, et semblable, et semblable.” Trois fois ainsi. À la cinquième, il dira : “Je suis satisfait, Seigneur.” On lui dira : “Tu auras cela et dix fois autant, et il te sera accordé ce que ton âme désire et ce qui réjouit ton œil.” Il dira : “Je suis satisfait, Seigneur.”» Puis, à propos des gens du Paradis qui occuperont le rang le plus élevé, Il dit : «Ce sont ceux que J’ai voulus : J’ai préparé leur honneur de Ma Main, et Je l’ai scellé, si bien que nul œil ne l’a vu, nulle oreille ne l’a entendu, et nul cœur ne l’a conçu. Et cela est attesté dans le Livre de Dieu : “Nulle âme ne sait la joie qui leur est réservée, en récompense de ce qu’ils faisaient.”» At-Tirmidhî qualifia ce hadith de «bon et authentique (hasan sahîh)». Il signala également que certains l’avaient rapporté de Sha‘bî, d’après Al-Moughîra, sans remonter jusqu’au Prophète, mais que la version reliée au Prophète est la plus correcte.

Ibn Hibbân (3) poursuit en évoquant une autre version mentionnant sept questions de Moïse à son Seigneur. Il cite ainsi ‘Abdallah ibn Muhammad ibn Salm à Bayt al-Maqdis, qui transmit un récit de Harmala ibn Yahyâ, d’après Ibn Wahb, lequel tenait de ‘Amr ibn al-Hârith, lequel rappelait qu’Abou as-Sam-h rapporta de Ibn Houjayra (4), d’Abou Hourayra, au sujet du Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) qui aurait dit : «Moussa – sur lui la paix – interrogea son Seigneur…» etc.

(1) Ṣaḥīḥ Ibn Ḥibbān (6216), Livre de l’histoire, chapitre sur le commencement de la création. (2) Ṣaḥīḥ Muslim (189), sur la foi, chapitre sur le rang le plus bas des gens du Paradis. Sunan al-Tirmidhī (3198), dans l’exégèse, chapitre « et de la sourate al-Sajda ». (3) Ṣaḥīḥ Ibn Ḥibbān (6217), Livre de l’histoire, chapitre sur le commencement de la création. (4) Il s’agit d’Abd al-Raḥmān ibn Ḥujayra, le juge de Basra, digne de confiance. Il est décédé en l’an 83 de l’Hégire. Taqrīb al-Tahdhīb (1/477).
ونحن نذكر ما تيسّر ذِكره من الأحاديث والآثار بعون اللّه وتوفيقه، وحسن هدايته، ومعونته، وتأييده. قال الحافظ أبو حاتم محمد بن حاتم بن حِبان في "صحيحه" (١) : ذِكْرُ سؤال كليم الله ربّه (عز وجل) عن أدنى أهل الجنة وأرفعهم منزلة: أخبرنا عمر بن سعيد الطَّائي بمَنْبِج، حدّثنا حامد بن يحيى البلخي، حدّثنا سفيان، حَدَّثَنَا مُطَرِّف بن طريف وعبد الملك بن أبْجر - شيخان صالحان - سمعا الشعبيَّ يقول: سمعت المغيرة بن شعبة يقول على المنبر عن النبي ﷺ : "إن موسى (عليه السلام) سأل ربَّهُ (عز وجل) : أيُّ أهل الجنّة أدنى منزلةً؟ قال: رجلٌ يجيء بعد ما يدخل أهل الجنة الجنةَ، فيقال: ادخل الجنة. فيقول: كيف أدخل الجنة وقد نزل النّاس منازلهم، وأخذوا إخاذاتهم فيقال له: أترضى أن يكون لك من الجنة مثلُ ما كان لملكٍ من ملوك الدنيا؟ فيقول: نعم! أي ربّ. فيقال: لك هذا ومثله ومثله ومثله فيقول: أي ربّ، رضيت. فيقال له: إنّ لك هذا وعشرة أمثاله، فيقول: أي ربّ، رضيت. فيقال له: لك مع هذا ما اشتهت نفسك ولذّت عينك. وسأل ربّه: أيُّ أهل الجنة أرفع منزلة؟ قال: سأحدِّثك عنهم: غرستُ كرامتهم بيدي، وختمت عليها، فلا عين رأت، ولا أذن سمعت، ولا خطر على قلب بشر. ومصداق ذلك في كتاب الله (عز وجل) : ﴿فَلَا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أُخْفِيَ لَهُمْ مِنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ﴾ الآية [السجدة: ١٧] " . وهكذا رواه مسلم والترمذي (٢) ، كلاهما عن ابن أبي عمر، عن سفيان - وهو ابن عيينة - به. ولفظ مسلم: "فَيُقَالُ لَهُ: أَتَرْضَى أنْ يَكُونَ لَكَ مِثْلُ مُلْكِ مَلِكٍ مِنْ مُلوكِ الدُّنْيا؛ فيقولُ: رَضِيْتُ رَبِّ. فَيَقولُ: لَكَ ذلكَ وَمِثْلُهُ وَمِثْلُهُ وَمِثْلُهُ وَمِثْلُهُ، فيقول في الخامسة: رضِيتُ ربِّ. فيقال: هذا لك وعشرةُ أمثالِه، وَلكَ ما اشْتَهَتْ نَفْسُكَ وَلَذَّتْ عَيْنُكَ. فَيَقُولُ: رَضِيْتُ رَبِّ. قالَ رَبِّ فأعْلاهُم منزلةً؟ قالَ: أولئك الذين أردت، غرست كرامتهم بيدي، وختمت عليها، فلم تر عين، ولم تسمع أذن، ولم يخطر على قلب بشر. قال: ومصداقه من كتاب الله: ﴿فَلَا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أُخْفِيَ لَهُمْ مِنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾ " . وقال الترمذي: حسن صحيح قال: ورواه بعضهم عن الشعبي عن المغيرة فلم يرفعه، والمرفوع أصح. وقال ابن حبان (٣) : ذِكْرُ سؤال الكليم ربّه عن خصالٍ سبع. حدّثنا عبد الله بن محمد بن سِلم ببيت المقدس، حدِّثنا حَرْمَلة بن يحيى، حدثنا ابن وهب، أخبرني عمرو بن الحارث، أن أبا السَّمْح حدَّثه عن ابن حُجَيْرة (٤) ، عن أبي هريرة، عن النبي ﷺ أنّه قال: سال مُوسى رَبَّهُ (عز وجل) عَنْ سِتّ خِصَالِ كانَ
(١) صحيح ابن حبان (٦٢١٦) كتاب التاريخ، باب بدء الخلق. (٢) صحيح مسلم (١٨٩) في الإيمان، باب أدنى أهل الجنة منزلة فيها. سنن الترمذي (٣١٩٨) في التفسير، باب ومن سورة السجدة. (٣) صحيح ابن حبان (٦٢١٧) كتاب التاريخ، باب بدء الخلق. (٤) هو عبد الرحمن بن حُجَيرة، البصري القاضي، الثقة. مات سنة (٨٣ هـ). تقريب التهذيب (١/ ٤٧٧).

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