Abū Thawr déclara : « Nous n’avons jamais vu quelqu’un de semblable à ash-Shāfiʿī, et lui-même n’a point vu l’égal de sa propre personne. » C’est aussi l’avis d’az-Zaʿfarānī et de plusieurs autres.
Dāwūd ibn ʿAlī aẓ-Ẓāhirī rapporta dans un ouvrage qu’il compila sur les mérites d’ash-Shāfiʿī : « Ash-Shāfiʿī possédait des vertus que personne d’autre ne réunit en une seule personne : la noblesse de son ascendance, la rectitude de sa religion et de sa croyance, la générosité de son âme, sa connaissance de l’authenticité et de la faiblesse des ḥadiths, tout comme de ceux qui abrogent et de ceux qui sont abrogés, sa mémorisation du Livre (le Coran) et de la Sunna ainsi que de la vie des califes, sa maîtrise dans la rédaction, et l’excellence de ses compagnons et de ses disciples. Parmi eux se trouve Aḥmad ibn Ḥanbal, connu pour son ascèse, sa piété et son attachement à la Sunna. » Puis il énuméra les notables parmi ses élèves, tant à Bagdad qu’en Égypte.
Abū Dāwūd compta également Aḥmad ibn Ḥanbal au nombre de ses disciples en fiqh.
Ash-Shāfiʿī (qu’Allāh lui fasse miséricorde) était l’un des plus instruits dans la compréhension du Coran et de la Sunna, et l’un de ceux qui savaient le mieux en extraire les preuves. Il faisait aussi partie des personnes les plus sincères et bien intentionnées. Il disait : « J’aimerais que les gens apprennent cette science sans que rien ne m’en soit attribué, afin d’en être récompensé sans recevoir leurs louanges. »
Plus d’un rapporta de lui : « Si, à vos yeux, un ḥadith du Messager de Dieu (ﷺ) est authentique, alors suivez ce ḥadith et laissez mon opinion, car je la soutiens moi-même, même si vous ne l’avez pas entendue de ma bouche. » Dans une autre version : « Ne m’imitez pas. » Dans une autre encore : « Ne prêtez pas attention à mon avis. » [Et dans une autre : « Jetez mon propos contre un mur, car je n’ai plus de parole lorsque s’exprime le Messager de Dieu (ﷺ). »]
Il déclara également : « Pour un homme, rencontrer Dieu avec n’importe quel péché, hormis l’association à Dieu, est préférable à Le rencontrer en étant entaché d’une quelconque passion [sectaire]. » Dans une autre narration : « C’est meilleur que de Le rencontrer avec la science du kalām. » Il dit encore : « Si les gens savaient ce que recèle le kalām comme dérives passionnelles, ils s’en éloigneraient comme on s’enfuit face à un lion. »