Et il dit : « Tout ce qui te détourne de Dieu – qu’il s’agisse de ta famille, de tes biens ou de tes enfants – est pour toi de mauvais augure (1). »
Il dit également : « Une nuit, je me trouvais dans le mihrab, mes mains étendues en prière. Le froid m’envahit, alors je repliai une de mes mains et continuai à invoquer Dieu avec l’autre demeurée tendue. Le sommeil me gagna et je m’endormis. Une voix me dit alors : “Ô Abou Souleïmân, Nous avons déposé dans cette main ce qui lui revenait. Si l’autre était restée tendue, Nous y aurions aussi déposé ce qui lui revenait.” Je fis alors le serment de ne plus jamais prier qu’avec les deux mains étendues, qu’il fasse chaud ou froid (2). »
Abou Souleïmân raconta : « Une nuit, je m’endormis en négligeant ma récitation rituelle. Dans mon songe, une houri m’apparut et me dit : “Tu dors alors que je suis préparée pour toi, à l’abri des regards, depuis cinq cents ans ?” (3) »
Ahmed ibn Abî al-Houwârî relata : « J’ai entendu Abou Souleïmân dire : “Au Paradis coulent des fleuves, sur les berges desquels se dressent des pavillons abritant des houris. Dieu crée l’une d’elles par une création nouvelle ; lorsque sa formation est complète, les anges dressent autour d’elle les pavillons. Elle est assise sur un trône large d’un mille sur un mille, et son arrière-train dépasse les bords du trône. Les habitants du Paradis quittent alors leurs palais et viennent s’y promener à leur guise. Ensuite, chaque homme d’entre eux s’isole avec l’une de ces houris. Comment celui qui aspire à déflorer ces vierges sur les rives des fleuves du Paradis (8) peut-il se contenter de ce bas monde ?” (7) »
Ahmed ibn Abî al-Houwârî ajouta : « J’ai entendu Abou Souleïmân ad-Dârânî dire : “Il m’arrive de passer cinq nuits de suite à ne réciter, après la Fâtiha, qu’un seul verset, méditant ses significations. Parfois, un verset du Coran me parvient et mon esprit semble sur le point de s’envoler. Gloire à Celui qui me le rend ensuite !” (9) »
Et je l’ai entendu dire : « La racine de tout bien, en ce monde comme dans l’autre, réside dans la crainte de Dieu, et la clé de ce monde est la satiété, tandis que la clé de l’au-delà est la faim (10). »