‘Abd al-Wahhāb ibn ‘Atā’ al-Khaffāf (1).
Al-Nadr ibn Shumayl, l’un des grands maîtres de la langue (2).
Hishām ibn Muḥammad ibn al-Sāʾib al-Kalbī, parmi les éminents savants de l’histoire (3).
[Puis débuta l’année deux cent cinq]
Au cours de celle-ci, al-Maʾmūn investit Ṭāhir ibn al-Ḥusayn ibn Muṣʿab du gouvernement de Bagdad, de l’Irak et du Khurāsān jusqu’aux confins de l’Orient. Il eut sa pleine satisfaction et l’éleva considérablement en dignité, en raison de la maladie de al-Ḥasan ibn Sahl, atteint de mélancolie. Al-Maʾmūn désigna à la place de Ṭāhir, sur ar-Raqqah et al-Jazīrah, Yaḥyā ibn Muʿādh.
Ainsi, ʿAbd Allāh (4) ibn Ṭāhir ibn al-Ḥusayn se rendit à Bagdad durant cette même année. Son père l’avait laissé à la tête d’ar-Raqqah et l’avait chargé de combattre Naṣr ibn Shabaṭ (5).
De même, il nomma ʿĪsā ibn Muḥammad ibn Abī Khālid gouverneur de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, en lui ordonnant de lutter contre Bābak al-Khurramī. Il confia ensuite à ʿĪsā ibn Yazīd al-Julūdī le soin de combattre les Zutt.
Le gouverneur d’Égypte, as-Sarī ibn al-Ḥakam, mourut sur place, de même que le gouverneur du Sind, Dāwud ibn Yazīd. Al-Maʾmūn désigna alors Bishr ibn Dāwud pour remplacer ce dernier, à condition qu’il lui verse chaque année un million de dirhams.
(1) Il s'agit d'Abū Naṣr al-Baṣrī al-Khaffāf, mawla des Banū ʿAjl, imam, véridique, pieux, muhaddith, avec possibilité d'erreur. Il résidait à Bagdad. Voir Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (9/451), Taqrīb al-Tahdhīb (1/528).
(2) Al-Naḍr ibn Shumayl ibn Kharasha ibn Yazīd al-Māzanī al-Tamīmī, Abū al-Ḥasan. Une figure notable pour sa connaissance des temps arabes, la transmission du hadith et la maîtrise de la langue. Il fut en relation avec al-Maʾmūn abbasside qui l'honora et le rapprocha de lui. Il mourut à Merv. Voir Inbāh al-Riwāyah (3/348) et Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (9/328).
(3) Hishām ibn Muḥammad ibn al-Sāʾib ibn Bashr al-Kalbī, Abū al-Mundhir. Historien, expert en généalogie, en récits arabes et en chronologie, à l'instar de son père Muḥammad ibn al-Sāʾib. Ses œuvres sont nombreuses, on dit qu'elles atteignaient cent cinquante traités, parmi lesquels Ibn al-Nadīm mentionne cent quarante-quatre ouvrages dans son catalogue. Parmi ses livres : Jumhurat al-Ansāb, al-Aṣnām, Nasab al-Khayl, etc. Voir al-Qahrist (108), Tārīkh Baghdād (14/45), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (10/101).
(4) Dans le manuscrit : Ṭāhir ibn ʿAbd Allāh ibn al-Ḥusayn, ce qui est une altération.
(5) Dans le manuscrit, îḍāfa : Shayb, ce qui est une erreur. Il s'agit de Naṣr ibn Shabath al-ʿAqīlī, insurgé contre l'arabisme tribal, issu des Banū ʿAqīl. Il résidait à Kaysūm au nord d'Alep. Il fut assiégé par ʿAbd Allāh ibn Ṭāhir et finalement contraint à la reddition, puis fut conduit à Bagdad en 210 de l'Hégire (825 apr. J.-C.), mais son sort ultérieur demeure inconnu. Voir al-Ṭabarī (8/580, 598) et al-Aʿlām (8/23).